mercredi 27 juillet 2016

Je vais te dire, Jérôme, j'aime bien les communistes


« Aragon il s’appelle l’auteur, Louis Aragon. Paraît qu’il est coco. Un membre du Parti communiste français, merde c’est pas rien. Important, on dit. Certains le disent ordure, mais moi je crois pas, on peut pas écrire ça si on l’est. Alors mo je m’incline, pauvre fille, et je dis merci que ça me fait pleurer ce qu’il écrit pour moi, rien que pour moi. Je fais des dévotions pour ce monsieur, et je dis pour lui : plusieurs vies, oui. Je vais te dire, Jérôme : j’aime bien les communistes. C’est des gens un peu mieux, un peu plus propres que nous, enfin c’est ce que je crois, moi. Je dis pour eux : qu’un jour la planète soit à vous. Qu’on entende les orchestres, car enfin, c’est des gens qui aiment les gens, non ? Enfin moi, c’est ce que je crois. Si j’avais pas été putain, j’aurais été communiste. »

Jérôme de Jean-Pierre Martinet

3 commentaires:

  1. "Que le printemps crève, qu' il ne revienne jamais. "

    Merci, Jérôme Leroy, de nous révéler Jean-Pierre Martinet.
    Merci d'avoir insisté.

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  2. Acheté aujourd'hui JÉRÔME !

    Dans la belle édition grise de Finitude, pas la belle originale rouge que vous avez, mais qu' importe le flacon ! :)

    Encore merci.

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  3. « Le seul roman de Fakner que j’avais lu, c’était « Sanctuaire », et je l’avais appris par cœur pour faire plaisir à Solange qui me l’avait prêté. Mais, en général, je n’aimais pas la lecture, cela me donnait mal à la tête, je n’avais guère lu plus de quatre ou cinq romans dans ma vie, et encore… Le seul qui m’avait plu, c’était « Sanctuaire, ce Fakner était quelqu’un, un type vraiment bien, je l’aimais comme mon frère, je n’avais pas tout compris, certes, mais je pouvais réciter des passages entiers par cœur, comme celui-ci par exemple, qui faisait pleurer Solange, et me plongeait, quant à moi, dans une douce mélancolie : « Dans le kiosque, une musique militaire en bleu horizon jouait du Massenet, du Scriabine et du Berlioz semblable à une mince couche de Tchaïkovski tarabiscoté sur une tranche de pain rassis. Des branches, l’éclat mouillé du crépuscule s’égouttait sur la toiture du kiosque et sur les sombres champignons des parapluies. Les résonances profondes des cuivres éclataient et mouraient dans le glauque crépuscule, épandant sur Temple et son père un flot d’harmonieuse tristesse. Temple bâilla derrière sa main, sortit sa boîte à poudre, l’ouvrit sur un visage en miniature, buté, déçu et morose. A côté d’elle… » Monsieur Cloret m’a interrompu. Ecoutez, mon cher, je ne suis pas venu ici pour écouter un récital de poésie. Et puis je vous ferai remarquer que l’on ne dit pas Fakner, mais Faulkner. FAUL-KNER. »

    JERÔME, de Jean-Pierre Martinet, Finitude, 2008

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ouverture du feu en position défavorable