vendredi 27 juin 2014

Pierre Laval is not dead

Il y aura, pour cette coupe du monde, un match Allemagne-Algérie.
Vieille habitude historique, il va y en avoir un paquet à droite de la droite, mais pas seulement, pour souhaiter la victoire de l'Allemagne au nom de la construction européenne et des vitrines du centre-ville. Cet inimitable mélange, décidément, dans une certaine France entre l'habitude de se coucher devant le plus fort en espérant que sa force rejaillisse sur soi tout en entretenant un poujadisme trembleur à l'égard des plus faibles. La sainte-alliance du larbinat et du nerf de boeuf sous le comptoir, du "Ils sont corrects et puis après tout ce sont les vainqueurs" à "Je vais te faire courir, moi, bougnoule." 
Rien ne change. Badiou parlait avec De quoi Sarkozy est-il le nom? du transcendantal pétainiste dans l'histoire de France, qui s'était incarné de manière chimiquement pure avec Pétain, mais avait déjà existé avec Thiers et existait encore avec Sarkozy, entre autres. 
Il faudrait peut-être aussi parler d'un transcendantal lavaliste ou lavalien, Pierre Laval ayant ajouté ce côté Homais, ce côté Dupont-Lajoie dans la prosternation devant l'Allemand, ce côté boutiquier pétomane qui prête main forte à la ratonnade ou au cassage de la grève quand il est bien sûr d'être à un contre cent. Et qu'il espère des caresses de son maître à qui il conseille de ne pas oublier les enfants, après avoir bien mordu et bavé.

13 commentaires:

  1. Non à la politique dans le sport !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. et non à la spolitique dans le port, aussi.

      Supprimer
  2. Bernard Grandchamp27 juin 2014 à 14:34

    Ce qui nous vaudra, si la France se qualifie pour les "quarts", soit un classique France-Allemagne ("On les aura!" - Pétain à Verdun) , soit un inédit France-Algérie ("L'Algérie restera française, comme la France est restée romaine" - De Gaulle à Malraux in "Les chênes qu'on abat")...

    RépondreSupprimer
  3. Et non au sport tout court... Les supporters, qu'ils soient français, algériens, albanais ou tibétains sont tous irrémédiablement chauvins... et donc insupportables. D'insoutenables et insondables crétins.

    RépondreSupprimer
  4. Un peu hors-sujet, mais en écho à votre article sur Causeur et votre comparaison entre Rocheteau et Giroud, j'aurais aimé citer Nicolas Anelka :

    "Les anti-footeux pensent que lire des kilomètres de bouquins et posséder une culture générale est synonyme d'intelligence. Mais dès qu'ils traversent la Manche, ils n'arrivent pas à aligner trois mots d'anglais! Moi, je parle français, anglais et espagnol. Et j'attaque le Chinois. Je peux comprendre et me faire comprendre dans le monde entier. Les Fourberies de Scapin, le théorème de Pythagore ou Cinquante nuances de Grey, ça me sert à rien dans la vie!"

    Source : http://www.lexpress.fr/actualite/sport/football/nicolas-anelka-les-fourberies-de-scapin-ca-ne-me-sert-a-rien_1179870.html

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je préfère les citations de George Best ...

      "J'ai dit un jour que le Q.I. de Gazza était plus petit que le numéro de son maillot et il m'a demandé : Qu'est ce qu'un Q.I. ?"

      Anelka doit savoir dire Qu'est ce qu'un Q.I. ? en chinois ...


      Pour l'amour de Best, 2 autres citations cadeaux :

      « En 1969 j'ai arrêté les femmes et l'alcool, ça a été les 20 minutes les plus dures de ma vie. »

      « J'ai claqué beaucoup d'argent dans l'alcool, les filles et les voitures de sport - le reste, je l'ai gaspillé »

      Supprimer
    2. Bernard Grandchamp27 juin 2014 à 22:54

      Mais peut-être que, ce brave Scapin, les Facéties d'Anelka "ça lui sert à rien dans la vie"... 😊

      Supprimer
  5. La coupe du monde de football est une étape de plus dans la mobilisation nationaliste des masses derrière la marche au pouvoir du fascisme. Comme le sera dans deux ans, en 2016, l'organisation de la coupe d'Europe des Nations en France.

