vendredi 5 mai 2017

Le neveu de Raoul


Parce que vous n'avez pas que ça à faire, je vous résume l'enquête du CEVIPOF parue dans Le Monde daté de jeudi. 
L'électeur type de Macron est une femme de 40 ans, bac+7, gagnant 6000 euros par mois. Elle a de jolis seins, elle est cultivée et bronzée, elle a une vie sociale exaltante dans une grande ville, elle connaît une sexualité libérée et épanouie et elle lit de gros romans anglo-saxons. 
 L'électeur type de MLP est un homme de 25 ans, qui n'a pas terminé son BEP électro-tech et vit avec les minima sociaux bien qu'il travaille au black dans le garage de tonton Raoul. Il souffre d'une acné persistante, il s'emmerde dans un chef-lieu de canton de 2500 habitants et se touche sans conviction en matant Youporn. Il ne lit pas. 
En plus ce salopard est fasciste. Alors prenez vos responsabilités, merde! Faites barrage au neveu de Raoul. En plus, grâce à vous, après la victoire de l'Elu, il pourra créer sa starteupe, le neveu de Raoul.

4 commentaires:

  1. Dimanche dernier, petit village de Beauce (le French Texas), dans la maison de famille au bord de la nationale (30% de votes Le Pen, le reste à droite, comme toujours. Les cultivateurs beaucerons aiment rien ni personne à part leur cassette et décapitent tous les arbres qui dépassent et empêchent leurs moissonneuses). J'écoute machinalement le répondeur du vieux téléphone fixe qui ne répond plus à grand-monde: ding!message du 19 avril: (avec enthousiasme):"Bonjour! C'est Emmanuel Macron! J'ai essayé de vous laisser un message mais... - petit temps de fausse spontanéité étonnée de votre absence, en souvenir de l'atelier théâtre du lycée -...apparemment, vous n'êtes pas là. Vous pouvez toutefois me rappeler au 09 blabla. En attendant, le 23 avril, allez quand même voter!". Je me pince, conserve le message, le réécoute 10 fois. Paraît qu'on est 6 millions à avoir entendu ça. Voilà voilà. F

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  2. " véritable arme de classe, l'antifasciste présente un intérêt majeur. Il confère une supériorité morale à des élites délégitimées en réduisant toute critique des effets de la mondialisation à une dérive fasciste ou raciste; mais, pour être durable, cette stratégie nécessite la promotion de l'"ennemi fasciste" et donc la sur-médiatisation du Front national... aujourd'hui, on lutte donc contre le fascisme en faisant sa promotion. .../... Car le problème est que ce n'est pas le FN qui influence les classes populaires, mais l'inverse. Le FN n'est qu'un symptôme d'un refus radical des classes populaires du modèle mondialisé. L'antifascisme de salon ne vise pas le FN, mais l'ensemble des classes populaires qu'il convient de fasciser afin de déligitimer leur diagnostic, un "diagnostic d'en bas" qu'on appelle "populisme". .../... la méthode est toujours la même : fasciser ceux qui donnent à voir la réalité populaire. .../... Christophe Guilluy Le crépuscule de la France d'en haut. page 173.

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  3. Dommage qu'on découvre seulement aujourd'hui la pertinence des constats et analyses de Guilluy (l"Atlas des nouvelles fractures française" est sorti en 2005). Le bannissement territorial, social et culturel des classes populaires et moyennes est à l'oeuvre depuis les années 90.
    Les "dominants", les inclus mondialisés, gauche et droite confondue, mais surtout à gauche, sont dans le déni de la réalité depuis trente ans, maintenant elle leur saute à la gueule.

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  4. Bernard Grandchamp7 mai 2017 à 18:35

    Sur la re-légitimation, y compris historique, du "populisme" - via entre autres le retour aux sources des populistes russes du XIXe siècle, voir aussi Jean-Claude Michea "Le concept marxiste de lutte des classes doit être remanié" - in site "comptoir.org", 10 avril 2017

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ouverture du feu en position défavorable