dimanche 23 juillet 2017

Summertime is the time for love



La révolution, ce sera pour cet automne. En attendant, dansez serré, enjoy your summer and enjoy your doo wop.

samedi 22 juillet 2017

Le blaireau irrécupérable


Donc pour Castaner qui a l'allure rédhibitoire d'un commercial en robinetterie qui surjoue la masculinité hipster comme on l'imagine dans les agences immobilières de Châteauroux(1), poète est une insulte (et revendication aussi, pour faire bonne mesure). Je ne suis pas étonné mais je ne pensais pas que la barbarie douce et auto-satisfaite de ce qu'il est convenu d'appeler le macronisme apparaîtrait aussi vite et aussi clairement. Il va sans dire qu'à défaut d'être des généraux cinq étoiles, devant un tel abruti, nous sommes tous des poètes revendicatifs.
Sinon, c'est quoi, ta vision stratégique à toi, trou de balle?

(1) On adore Châteauroux, le Berry, l'Envolée des livres, sinon. C'est juste les agences immobilières qui remplacent partout bistrots, cinémas et libraires qui nous agacent. Et ça ne va pas s'arranger avec les néofascistes budgétaires.

Tombeau pour Carlo


Tombeau pour Carlo

Il est au cœur de l’été
Il est même difficile d’être plus au cœur
de l’été
Cyclades juillet quinze heures
Il vieillit mais ce n’est pas très grave
Il lit avec deux jours de retard
un journal français de gauche autrefois
mais tout le monde désormais était de
gauche autrefois
Il est au cœur de l’été
Il désespère d’à peu près tout
mais comme il s’est baigné ce matin
ça va ça va à peu près
Sur la table de la terrasse
il reste des rougets grillés
un fond de vin blanc
et du ciel bleu si bleu
que c’en est insolent
Elle elle fait sa sieste à côté
Il pourrait aller faire l’amour
arrêter de boire et de lire
le journal de gauche autrefois
et puis se baigner avec elle
comme si tout recommençait etc etc
Mais tout va recommencer
tout recommence toujours
surtout en été surtout dans les îles
surtout quand on sait jouer avec
le temps
Il est au coeur de l’été
avec sa cinquantaine
et dans le journal de gauche autrefois
il lit un article sur une histoire
vieille de seize ans
Tu te souviens seize ans de moins
Croire à tout à ton corps au sien
et à la révolution pour demain ou dans pas
longtemps
Les G8 les amis fatigués qui passent le soir
la route entre Bruxelles et Lille Toulon et Gênes
et là il lit que la police italienne reconnaît
à Gênes en 2001 
avoir commis « une boucherie »
Alors pour le bleu le temps le vin la vie
la mémoire les femmes nues
les cœurs purs
il lève
au cœur de l’été
son verre 
à la mémoire de Carlo Giuliani.


21/7/2017

©JérômeLeroy7/17

jeudi 20 juillet 2017

Exergues possibles pour des mémoires désobligeants, 87


Ce qu'il y a d'étonnant quand on lit les journaux avec deux jours de retard, c'est qu'un poète du XVe siècle, lui, n'en a pas, de retard :
 
"Désormais est temps de moi taire
Car de dire je suis lassé.
Je veux laisser aux autres faire
Leur temps est, le mien est passé.
Fortune a le forcier cassé
Où j'épargnoye ma richesse
Et le bien que j'ai amassé
Au meilleur temps de ma jeunesse."
 
La belle dame sans merci, Alain Chartier (1385-1430)

mercredi 19 juillet 2017

Le putsch, oui, mais de gauche

Après tout, je n'ai rien contre le principe d'un putsch. Une colonne de VAB dans la cour de l'Elysée dont l'un emmène Macron et sa clique à Villacoublay pour la destination de son choix, mais loin, très loin, ma foi...
Le problème, c'est que j'ai moyennement confiance dans le projet social du 13ème RDP et que le général de Villiers, c'est pas franchement Otelo de Carvalho.

mardi 18 juillet 2017

L'emploi du temps

-Et les années Macron, t'as supporté?
-On avait des consolations, quand même...

