mardi 27 novembre 2012

Notre Dame des Landes, priez pour nous!

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Y a t il vraiment besoin d'un aéroport à Nantes? N'est-il pas tant de réfléchir à la planification écologique sans sombrer dans les impasses de la simplicité volontaire car tous de même la lingerie, c'est bien?
Ne boudons pas notre plaisir. d'un point de vue strictement narratif, l'implosion de l'UMP est un scénario passionnant. Ne serait-ce la nanitude des acteurs, on imaginerait bien un Salluste, celui de la Conjuration de Catilina, raconter cet affrontement de deux bandes rivales pour la prise du pouvoir.
Mais bon. 
Fillon a parlé de fracture morale. N'exagérons rien. 
S'il y a une fracture morale, en ce moment, elle est du côté de Notre Dame des Landes où des chouans rouges et noirs mettent la gauche de gouvernement (enfin ce qu'on appelle comme ça et qui n'est plus qu'un très vague surmoi) en face de ses contradictions.
Il ne s'agit pas seulement, autour de ce projet d'aéroport, d'un combat écolo. Il s'agit d'un choix symbolique et idéologique. On va mettre quoi dans les réservoirs des avions, dans dix ans? Du gaz de schiste? Comme ça, on ne survolera plus le bocage, mais le Borinage. 
L'absurdité de vouloir continuer à penser la croissance selon un mode capitaliste et en espérant, de plus en plus mollement d'ailleurs, imposer un rapport de force pour une redistribution équitable est une impasse. Parce qu'il n'y aura bientôt plus rien à redistribuer dans une planète presque mourante à force d’avoir été esquintée par le capitalisme.
Le Front de Gauche (et même le PCF désormais) parlent de la nécessité d'une planification écologique. Produire, oui, mais autrement. Réfléchir à ce qui est utile et à ce qui ne l'est pas. 
Nous n'avons aucunement le culte de la décroissance, de la simplicité volontaire et de toutes ces conneries pour classes moyennes supérieures dévorées par la culpabilité et les écrans plats, la honte et les week-ends à Prague avec Ryan Air. Et je sais de quoi je parle, je ne fais pas le donneur de leçon: j'en fais partie des honteux culpabilisés.
Mais l'aéroport de Notre Dame des Landes est un projet hérité des sixties, à l'époque du twist et des trente glorieuses. Il n'a plus rien d'actuel aujourd'hui et je ne sache pas que Nantes soit particulièrement enclavée. Il y a des TGV qui arrivent à Nantes, non ?
On voit bien que la vigueur et l'inventivité de la résistance sur ce champ de bataille-là, celui de Notre dame des Landes,  dépasse ce cadre géographique. Elle est celle de toute une partie de la population qui a pris conscience qu'il est minuit moins cinq en ce qui concerne notre mode de vie.  
Ou plutôt de non-vie, si on en juge par le malheur qu'il traine avec lui. Un malheur qui peut se mesurer assez aisément, par exemple, à la montée en flèche de ces toxicomanies légales que sont les antidépresseurs et les anxiolytiques que l'on consomme avec moins de culpabilité qu'une cigarette ou une bonne bière puisque ce sont des médicaments alors que les deux autres sont des vices, paraît-il.
Parce qu’en plus, non seulement on flingue votre environnement, on vous licencie, on vous humilie, on détricote votre couverture sociale, vos retraites, votre école mais en plus on vous fait la morale, tout le temps. On vous reproche jusqu’au « coût » de votre travail.
Alors, à Notre-Dame des Landes comme ailleurs, un seul slogan : " Ni patrons, ni avions, ni… Fillon !"(1)
 
(1) Et pas Copé non plus, hein, j'ai juste dit ça pour la rime.