mercredi 28 août 2013

Patrons en treillis, en attendant la Syrie

Scènes de dialogue social version medef



sur causeur.fr


Nous, on veut bien admettre que la lutte des classes n’existe plus, que seule la CGT (et encore) et quelques syndicats archaïques refusent un dialogue social modernisé, détendu avec le patronat et que cela donne des accords win win à la clef,  du genre de l’ANI : « Tu te flexibilises quand je te le dis et je te sécurise quand j’aurai le temps ». C’est passé comme une lettre à la poste en janvier pendant que l’on s’étripait allègrement sur le mariage pour tous. Mais si la lutte des classes n’existe plus, il faudrait aussi l’expliquer au Medef qui tient à partir du 28 août son université d’été, la première de l’ère Pierre Gattaz.
Le langage est en effet plutôt guerrier, voire franchement belliciste. On sent que ça manquait de testostérone du temps de Laurence Parisot qui pourtant n’a pas démérité. Il est en effet question d ‘« art de la guerre », de « faire partager le goût du combat », de « chasser en meute ». On trouvera d’ailleurs parmi les intervenants un militaire de haut rang directeur du renseignement militaire et un universitaire, Xavier Raufer, spécialiste des « menaces criminelles contemporaines ». Classes laborieuses, classes dangereuses ?
On objectera qu’il s’agit sans doute de faire face pour nos patrons du Medef à une concurrence internationale féroce. Ca ne nous rassurera pas forcément. On sait bien que dans toutes les guerres, même économiques, c’est toujours la piétaille qui sert de variable d’ajustement et que les généraux meurent assez rarement au combat.