lundi 16 octobre 2017

Macron, en attendant Soleil Vert

Une immense lassitude politique, ce matin;  le sentiment que c'est foutu, qu'ils ont gagné, que le sens des mots a été entièrement perverti ("progressiste", "révolution", "moderne", "réforme") y compris dans le domaine psychologique ("jalousie"), qu'on ne peut plus grand chose contre leur communication millimétrée, leur utilisation de la police (ça n'angoisse personne, "police du quotidien", si on creuse un peu?), de l'antiterrorisme, des réseaux sociaux;  qu'en face, sur le plan syndical et politique, ils ont la désunion chronique, les querelles de chapelles, les égos de "sauveurs suprêmes" autoproclamés;  le sentiment qu'ils provoquent de bons vieux affrontements communautaires, ethniques, religieux, sexuels pour mieux dissoudre la lutte des classes qui était le dernier moteur de l'histoire comme disait l'autre, qu'ils vont se goinfrer indécemment en attendant la fin (nom de dieu, pas une question sur le salaire de Parly!) avec toujours plus de larbins vaguement diplômés pour applaudir à la théorie du ruissellement (hallucinant exemple de cette pensée magique du libéralisme avec ses "harmonies spontanées", sa "main invisible" et autres fantasmagories), qu'ils n'ont même plus besoin de masquer leur arrogance, qu'ils peuvent parler de chômeurs comme de "multirécidivistes du refus."(criminalisation du pauvre, évidemment), qu'ils vont maximiser leurs derniers profits en renvoyant le monde du travail à celui de Dickens, les smartphones en plus, qu'ils referont monter sans trop de problème la "menace fasciste" dès que le besoin tactique s'en fera sentir,  que leur intérêt et leur but ultime est de tenir la boutique avant d'être obligés de la liquider pour cause d'effondrement écologique et de se replier sur des "positions préparées à l'avance", que nous entrons dans un effroi sans fin en attendant une fin effroyable.
Sinon, bonne semaine, les amis.