vendredi 11 novembre 2016

Le 11 novembre de Georges Leroy

Tu es mort pour la France, tué à l'ennemi le 30 mars 1918. Tu étais paysan-tisserand à Doudeville-en-Caux. Un champ de lin, un métier à tisser. Quelque chose me dit que tu devais aimer ce bleu-là, si particulier, qui vibre dans l'été. Tu as laissé trois enfants, pupilles de la nation, dont mon grand-père qui avait six ans. L'instituteur et le curé le repèrent parce qu'il passe son temps à lire et décident de l'envoyer à l'Ecole Normale de Rouen. C'est comme ça que tout a commencé pour moi, finalement. Alors, merci.
Maintenant, je suis bien plus vieux que toi quand tu es mort à l'âge du Christ dans les combats du dernier printemps de la guerre. C'est donc moi qui dois veiller sur toi  et ta mémoire comme sur un fils en attendant que l'on se retrouve dans l'Invisible pour faire un peu connaissance. A bientôt, grand-père.