jeudi 21 novembre 2013

Comme le mauvais rêve de ce temps-là...

Le sinistre personnage d'Abdelhakim Dekhar, en revenant à la surface, m'a rappelé les non moins sinistres années balladuriennes.  Le grand sommeil de la société spectaculaire-marchande devenait de plus en plus profond, malgré les belles manifs contre le CIP et la figure proprement luciférienne de Florence Rey qui fut comme le mauvais rêve de ce temps là, comme un affreux et flamboyant travail du négatif "ici-bas chu d'un désastre obscur", comme une tentative  mortifère pour se réveiller de la mort.
Pour le reste, sur la nature exacte de Dekhar et de son antipathique histoire, je conseillerais au visiteur d'aller voir du côté de chez Serge Quadruppani, qui résume tout en quelques lignes claires et décisives.
Il ne faudrait pas, en plus, que le côté cathartique de cette chassalomdutueurfou(1) nous dispense de réfléchir à l'usage de la vidéosurveillance généralisée. Après tout, il y avait là des bons parfaitement bons qui traquaient un méchant parfaitement méchant mais qui sait si un jour, même si l'hypothèse est improbable dans nos impeccables démocraties, on ne pourrait pas voir la police utiliser ses joujoux panoptiques non plus pour arrêter un Arabe psychotique hissudelultragôche mais, au hasard, des syndicalistes renaudant un peu trop à l'esclavage austéritaire ou de mauvais esprits communistes, anarchistes ou pédérastes, voire les trois à la fois, allez savoir.

(1)Lire à ce sujet Les chasses à l'homme de Grégoire Chamayou (La Fabrique)