dimanche 4 juin 2017

Merci Macron!

Détournement du grand Paul Nougé
Finalement Macron nous rappelle une chose simple, essentielle et un peu oubliée. Etre de droite va de soi, être de gauche demande toujours un écart par rapport à la fausse évidence du monde tel qu'il va. Etre de droite est simple car le monde s'organise spontanément à droite parce que les hiérarchies, les inégalités, la liberté du renard libre dans le poulailler libre, tout ça est naturel. Laissez des gamins dans une cour de récré sans contrôle et c'est le caïdat qui s'installe, le trisomique qui est isolé, le bouc émissaire qui est choisi pour assurer la cohérence du groupe.  Etre de gauche suppose d'expliquer, de protéger, de corriger par la démocratie les inégalités naturelles,  de montrer que la solidarité est à la fois plus digne, plus juste et, finalement, plus efficace que la compétition, la concurrence, la guerre de tous contre tous. Rien de ce qui a été conquis par la gauche n'était naturel. La sécurité sociale, le partage plus équitable des richesses produites au profit de ceux qui les produisent effectivement... Etre de gauche, c'est une sculpture de soi collective.
Cela explique ce phénomène de chimie amusante, observé en politique. 
Quand tu injectes de la droite dans la gauche, ce n'est plus la gauche mais quand tu injectes de la gauche dans la droite, c'est toujours la droite. 
Macron est de droite non parce qu'il est de droite, il est de droite parce qu'il n'est pas (ou plus) de gauche, si tant est qu'il l'ait jamais été.
En voulant dépasser le clivage gauche/droite (idée de droite, en fait, comme ces listes dites "apolitiques"), il en a paradoxalement montré de manière éclatante la pertinence.