dimanche 25 décembre 2016

Joyeux Noël avec Beatriz/Paul Preciado

Joyeux Noël à tous. 
Et commençons par le plus beau texte lu dans un journal depuis longtemps qui est aussi un programme éminemment christique.  C'est dans Libé daté du 24/25/12/2016.
Beatriz/Paul Preciado peut apparaître un peu dingue ou radicale, comme on voudra (déconstruction totale du genre, changement de sexe,  corps comme lieu de la protestation politique, etc...) mais qu'est-ce que ce texte-là est juste pour le coup, surtout par les temps qui courent où l'on ne peut que préférer cette folie-là à la folie collective qui règne aujourd'hui et que nos maîtres nous font appeler  raison.  
Le même genre de conseils en à peine moins sauvages était donné en son temps par André Breton dans "Lâchez tout" (1922)
À ce point de beauté et de force, elle/il ne peut avoir tort car on sait que le beau, le bien et le bon se confondent au Ciel des Idées et ce texte, répétons-le, est beau.
Ne vous étonnez donc pas  si je subis quelques métamorphoses dans les temps qui viennent. 
Et que d'autres me suivent sur les chemins de cette émancipation évangélique radicale.
Amen et vive la révolution!

4 commentaires:

  1. Joli exercice littéraire.
    Nous espérons néanmoins que vous ne le prendrez pas au premier degré et au pied de la lettre. Ce serait dommage d'être privé de vos livres et de votre blog.

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  2. J'attache de la valeur à toute forme de vie,
    à la neige, à la fraise, la mouche.
    J'attache de la valeur au règne animal
    et à la république des étoiles.
    J'attache de la valeur au vin tant que dure le repas,
    au sourire involontaire, à la fatigue
    de celui qui ne s'est pas épargné,
    à deux vieux qui s'aiment.
    J'attache de la valeur à ce qui demain
    ne vaudra plus rien et à ce qui aujourd'hui
    vaut encore peu de chose (...).
    Erri de Luca

    Bonnes fêtes et "bon bout d'an", comme on dit à Marseille...

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  3. (...)
    Je veux écrire l'inventaire impossible
    (...)
    Je veux écrire mes matins à roubaix
    Je veux écrire mon collège frontalier
    Je veux écrire mes nations tressées
    (...)
    Je veux écrire le nom des ethnies parce que l'origine est une rêverie
    Je veux écrire l'oubli du nom des ethnies parce que je suis universaliste
    (...)
    Je veux écrire thomas owen gerard prevot ghelderode et jean ray
    Je veux écrire les usines en ruines de denain
    Je veux écrire les utopies calmes de demain
    Je veux écrire la joie pure de filer dans un char à voile par fort vent de sud-ouest sous le ciel bleu glacé de décembre
    (...)
    Je veux écrire la loi qui proposera cette chanson comme hymne national de l'Atlantide
    (...)
    Je veux écrire les cœurs purs des comités invisibles
    (...)
    Je veux écrire à quatre heures du matin quand il neige
    Je veux écrire à dix heures du matin quand fume le thé vert
    Je veux écrire ivre jusqu'au tremblement de mes mains
    Je veux écrire avec la gueule de bois jusqu'à la panique
    Je veux écrire pas un jour sans une ligne
    Je veux écrire fajardie n'est pas mort vous devez vous tromper
    Je veux écrire lapaque paquebot à la dérive
    Je veux écrire les choses auraient pu être plus facile
    Je veux écrire les choses auraient pu être pire
    (...)
    Je veux écrire tous mes fantômes atlantes tous mes fantômes français
    Je veux écrire je n'arrêterai jamais de citer citer c'est aimer et plus personne ne cite plus personne n'aime

    Je veux écrire je veux écrire

    Je. Veux. Ecrire.

    "Anaphore (Un dernier verre en Atlantide)"

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ouverture du feu en position défavorable