vendredi 16 décembre 2016

Et soudain, Robin Cook

C'était un temps héroïque que les moins de vingt ans, etc.... 
Le train mettait près de quatre heures pour relier Valenciennes à Paris. Je pigeais pour Le Quotidien en plus du boulot dans ma Zep.  On devait être quatre ou cinq pour les pages livres, pas plus. Il y avait Alfred Eibel, notamment. On pouvait très bien une semaine faire un papier sur Sénèque et la semaine suivante un entretien avec Robin Cook. 
C'est à l'issue d'un entretien comme ça (pas avec Sénèque, avec Robin Cook, quoique...) que j'ai obtenu cette dédicace pour ce qui m'apparait de plus en plus, avec les années comme l'archétype du roman noir, un peu plus bouleversant à chaque lecture. Il est doté, de surcroît, pour moi, d'un des plus beaux titres que je connaisse et dont, pour l'anecdote, j'ai fait la première phrase de La grande môme, un roman ado.
C'était bien, le polar était moins à la mode, on lisait moins de conneries et de choses sans intérêt, du coup. Tout le monde ne se croyait pas obligé d'en écrire ou d'en éditer en espérant faire un peu plus de pognon qu'en littérature "blanche".
Ou alors c'est parce que je deviens un vieux con. 
C'est possible aussi. Mais bon, Robin Cook, quand même...

7 commentaires:

  1. Je me souviens de tes articles dans le Quotidien. Je n'ai aucun mérite, tu en avais fait un sur mon "Mailer". J'ai vu Eibel, il y a trois semaines, dans une soirée anarcho-monarchiste. Il est toujours aussi gentil et éclectique.
    Robin est un des quelques bons souvenirs de rencontres à Rivages, livide, déjà malade, avec son profil d'aigle, ne pouvant même plus vivre dans sa cambrousse française et boire du pinard qu'il aimait tant. Il venait de publier "Mémoire Vive" où il cachait tant de choses sur le Londres des Frères Kray, qu'il avait bien connu, tout dans l'allusion, le vieux. Dora Suarez n'est pas mon préféré. Je recommande plutôt "Crème anglaise" à la SN, tout sur les traîtres bien nés de la perfide Albion. Je crois qu'il n'y a qu'Edward Bunker qui m'ai fait une telle impression dans les locaux de Rivages Bd St-Germain, aujourd'hui une boutique où l'on vend des chaussures de sport.

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  2. Le meilleur monologue que j'ai pu lire.

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  3. Le titre, J'étais Dora Suarez (I was Dora Suarez) rappelle celui du roman d'Alexander Lernet-Holenia (1897-1976), J'étais Jack Mortimer (Ich war Jack Mortimer, 1933), beau roman noir traduit en français par Roger Lewinter aux éditions Gérard Lebovici en 1988.
    « Un chauffeur de taxi viennois découvre que son client, un Américain de Chicago, est mort d'une balle dans le cou. Il décide de découvrir ce qui s'est produit et de se faire passer pour son client, d'être Jack Mortimer. Mais il va découvrir "qu'on ne pénètre pas dans une vie, fût-elle celle d'un mort, sans avoir à la vivre jusqu'au bout." »

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  4. Oui j'ai racheté J'étais Dora Suarez il n'y a pas longtemps. Le plus dur pour moi des romans de Robin Cook et du coup je n'avais pas pu lire après Quand se lève le brouillard rouge.
    J'ai eu le bonheur aussi de côtoyer Robin Cook en 90 ou 91. Je l'avais reçu avec Hervé Delouche. Une rencontre qui marqué :) Je me rappelle son désespoir que les jeunes du coin de l'Aveyron où il travaillait à l'époque, ne sachent rien de la guerre d'Espagne. Il la leur expliquait dans les bars.
    Il nous avait dit qu' en écrivant J'étais Dora Suarez il avait manqué passer de l'autre côté. ..

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  5. Et oui j'ai bien aimé ce clin d'oeil à Robin Cook avec La Grande môme...

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  6. Oui, le temps héroïque que les moins de vingt ans... Il n'y a qu'a voir aujourd'hui les gens découvrant Crumley chez Gallmeister...
    Et pour les amateurs de polar, je pense qu'on est pas le même lecteur avant la lecture de Dora qu'après...

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ouverture du feu en position défavorable