mardi 18 avril 2017

La façade du cinéma Eden à La Souterraine: poème politique


J'aime
les plages
les fantômes
les petites villes d'importance secondaire
les bouquinistes
les terrasses de café
lire des poètes vivants dans des hôtels deux étoiles près des gares
les jeunes filles à bicyclette qui roulent sur des allées gravillonnées
les huitres
le communisme
le vent dans les arbres
les mèches qui retombent des chignons faits à la hâte
l'appropriation collective des moyens de production
le muscadet amphibolite de Jo Landron
lire des poètes oubliés dans des "Poètes d'aujourd'hui" d'occasion
les hêtres qui bordent d'une lumière verte les départementales de
Seine-Maritime quand on approche de la mer l'été
les chats
le thé noir très noir
les films italiens
la façade du cinéma Eden à La Souterraine
mais
je suis bien obligé
de constater
à la lecture des différents programmes
que mes revendications
sont assez peu prises en compte
assez peu 
vraiment.


18 avril 2017


©jeromeleroy4/17



2 commentaires:

  1. Longtemps je n'ai pas lu de poésie, pour en avoir trop fréquentée de l'absconse. Je ne comprenais rien à ce que mes amis écrivaient, ce n'était pas très grave, ce qui l'était, c'est que ça m'en a éloignée.
    Sauf de celle d'Aragon (mon amoureux d'une époque écrivait comme Aragon :).
    Bien sûr il y a la vie professionnelle, associative et militante (association de poésie "La Malle d'Aurore), et on a lu Norge, Tardieu, Guillevic, Michaux, Apollinaire, Eluard, Ritsos, Lorca...

    Mais j'ai loupé Rimbaud. Complètement.

    Heureusement on tombe un jour sur Emaz, Pirotte, Vinau, et d'autres...

    Sur vous, Un dernier verre en Atlantide, Sauf dans les chansons...
    Une écriture (expérience de vie) charge les mots, les électrise, leur donne la nécessité d'être sur la page.
    Dès lors la poésie devient sentiment du monde.

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  2. J'en oublie plein et des important(e)s, ceux sur mes étagères m'engueulent, Emily Dickinson, Wilfred Owen, William Carlos Williams, Ramon Gomez de la Serna, le belge William Cliff, Pierre Lartigue... Mais je ne sais pas vivre avec eux, c'est loupé, ils ne font partie de ma vie que de très loin. Je les oublie facilement. J'ai honte.

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ouverture du feu en position défavorable