    RépondreSupprimer
  6. "l'habitude de se coucher devant le plus fort en espérant que sa force rejaillisse sur soi tout en entretenant un poujadisme trembleur à l'égard des plus faibles"
    Définition parfaite du " commercial" creux opprimé par son manager sadique, mais identifié à sa "boîte" ou de l'arriviste "communiquant"; vous avez dit "sarkozysme"?
    Merci Jérome

    RépondreSupprimer
  7. Belle percée de la défense adverse et splendide but pleine lucarne par Jerome Leroy

    RépondreSupprimer
  8. Un site décalé sur le foot; vaut, à mon humble avis, un détour

    https://mondialisssimo.wordpress.com/category/pronostocs/

    RépondreSupprimer
  9. Pierre Laval n'a jamais eu la moindre conviction. Son parcours politique le montre. Il voulait faire fortune et reussit avant 39. Puis il a voulu, sous Vichy, avec tous les autres, qui n'avaient pas la moindre conviction non plus, jouer comme on jouerait à la Bourse : l'Allemagne a court terme puis les USA a moyen terme. La plupart de ceux qui eurent les vrais postes de pouvoir a Vichy ont ainsi speculé. Couve de Murville est sur ce point admirable de cynisme. Laval, a bêtement lâché cette phrase 'Je souhaite la victoire de l'Allemagne..' suggérée par Petain, qui le haissait. Ne prenant pas au serieux, comme quasiment tous ceux au pouvoir a l'epoque, cette 'operette lugubre" qu'etait Vichy, il a cru que comme plus rien n'etait vraiment serieux dans cette histoire, on ne prendrait pas au serieux cette phrase, pas plus que toutes les autres. Qu'elle serait jugée comme une simple maladresse de la part d'un homme si devoué au destin du pays... Erreur. En France, tout est permis, à condition d'y mettre les formes. Etre un bon français, un patriote, c'est respecter cette règle si laide... Que beaucoup d'autres ont respecté en trahissant autant, mais en faisant profil bas. L'execution de Pierre Laval - que je ne regrette pas - a permis de faire croire à la populace que Vichy est une histoire de convictions. Alors qu'il n'a jamais été question que d'une chose pour ceux qui etaient aux postes du pouvoir les plus importants : l'ARGENT.

    RépondreSupprimer
  10. Voici bientôt quatre longues semaines que les gens normaux, j’entends les gens issus de la norme, avec deux bras et deux jambes pour signifier qu’ils existent, subissent à longueur d’antenne les dégradantes contorsions manchotes des hordes encaleçonnées sudoripares qui se disputent sur gazon l’honneur minuscule d’être champions de la balle au pied.

    Voilà bien la différence entre le singe et le footballeur. Le premier a trop de mains ou pas assez de pieds pour s’abaisser à jouer au football.
    Le football. Quel sport est plus laid, plus balourd et moins gracieux que le football? Quelle harmonie, quelle élégance l’esthète de base pourrait-il bien découvrir dans les trottinements patauds de vingt-deux handicapés velus qui poussent des balles comme on pousse un étron, en ahanant des râles vulgaires de boeufs éteints.
    Quel bâtard en rut de quel corniaud branlé oserait manifester publiquement sa libido en s’enlaçant frénétiquement comme ils le font par paquets de huit, à grands coups de pattes grasses et mouillées, en ululant des gutturalités simiesques à choquer un rocker d’usine? Quelle brute glacée, quel monstre décérébré de quel ordre noir oserait rire sur des cadavres comme nous le vîmes en vérité, certain soir du Heysel où vos idoles, calamiteux goalistes extatiques, ont exulté de joie folle au milieu de quarante morts piétinés, tout ça parce que la baballe était dans les bois?
    Je vous hais, footballeurs. Vous ne m’avez fait vibrer qu’une fois : le jour où j’ai appris que vous aviez attrapé la chiasse mexicaine en suçant des frites aztèques. J’eusse aimé que les amibes vous coupassent les pattes jusqu’à la fin du tournoi. Mais Dieu n’a pas voulu. Ca ne m’a pas surpris de sa part. Il est des vôtes. Il est comme vous. Il est partout, tout le temps, quoi qu’on fasse et où qu’on se planque, on ne peut y échapper.
    Quand j’étais petit garçon, je me suis cru longtemps anormal parce que je vous repoussais déjà. Je refusais systématiquement de jouer au foot, à l’école ou dans la rue. On me disait : « Ah, la fille! » ou bien : « Tiens, il est malade », tellement l’idée d’anormalité est solidement solidaire de la non-footballité.
    Je vous emmerde. Je n’ai jamais été malade. Quant à la féminité que vous subodoriez, elle est toujours en moi. Et me pousse aux temps chauds à rechercher la compagnie des femmes. Y compris celle des vôtres que je ne rechigne pas à culbuter quand vous vibrez aux stades.
    Chroniques de la haine ordinaire / Pierre Desproges

    RépondreSupprimer

ouverture du feu en position défavorable