dimanche 19 mars 2017

Lucien Suel, total.

La soirée avec le dernier recueil de Lucien Suel, Ni Bruit, ni Fureur (La Table Ronde, 2017)
L'enfance, les paysages, le Nord, la mer, Bob Dylan, Bernanos, Wilhelm Reich, Roubaix et l'Artois, encore Bernanos, encore l'enfance, encore les paysages. Au commencement du recueil étaient Bernanos et l'esprit d'enfance, donc.  Et à la fin aussi.
Et puis le temps,  et puis les morts. 
Lucien Suel, paysagiste, coloriste, avec ses guirlandes de plages  belges et ses tombeaux, ses collines et ses jardins, ses tranches de lard qui grésillent et ses ossuaires, ses obituaires, ses litanies. Benoit Joseph Labre, son saint vagabond pour servir d'intercesseur à Kerouac ou à Nabokov, à Artaud ou à Rosa Luxemburg. 
Des filles blondes qui boivent des bières blanches à la brune.
Et l'on s'aperçoit tout d'un coup, l'air de rien, avec cette poésie pleine des mots de tous les jours,  cette poésie empreinte d'évidente humanité et d'une manière de courtoisie dans l'invitation à la lecture, qu'on est en présence d'un recueil circulaire, un recueil total auquel on peut revenir sans cesse, auquel on reviendra sans cesse.