jeudi 30 août 2012

Rua das Flores

Rua das Flores, qui comme toutes les rues de Porto, fait succéder le somptueux et le misérable, le somptueux dans le misérable et le misérable dans le somptueux, un peu comme à Naples, compte quelques libraires d'ancien et autres bouquinistes. 
On mesure, non sans une certaine mélancolie, ce qu'était l'importance de la culture française jusqu'à une période récente. Un livre sur trois, au bas mot, est un livre français. Du traité de musicologie au manuel d'ethnologie en passant par La bible d'Amiens de Ruskin, préfacée par Proust, dans sa première édition. Sans compter des piles de Nouvelle Revue Française ou de Revue des Deux Monde. Cependant, plus rien ou presque de postérieur aux années 70, disons. On avait remarqué le même phénomène à Lisbonne ou à Coïmbra, déjà.
Voilà un indice, à notre avis beaucoup plus sûr d'un irrémédiable déclin (nous ne serons même plus la Grèce de cet Empire qui vient) que les sinistres clouneries d'un Millet  en mal de scandale sur un multiculturalisme fantasmé.
Mais revenons  Rua das Flores. Nous avons trouvé, et nous le cherchions de puis longtemps, le volume consacré au Portugal dans la collection Petite Planète qui était dirigée par Chris Marker. On vous a déjà parlé de lui dans FQG, et lors de sa récente disparition, on lui a construit un tombeau ici-même.
Nous avons vu là un signe mais on sait que souvent, dans les villes portugaises, on se promène avec des fantômes.  Revoyez, par exemple, le très beau Requiem de Tanner adapté d'un roman de Tabucchi.