lundi 1 mai 2017

Antilepénisme concret

Sous prétexte qu'il se trouve face à Marine Le Pen,  le ministre de l'économie de François Hollande et responsable du virage libéral du quinquennat dès qu'il a été secrétaire général de l'Elysée, se permet une campagne où se mêlent la nullité stratégique, l'arrogance et, depuis quelques jours avec l'instrumentalisation de la Résistance, l'abjection pure et simple.
L'antilepénisme, comme l'amour, n'existe que par ses preuves concrètes et non ses déclarations incantatoires. Les leçons de morale, voire de moraline culpabilisante, qui sont données ces jours-ci aux électeurs de gauche, notamment de France Insoumise, qui ont quand même un peu de mal à accepter de voter pour une contre-révolution libérale qui aura changé nos vies en septembre après une destruction estivale et par ordonnances des lois qui protégeaient encore (un peu) le monde du travail, ces leçons donc, pleuvent. Sont accusés d'être des fascistes passifs ceux qui refuseraient de donner leur voix à Emmanuel Macron, et en plus, de le proclamer bien fort alors que ce même Macron qui ne comprend rien à ce pays, se refuse au moindre signe, persuadé que le repoussoir Le Pen lui servira de légitimité.
Il n'y aura aucune voix pour Marine Le Pen, évidemment, du côté des communistes, des insoumis et des rares socialistes restés de gauche.
En revanche, exiger que tous votent pour Macron, et le disent, est une honte, une humiliation provoquée qui révèle bien la nature du petit bonhomme et de ses soutiens qui prétendent nous gouverner. 
Eux, qui par leur politique pluridécennale, ont créé le monstre qu'ils prétendent combattre,  savent très bien ce qu'il en est et jouent cyniquement de l'articulation logique entre néolibéralisme et fascisme (les scores du FN commencent à grimper dès 1984, une fois entamée "le tournant de la rigueur"). 
Nous préférons, pour notre part, l'antilepénisme concret et non l'"antifascisme" de ces gens-là, qui n'apparait que tous les cinq ans, pour parachever leur oeuvre de destruction de notre vieille société où les citoyens n'étaient pas réduits à leur rôle économique.
Et l'antilepénisme concret, c'était, par exemple, la projection-débat de Chez Nous, hier à Châteauroux dans le cadre de l'Envolée des Livres.