Art poétique

"Etre moderne, c'est créer son époque et non la refléter. Nuançons: la refléter, oui, mais pas comme un miroir- comme un bouclier. Etre moderne, c'est créer son époque, c'est à dire lutter contre les neuf dixièmes de ce qu'elle représente comme on lutte contre les neuf dixièmes de son premier brouillon."

Marina Tsvetaïaeva

George Romero, prophète américain (1940-2017)

mercredi 12 juillet 2017

Bleu

"Il y aura d'abord eu pour nous comme une fraîcheur d'eau au creux de la main. Après quoi, on est libre de commenter à l'infini, si l'on veut."
Ph.J

mardi 11 juillet 2017

Un exergue pour l'été.

Nous ne savons pas encore ce qu'il y a dans le dernier recueil d'Yvon Le Men, certainement de très bonnes choses car il fait partie des poètes chers à notre coeur. 
Mais la citation de Louis Guilloux qu'il met en exergue nous a plongé dans une longue rêverie heureuse, une fois passé ce petit coup au coeur qui nous fait dire: "C'est ça, c'est exactement ça?"

Macronistes, l'arrogance tranquille


Cet intéressant document, dont on a charitablement caché le nom de l'émetteur, est un statut facebook d'un gentil macroniste. Il n'est ni pire ni meilleur que beaucoup d'autres du même genre que l'on trouve en abondance sur les réseaux sociaux mais aussi dans les propos des sectateurs de l'Elu. Mais il est tout de même très révélateur de la façon dont la figure du militant politique s’est désormais dégradée en celle de fan pour chanteur à minettes.
Laissons de côté le ton. Son agressivité bovaryste, son hystérie sectaire sont reconnaissables à la ponctuation forte et à l'hyperbole constante du vocabulaire, comme quelqu'un qui parlerait avec ce qu'on appelait dans mon enfance "une voix de crécelle." En fait, on reconnait le macronien à l'oreille, dès les premières mesures avec un peu d'entrainement beaucoup plus qu'à l'allure car il ressemble tantôt à un cadre dynamique en veste fitée tantôt à une mère de famille à lunettes, la quarantaine souriante des hôtesses d'accueil, des directrices d'école maternelle et des psychiatres qui sont en train de signer en vous regardant avec bienveillance votre certificat d’internement à la demande d’un tiers.
A part l'encadrement des macronistes,  constitué par des routiers cyniques,  par des médiatiques vieillissants qui se veulent modernes alors qu'ils sont proche du gâtisme et par des politiques opportunistes hâtivement repeints aux couleurs de la République en marche, le macroniste de base cherche dans la politique ce qu'il n'a pas trouvé ailleurs: de quoi remplir sa vie. 
Il ne s'agit pas d'un idéal militant sanctifié par l'histoire ou la tradition familiale comme chez les gaullistes, les communistes, les démocrates chrétiens, les socialistes d'avant la mue hollandiste, non il s'agit d'un produit de consommation populiste, un genre de menu McDo de la semaine, aux graisses consolantes, au moelleux régressif. Il s'agit d'une pure idéologie du marketing qui permet de masquer que nous avons à faire à une bonne vieille révolution conservatrice néo-libérale, une reprise en main technocratique des intérêts du capital derrière un jeunisme qui tiendrait lieu de tout. On est macroniste de la veille, la conversion a été brutale, façon Claudel derrière son pilier de Notre-Dame et encore Claudel s'était-il mis à croire en Dieu qui existe depuis deux mille ans et des poussières,  alors que Macron n'existe que depuis avant-hier.
Non, ce qui est inquiétant, ici, c'est le fond. Le fond qui existe à peine mais suffisamment pour faire peur. L'émetteur de ce statut nous indique en effet que "La politique autrement!" (point d'exclamation), c'est "sans clivage et sans idéologie partisane.". Diable, on aurait cru précisément que la démocratie, c'était la conflictualité, qu'il fallait une majorité et une opposition et que précisément, on avançait grâce au "clivage". Qu'en dehors de périodes exceptionnelles ou sur des dossiers très précis, mais rares, on ne pouvait pas s'entendre, on devait pas s'entendre même car on aura beau faire, on ne mettra jamais tous les Français d'accord, et c'est heureux, sur leur rapport au travail, à l'amour, sur leur perception de l'avenir, sur les inquiétudes, les peurs, les espérances qui sont les leurs. Cela les empêchent-ils d'être pourtant français, et d'appartenir à une communauté de destins, de participer à "un plébiscite renouvelé chaque jour" comme disait Renan ? Certainement pas. Ca, c'est ce que Macron veut faire croire.
On notera d’ailleurs l'expression "idéologie partisane". Pour le macroniste, l'idéologie, c'est comme l'enfer chez Sartre, c'est toujours les autres. Le macroniste, lui, n'a pas d'idéologie, il est pragmatique. Or le pragmatisme étant un simple aménagement de ce qui existe, il est de fait une idéologie puisqu'il se satisfait d’une société inégalitaire vivant dans une économie de marché de plus en plus dérégulée. Mais non, déjà, dire cela, c'est "partisan" donc faux dans l’imparable logique du fan macroniste.
Pour le reste, on ne fera pas de mauvais procès à l'auteur du statut en lui faisant remarquer que l'expression « France Nouvelle » a de fortes connotations d'extrême droite: le macroniste de base contrairement à ses chefs, est en général assez inculte politiquement, sinon il ne trouverait pas Jupiter très nouveau puisqu’il a un programme qui date de Reagan.
 On conclura pour finir que pour notre ami, les années 70 représentent la plus haute antiquité, voire s'apparentent à la mythologie revue par Sophocle, puisqu'il n'aime pas son "papa", comme n'importe quel victime d'un Oedipe mal résolu.

