lundi 13 juin 2016

Toi aussi, fais le crocodile à Orlando.

C'est toujours un peu étonnant, le cynisme des Républicains américains, tendance Tea-party ou Trump. Ces types vomissent les gays à longueur d'année, veulent les envoyer en enfer ou en HP, ils estiment que le premier droit de l'homme est de disposer individuellement de la puissance de feu d'un petit porte-avion mais, -il n'y a de la chance que pour la canaille-, le tueur à Orlando est d'origine afghane et les fous furieux de l'Etat islamique revendiqueraient la chose.
Et donc, c'est forcément la faute au laxisme contre les musulmans, ce carnage...
Ce n'est pas du tout comme si les USA n'avaient pas une longue histoire de tueries de masse qui n'avaient rien à voir avec l'Islam et tout avec leur refoulement puritain, la violence de leurs rapports sociaux et le culte du cow-boy qui confond sa bite et son flingue.
Voir Rubio pleurer sur les gays, non mais sérieusement... Ca me ferait rire si ça ne me donnait pas envie de pleurer. 
Si les Marco Rubio, les Ted Cruz avaient le pouvoir aux USA, ils seraient tout à fait capable de transformer leur pays en une théocratie qui pourrait faire concurrence sans problème à nos amis saoudiens. Voire à l'Etat Islamique.  Un Cruz et un Al-Baghdadi font partie, à un moment ou à un autre,  de la même totalité structurante: celle qui estime que la religion doit concerner tous les aspects de la société et les textes sacrés la seule constitution possible.
 On pourra lire à ce sujet - la façon dont les USA pourraient très bien basculer dans une dictature religieuse fondamentaliste, La Servante écarlate de Margaret Atwood.

20 commentaires:

  1. Pneumatocrate, j'aimerais bien que les textes religieux soient la base d'un pacte social. En cette année de la miséricorde, il est doux de méditer sur les œuvres de miséricorde que nous sommes appelés à mettre en pratique ...

    Le reste me parait être un détournement ...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Non la violence religieuse est intrinsèque à la pratique de la foi par les groupes humains

      Supprimer
    2. Subjugué par la démonstration, je deviens athée. Et puis je me rends compte que les athées peuvent aussi être violents.
      Que faire ???

      Supprimer
    3. D'accord avec vous.
      La violence est consubstancielle à la religion.
      Qui dit religion dit j'ai la vraie foi. Et tôt ou tard, je rentre dans le lard des autres. Les chrétiens ont deux millénaires d'avance, mais ils n'ont pas été les derniers quand il s'est agit de se battre et pas qu'avec de l'eau bénite. Pacte social ? Avec la manif pour tous aka la haine pour tous ?
      N

      Supprimer
    4. La violence est consubstantielle à l'humanité. En général, la religion a servi de prétexte pour cacher d'autres raisons politico-économiques.

      On ne peut pas réduire une religion à la violence. Dire intrinsèque ou consubstantiel sans aucune autre forme de procès, c'est se cacher derrière un vocabulaire pseudo-scientifique pour faire l'économie d'une argumentation. Supprimez les religions, ou une religion, la violence sera toujours là.
      Il n'est besoin d'avoir des dogmes pour envoyer une tarte dans la gueule de son prochain. De même, ce n'est pas parce qu'il y a dogme qu'un croyant va écraser l'autre.

      Dernière chose : 2 millénaires d'avance sur qui ou quoi ? 622 ans d'antériorité avec l'Islam ...

      J'ai peine à croire à cette notion d'avance ... "On est en 2016 quoi merde ?" Ben ouais mon pote et t'as vu l'état de la planète ? Comme quoi plus les années passent, pas forcément mieux c'est !"

      Supprimer
    5. Justement, sans les religions on aurait moins de prétextes de violence, et si dieu existe se soucie-t-il réellement d'avec qui on fait l'amour, ce que l'on boit, ce que l'on mange ?

