mercredi 20 juillet 2016

La répétition des massacres

J'entends ici et là une petite musique sur une "certaine gauche" qui serait plus prompte à condamner "le capitalisme que l'islamisme." Cette condamnation vient d'ailleurs aussi d'une certaine gauche dont on se demande pourquoi elle s'obstine à revendiquer l'appellation étant donné qu'elle n'a plus qu'un logiciel identitaire unique qui lui a même servi, lors du récent mouvement social, à vilipender la CGT mieux que ne le faisait la droite.
Cette petite musique n'a rien compris, comme d'habitude.  Ou fait semblant de. 
L'islamisme, dans toute son atrocité, est l'enfant monstrueux des politiques néocons et de la mondialisation capitaliste. Il est la réponse démente, mutante à l'horreur économique. Dire cela n'est excuser personne. 
C'est juste vouloir éviter la répétition des massacres.
En ce sens, et en ce sens seulement, il y a analogie entre l'islamisme et le nazisme: le capitalisme s'est très bien accommodé du nazisme hier comme il s'accommode très bien des dictatures sunnites que sont l'Arabie Saoudite et le Quatar, ces matrices de  Daesh, aujourd'hui.
Oui, je suis de cette "certaine" gauche pour qui la laïcité n'est pas le nouveau nom d'un racisme d'Etat mais l'espace neutre et indispensable créé par la République. 
Oui,  je suis de cette "certaine" gauche qui n'oublie pas la lutte des classes au profit d'un pseudo-choc des civilisations, cette nouvelle mouture du conflit nord-sud.  
Oui, je suis de cette "certaine" gauche qui ne veut pas confondre le symptôme et la cause. Il serait temps de parler de l'islamocapitalisme face à l'accusation disqualifiante et réitérée d'islamogauchisme, non?, puisque l'islamogauchisme commence apparemment avec le beau refus des députés communistes de voter la prolongation de l'état d'urgence.
Oui, je suis de cette "certaine" gauche qui constate avec le Marx de La contribution à la critique de la philosophie du droit de Hegel : "ll s'agit de faire le tableau de la sourde pression que toutes les sphères sociales font réciproquement peser les unes sur les autres, d'un désaccord général et veule, d'une étroitesse d'esprit aussi présomptueuse que mal renseignée, le tout placé dans un cadre de gouvernement qui vit de la conservation de toutes les insuffisances et n'est que l'insuffisance dans le gouvernement. Quel spectacle! La société se trouve divisée, jusqu'à l'infini, en races aussi variées que possible, qui s'affrontent avec de petites antipathies, une mauvaise conscience et une médiocrité brutales, et qui précisément à cause de leur situation réciproque et ambigüe, sont toutes, sans exception, bien qu'avec des formalités différentes, traitées par leurs maîtres comme des existences qu'on leur aurait concédées. Et dans ce fait d'être dominées, gouvernées, possédées, elles sont mêmes forcées de reconnaître et de confesser une concession du Ciel."
Oui, je suis de cette "certaine" gauche qui est la gauche, tout simplement.


8 commentaires:

  1. L'islamisme s'adapte très bien au capitalisme, regardez au Qatar, en Arabie saoudite tous ces shopping center géants remplis de consommateurs dociles inféodés à la religion pour mieux les tenir. Et d'où croyez vous que vient une partie de notre pétrole en plus de ces deux pays ?

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  2. Entre la gauche qui vilipende la CGT mieux que ne le ferait la droite et celle pour qui la laïcité est le nouveau nom d'un racisme d'Etat, je vous félicite de vous y retrouver. Moi j'y ai renoncé. La gauche est morte. J'en étais, depuis 81, depuis Mitterrand, c'est fini. Ils l'ont tuée, les premiers ont planté les clous, les seconds les ont enfoncés.
    Alors on va voter pour qui, Macron ou Mélenchon ? Personne !!
    Quand je lis qu'il faut se déplacer pour voter à la primaire de la droite parce que c'est le "vrai scrutin", j'ai des envies de meurtre. Comment en est-on arrivé à ce fiasco où Juppé prend des allures d'homme providentiel ?
    Il est là le problème ! Chez nous, à gauche.

    Un homme de gauche très en colère, comme beaucoup de gens de gauche qui ne veulent pas de ce piège à cons mais se le prennent quand même dans la gueule.