Jérôme Leroy

(paru sur Causeur.fr)

dimanche 9 juillet 2017

Exergues possibles pour des mémoires désobligeants, 86

"La vie me va comme un manteau 
 oublié au vestiaire par un inconnu."

Frédéric Lasaygues (1953-2010), Carentan, deux minutes d'arrêt (Le Castor Astral)

Nos amis de Hambourg

Bien sûr, la question "comment" dans l'extrait ci-dessus du Monde daté de dimanche-lundi est plaisante et pertinente:  elle salue implicitement l'audace et le courage de la belle jeunesse émeutière qui refuse le Talon de fer et a désorienté les prétoriens chargé de protéger le G20, cette réunion périodique des administrateurs du désastre en cours. 
Mais le jour où les médias et leurs commanditaires poseront aussi et surtout la question "pourquoi", on pourra commencer à parler d'information.

vendredi 7 juillet 2017

Je sais juste


Je ne prendrai pas parti
entre les tenants d'une poésie littérale
et ceux du nouveau lyrisme
Je sais juste que nue contre moi
tu es nue contre moi
et que ce que je respire
c'est toi le temps ta peau
le voyage la révolution
le drap la lavande
et encore toi
et encore toi
Je sais juste que sur la table de nuit
il y a des lunettes noires
et dehors un grand soleil d’été
et encore toi
et encore toi.


©jérômeleroy7/17

jeudi 6 juillet 2017

Un peu tard dans la saison, dernières critiques, 3

Bernard Quiriny, lui aussi un écrivain "dans notre genre", a aimé Un peu tard dans la Saison et y consacre sa chronique dans L'Opinion.

Un peu tard dans la saison, dernières critiques, 2


Merci à Sophie Pujas qui nous cite abondamment dans Le Point de cette semaine, à propos de la vogue de de la dystopie.

Un peu tard dans la saison, dernières critiques, 1

Immense bonheur, étant donné la sympathie que nous inspirent l'homme et l'oeuvre, à la lecture de cette chronique de Sylvain Tesson dans le magazine Lire de juillet-août entièrement consacrée à notre dernier roman avec, cerise sur le gâteau, une comparaison avec Maintenant, le dernier opus des coeurs purs du Comité Invisible...

mercredi 5 juillet 2017

Le macronisme, c'est aussi une pédagogie


 
A la fois très réactif et très social, Folio vient de sortir dans un format inhabituel pour la collection, le nouveau code du Travail, avec des dialogues pour que ces cons d'assistés comprennent car le macronisme, c'est aussi une pédagogie.

dimanche 2 juillet 2017

Meeting Sam Millar





Sam Millar:  lutte armée, prison, banditisme, prison. Et par-dessus tout la classe dans la vie et le style pour le dire. 
Tough guys don't dance avec le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. 
Lisez On the brinks, vous comprendrez.