samedi 11 novembre 2017

Une affaire intime, juste une affaire intime

On ne devrait pas inutilement polémiquer, on n'est pas du genre à récrire l'histoire au prisme communautaire d'une couleur de peau ou d'un sexe et à finir par trouver de manière orwellienne que la grammaire est le refuge de l'hétéropatriarcat blanc fasciste. Mais tout de même que Macron, le président le plus antisocial de la Vème république centre son 11 novembre en glorifiant la figure de Clémenceau, qui tout "Père- la-victoire" qu'il est, fait partie de cette élite assez restreinte de démocrates bourgeois qui ont trouvé bon au vingtième siècle de faire tirer sur la classe ouvrière au point d'ailleurs de provoquer une célèbre mutinerie de la troupe en temps de paix, que Macron fasse cela, donc, prouve d'abord l'inconscient du bonhomme: antisocial et obsédé par le culte du chef.
Le 11 novembre pourrait devenir, avec le temps, une affaire intime, personnelle. La réconciliation franco-allemande est actée depuis longtemps et la répétition mimétique de l'étreinte Kohl-Mitterrand entre Macron et le président allemand est surtout une opération de com à usage intérieur pour le Jupitérien mégalomane qui arrive un peu tard sur la question mais qui veut quand même son image dans les médias.
 Le "devoir de mémoire" comme on dit, devrait plutôt aujourd'hui, pour ne pas perdre de vue l'impensable carnage, s'incarner pour chacun d'entre nous, dans les noms de ces hommes simples qui saignent pour l'éternité dans nos 1 400 000 arbres généalogiques. 
Nommer nos morts, juste nommer nos morts, une fois par an. Revoir un visage, imaginer leur voix, la manière dont ils souriaient ou dansaient les soirs de fête dans les bals du vieux pays.
Car plus rien d'autre n'a d'importance, désormais.