vendredi 25 avril 2014

Millau, Villefranche, Grandola

L'oubli est une science exacte.

Celui qui rencontre, au coeur de l'Aveyron, des collégiennes qui lisent et pour qui la littérature est d'emblée un enjeu capital n'a plus le droit au désespoir.

Millau, hier matin: le sud, soudain. Des ruelles entrevues qui ne nous connaîtront pas promeneurs. Il faudrait le temps. Il faudrait une vie à vivre là des jours calmes comme le bonheur. Etre un personnage de roman des années trente, à Millau, qui accroit sa gloire en secret et dont les poèmes ne seront connus que de quelques uns, bien après sa mort. Le notaire, l'instituteur, le conseiller municipal, le marchand de bois et l'ingénieur de la peausserie, c'est eux qui seront bien surpris d'apprendre que l'homme pâle et discret qui jouait avec eux au billard à la Brasserie du Centre, en face de la fontaine, c'était Arthur Rimbaud.

Villefranche est bleue comme un orage.

Aujourd'hui, la plus charmante révolution de l'Histoire a quarante ans. Je me souviens du Portugal, à l'été 76, pour ma première rencontre avec cette patrie d'élection. Des fresques murales maoïstes, même dans la ville un peu endormie de Santarem.