jeudi 12 juillet 2012

Gauche Populaire: épochè et mea culpa


 Je reproduis ici le commentaire de Coralie Delaume (L'Arène nue), à propos de ma récente attaque sur les intentions de la Gauche Populaire:

Cher Jérôme,

Comment vous dire ce que j'éprouve à la lecture de votre texte ? Bon, le plus simple sera le mieux : je suis sans voix.

Vous parlez de la Gauche populaire, et mettez un lien vers notre site. Il se trouve qu'en Une du site en ce moment réside un article de ma pomme, qui me semble être sans aucune ambiguité quant à notre opinion sur les "identitaires" de droite (et aussi de gauche, ne vous en déplaise).

En outre, j'ai pris soin d'interviewer récemment Jean-Loup Amselle, qui dénonce régulièrement et avec vigueur les crispations identitaires, tout en proposant comme remède...un retour au marxisme !
Admettez qu'on fait plus à droite, tout de même : ( A lire ici: http://l-arene-nue.blogspot.fr/2012/06/revendications-identitaires-la.html)

Enfin, je trouve bien triste que vous fassiez avec nous ce qu'on a fait avec vous.
Lorsque vous avez écrit Le Bloc, on vous a accusé de "compréhension" et soupçonné d'empathie pour le Front national. J'espère que cela vous a fait autant de peine que votre texte m'en fait aujourd'hui. Vous l'aurez bien mérité !

Coralie




Bon, disons donc qu'en l'occurrence, le coup a dû partir un peu vite. Moi qui déteste les procès d'intentions, je n'aurais pas dû en faire un de ce genre. Et tourner sept fois mes doigts sur mon clavier avant de monter sur mes grands chevaux.
J'ai quelques circonstances atténuantes, cependant.
La dernière séquence électorale, comme on dit, m'a rendu un peu nerveux. La dérive ultradroitière de la campagne  Sarkozy qui n'a même pas empêché un score élevé du Front National peut interroger: plus on en parle, de l'immigration liée à l'insécurité par exemple, plus d'une certaine manière, on l'invente. Si la Gauche Populaire peut répondre à cette mécanique perverse, tant mieux et je serai le premier à applaudir. 
Mais je ne crois pas que chercher des solutions humaines aux problèmes des sans-papiers ou être pour le vote des étrangers aux municipales fasse de moi un "identitaire" de gauche. C'est être de gauche, tout simplement, avec des valeurs qui n'ont pas peur de s'affirmer et qui ne font pas oublier pour autant le combat de fond contre le capitalisme.
D'autre part, la réduction faites par certains, dont vous chère Coralie et cher David, du programme du Front de Gauche à un sociétalisme pour intermittents du spectacle, quand on a vu la réalité de l'espérance soulevée et que l'on constate que c'est tout de même la seule alternative proposée pour sortir de l'enfer qui se construit sous nos yeux et se traduit électoralement de manière significative, j'ai trouvé ça un peu rude.

Amitiés