samedi 4 février 2017

Notre douceur sera impitoyable

Entendons- nous bien. Ce qu'a fait Fillon, le candidat des petits vieux méchants et friqués qui sont à la retraite depuis quinze ou vingt ans, qui veulent que les jeunes en bavent pour continuer à payer leurs pensions et leurs pélerinages à Lourdes entre deux semaines au soleil dans des hôtels all inclusive, est absolument inacceptable et inexcusable. Et disons très clairement que cette sortie de route du Caton de la Sarthe, qui signe le crash de la droite droitisée qui veut le retour de l'Ordre Moral, est une chose douce à mon coeur.
Mais je suis toujours un peu gêné par l'acharnement sur les avantages des politiques ou leurs petites crapuleries alors que les sommes en question demeurent, somme toute, dérisoires si on les compare au formidable hold-up du patronat avec le CICE, par exemple, ou celui du renflouement des banques privées en 2008-2009 qui avaient joué au casino avec notre épargne.
On parle, pour les politiques, de quelques dizaines ou centaines milliers d'euros plus ou moins légalement détournés. Pour les patrons, qui ont pris l'habitude de privatiser les profits mais de socialiser les pertes avec le pognon des contribuables, ça se chiffre par milliards, par dizaines de milliards.
Alors faisons gaffe à un néo-poujadisme qui ne regarde pas plus loin que le bout de son nez.
Un politique qui nous vole, c'est un petit délinquant, mais un petit délinquant élu et parfois réélu.Un politique, que ça nous plaise ou non, il a une légitimité démocratique et c'est nous qui la lui avons donnée.
Un patron comprador du CAC  40 qui s'arrange pour ne pas payer d'impôts en France, lui, il nous a déclaré la guerre et il la gagne d'autant plus facilement que pendant qu'il se livre au pillage, on vérifie si des fois, le maire, il n'aurait pas demandé à un employé municipal d'aller chercher ses gosses à l'école.
Bref, s'il ne reste plus qu'une place dans un camp à régime sévère quand on aura pris le pouvoir, réservons-là à Gattaz. Pour Fillon, aller faire de l'aide aux devoirs dans les quartiers ou torcher les grabataires préfascistes de son électorat dans une maison de retraite, ça suffira. Notre douceur sera impitoyable.
Raquel n'a rien à faire ici sinon nous rappeler que la vraie vie est ailleurs et que le monde est beau;