lundi 24 avril 2017

Macron, Le Pen, Orwell et Kafka.

Dans 1984, pour assurer la puissance de Big Brother, il y a un méchant, Goldstein, dont on ne sait pas trop s'il est encore vivant, d'ailleurs, ou même s'il a existé.
Ce méchant est un des éléments qui permet à Big Brother d'exercer son pouvoir totalitaire sur la population, notamment par le biais des Semaines de la Haine où l'on se doit de cracher en groupe sur la figure abjecte du traître quand elle apparaît sur des télécrans.
Le Pen, père et fille, c'est Goldstein. 
Grâce à Goldstein, un candidat qui représente un néo-libéralisme aussi sauvage que celui de Fillon mais avec un lexique plus sucré, qui va enfin selon le souhait pluridecennal du MEDEF liquider ce qui restait de l'Etat-Providence et des acquis du CNR, un candidat qui vous dit, comme Big Brother, "la liberté, c'est l'esclavage; la paix, c'est la guerre (de tous contre tous)", ce candidat-là, en plus, il va falloir que vous le preniez pour un héros de l'antifascisme.
On aura rarement poussé aussi loin notre servitude volontaire, notre humiliation, notre honte. 
Après Orwell, Kafka donc, et la dernière phrase du Procès, car nous sommes tous, devant cette alternative, des Joseph K:
"Mais l'un des deux messieurs venait de le saisir à la gorge;  l'autre lui enfonça le couteau dans le coeur et l'y retourna par deux fois. Les yeux mourants, K. vit encore les deux messieurs penchés tout près de son visage qui observaient le dénouement joue contre joue.
-Comme un chien! dit-il, et c'était comme si la honte dût lui survivre."