samedi 6 septembre 2014

Comment rendre votre bibliothèque incontrôlable?


Vous savez de quelle manière une bibliothèque commence à devenir incontrôlable?
Prenons un exemple. Vous lisez Jean-Claude Pirotte ou, plus précisément vous essayez de lire tout de lui parce que vous ne pouvez plus vous en passer. Ses livres s'accumulent, pour votre bonheur, autour de la demi-douzaine de titres que vous possédiez déjà. A un moment, tout de même, vous vous dites, Pirotte parle sans arrêt d'André Dhôtel, et vous savez tout de suite, à la manière dont il en parle, que vous allez aimer et même sans doute un peu plus que ça.
Comme vous n'avez rien d'André Dhôtel dans votre bibliothèque et que vous avez un souvenir d'enfance plus que lointain du Pays où l'on n'arrive jamais, vous allez chez Gibert, pour vous procurer un  titre d'André Dhôtel. Un seul, bien entendu, promis, juré. Mais voilà, il y en a plein d'occase dans le rayon des poches. Alors, après une brève hésitation, vous en prenez deux, puis trois, puis quatre.
Vous vous sauvez vers le rayon poésie pour échapper à la tentation. Devant le  rayon poésie, vous vous rappelez que Dhôtel, d'après Pirotte, a aussi écrit de la poésie. Au point où vous en êtes. Vous la cherchez, vous ne la trouvez pas. Mais, bing, vous tombez sur un recueil de...René Fallet! Vous n'en aviez jamais entendu parler. Pas de Fallet, bien sûr, mais de la poésie de Fallet. Vous ouvrez le recueil dans l'espoir de vous convaincre que ce n'est pas bon, secondaire, accessoire. Vous lisez alors ça:

Ce qu'il aimait, c'était le gris
Les tripes, le Pouilly, la photographie à plaques,
La politique, les meetings, les bras de chemise
Ca le saoulait, c'était sa poésie.


Vous prenez donc le Fallet. Forcément.
Et puis vous comprenez, de retour chez vous, en regardant  les rayonnages surpeuplés, les piles un peu partout dans la maison, qu'à moins de devenir millionnaire ou qu'une société réellement communiste n'advienne, vous n'aurez jamais le temps de tout lire parce qu'il faut travailler, paraît-il. Il n'empêche, en attendant d'aller à la Braderie de Lille en ce premier week-end de septembre manger des moules et des frites sur le stand du Parti, vous allez lire Dhôtel, Pirotte, Fallet avant de faire ce que vous aviez à faire. Le seul avantage de l'âge
, c'est que vous culpabilisez de moins en moins, ce qui fait encore beaucoup trop mais il faut dire que vous partiez de proportions quasi ashkénazes.

5 commentaires:

  1. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

    RépondreSupprimer
  2. La culpabilité, c'est le seul défaut qui ne serve à rien. Le seul revers sans médaille.

    RépondreSupprimer
  3. Il y en a qui possèdent une bibliothèque et encore ils se plaignent !… Et quand on ne dispose pas de ce meuble, a priori superflu se disait-on, et qu'on doit les entasser au petit bonheur un peu partout, le cauchemar est multiplié ! On dit à ses ami(e)s : ne m'offrez surtout pas de livres !… J'ai tout ce qu'il me faut et au-delà !… Je sais où j'ai mis Essenine et de Roux, Tchoudakov, Bounine et Morand, c'est déjà beau !… Mais si je commence à chercher Carco, Céline ou Cendrars, voire Nabokov, je suis pris pour la demi-journée !… Ah, y'en a qui connaissent pas leur bonheur !…

    RépondreSupprimer
  4. À seize ans tu donnes ta main
    Te voilà prise dans la cage
    Où se ferment les clavecins
    Où se brisent tous les orages

    "Chromatiques", excellent choix!

    RépondreSupprimer
  5. Au fait, c'est vrai "Play blessures" est un bon disque ( volontaire, Martine boude..etc) le contenu s'avère meilleur que la pochette mais bon , quoi , il y a toujours l'imprudence (je me dore/mes bras/la ficelle).Quasi indépassable.Qui est Carco?

    RépondreSupprimer

ouverture du feu en position défavorable