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  3. Encore une fois, camarades, allez consulter les articles du PCF(MLM):

    "C'est à la classe ouvrière de porter le matérialisme, aujourd'hui dialectique, afin de montrer le chemin du progrès, d'une société sans haine ni violence, car sans classes sociales ni propriété, fondée sur le partage général des biens et de la culture, permettant à chaque personne de s'épanouir et de développer ses facultés.

    C'est le sens de notre mot d'ordre : SOCIALISME OU RETOMBÉE DANS LA BARBARIE !"

    Parti Communiste de France (marxiste-léniniste-maoïste)
    http://lesmaterialistes.com/pcfmlm-declaration-87-massacre-nice-retombee-barbarie

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  4. La lutte acharnée pour une dominance éphémère engendre un élitisme social violent.
    Au début, il y avait des contestataires babacool qui fumaient des joints et tentaient la vie communautaire ... Puis il y eut l'importation massive de main d'œuvre ... Les laisser pour compte ont tenté de faire émerger une contre culture : verlan, rap, tags. Les petits bourgeois ont adopté cela et verlan, rap et tags sont aujourd'hui autant de raison de se pâmer pour la bourgeoisie ... Aujourd'hui, c'est le terrorisme. Le terrorisme est le miroir inversé de notre système élitiste / capitaliste où il n'est d'autre alternative que d'entrer dans un jeu fou où on sort soit schizo, soit fou ...
    Notre société produit de la violence, le terrorisme est une partie de notre système social ...

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    1. l'islamisme n'est pas du tout inversé au capitalisme, il va jusqu'au bout de sa logique, c'est tout, de manière un peu plus "hardie" que Macron et les autres.

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    2. En quoi ?

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    3. Il n'y a pas plus insérées dans le capitalisme que les monarchies pétrolières, entre autres, qui à l'aide de la religion ont des travailleurs -presque- parfaitement soumis payés une misère, le rêve de Macron en France. Et qui cerise sur le gâteau consomment avec entrain dans les shopping centers géants de Dubaî ou du Qatar.

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  5. Extrait d'un article de Jean Baudrillard, après l'attentat du WTC :

    (…)Terreur contre terreur - il n'y a plus d'idéologie derrière tout cela. On est désormais loin au-delà de l'idéologie et du politique. L'énergie qui alimente la terreur, aucune idéologie, aucune cause, pas même islamique, ne peut en rendre compte. Ça ne vise même plus à transformer le monde, ça vise (comme les hérésies en leur temps) à le radicaliser par le sacrifice, alors que le système vise à le réaliser par la force.
    Le terrorisme, comme les virus, est partout. Il y a une perfusion mondiale du terrorisme, qui est comme l'ombre portée de tout système de domination, prêt partout à se réveiller comme un agent double. Il n'y a plus de ligne de démarcation qui permette de le cerner, il est au cœur même de cette culture qui le combat, et la fracture visible (et la haine) qui oppose sur le plan mondial les exploités et les sous-développés au monde occidental rejoint secrètement la fracture interne au système dominant. Celui-ci peut faire front à tout antagonisme visible. Mais l'autre, de structure virale - comme si tout appareil de domination sécrétait son antidispositif, son propre ferment de disparition -, contre cette forme de réversion presque automatique de sa propre puissance, le système ne peut rien. Et le terrorisme est l'onde de choc de cette réversion silencieuse. Ce n'est donc pas un choc de civilisations ni de religions, et cela dépasse de loin l'islam et l'Amérique, sur lesquels on tente de focaliser le conflit pour se donner l'illusion d'un affrontement visible et d'une solution de force. Il s'agit bien d'un antagonisme fondamental, mais qui désigne, à travers le spectre de l'Amérique (qui est peut-être l'épicentre, mais pas du tout l'incarnation de la mondialisation à elle seule) et à travers le spectre de l'islam (qui lui non plus n'est pas l'incarnation du terrorisme), la mondialisation triomphante aux prises avec elle-même. Dans ce sens, on peut bien parler d'une guerre mondiale, non pas la troisième, mais la quatrième et la seule véritablement mondiale, puisqu'elle a pour enjeu la mondialisation elle-même.

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ouverture du feu en position défavorable