      Supprimer
    6. On peut supprimer les religions la violence sera toujours là, certes.
      Mais elles ne l'ont pas supprimée, ni même atténuée. Au contraire, elle l'ont catalysée ou instrumentalisée.
      N

      Supprimer
    7. De votre point de vue, vous avez raison !

      Supprimer
  2. Sur le sujet, on pourra aussi lire ou relire le Choc des civilisations, notamment la partie concernant la Résurgence de l'islam.

    "Parmi les musulmans, les jeunes sont religieux, et leurs parents sont laïcs. [...] Plus que tout, la réaffirmation de l'islam, quelles que soient ses formes sectaires, signifie la répudiation de l'influence européenne et américaine sur la société, la politique, la morale locales. En ce sens, le renouveau des religions non occidentales est la manifestation la plus puissante de l'antioccidentalisme dans les sociétés non occidentales. Ce renouveau n'est pas un rejet de la modernité : c'est un rejet de l'Occident, de sa culture laïque, relativiste, dégénérée qui est associée à l'Occident."

    On ne relit jamais assez trop les grands classiques.

    RépondreSupprimer
  3. Ou lire également le très bon mais très ambigu "Forteresse", de Georges Panchard.

    RépondreSupprimer
  4. Joli le titre Toi aussi fais le crocodile à Orlando !

    La laïcité est en France un principe constitutionnel. Ce n'est ni plus ni moins que la liberté de conscience. Quoi de plus précieux ?

    RépondreSupprimer
  5. Les potes de Trump ? Mais en France on a Henry de Lesquen, encore mieux, la haine fin de race

    RépondreSupprimer
  6. réactionnaire16 juin 2016 à 13:11

    Première partie

    Bonjour Jérome ; je préfère avertir que je vais défendre Trump ( je suis un réactionnaire provocateur, et peut être, pour une part, l’ un des derniers classiques libéraux communistes romantiques.. )

    Relisons les classiques, les vrais..

    Les atomistes de l’Antiquité ( mais également les cyniques et les septiques), qui ne croyaient pas au finalisme, dénoncèrent ( voir par exemple « de rerum natura » de Lucrèce, ) les méfaits de la religion politique , en prenant l’exemple fondateur ( L’Iliade, encore..) d’Agamemnon sacrifiant sa fille Iphigénie aux dieux, dans l’espoir d’obtenir des vents favorables vers Troie .
    Leur « athéisme », déjà, était mal vu, non pour des raisons de dogmes religieux -qui n’existaient pas dans l’antiquité gréco romaine ( d’où la frustration intense de la mythologie chrétienne face à un administrateur romain qui leur exprime « je m’en lave les mains », attitude constante des administrateurs de Rome fréquemment confrontés à ce type de querelles théologiques étrangères à la mentalité et au droit romain), mais pu servir de prétexte pour la condamnation de Socrate.

    Marcus Varron, érudit romain du 1 er av JC, introduit la « théologie tripartite » , distinguant « la théologie naturelle » ou « philosophia naturalis » , celle des érudits, philosophes, scientifiques etc… ce que nous appellerions sans doute « les sciences », la théologie « imaginaire et poétique » ( arts littéraires, mythes, poésie etc..), et enfin « la théologie politique » , les religions au service du pouvoir en y mêlant également les superstitions « officielles » si besoin s’en faisait sentir (« il faut savoir manger du poulet sacré, même si l’on se moque des augures » dixit Ciceron), le tout sans dogmatisme religieux ( je doute qu’un prêtre de Jupiter ait été capable d’établir un quelconque catéchisme olympien, tant la dogmatique des monothéistes était étrangère à la pensée antique occidentale )

    Nul n’est besoin de rappeler la « fluidité sexuelle » de ces époques…… ( « caesar, homme de toutes les femmes et femme de tous les hommes ») non seulement dans le bassin méditerranéen, mais également en Gaule ( la bisexualité gauloise a été abondamment référencée par les voyageurs et historiens de l’époque..)

    Arrive, au final, la christianisation officielle ( politique. ) de l’Empire Romain par Constantin ( par opportunisme) et l’emprise idéologique totale du Christianisme ( à l’exception de Julien dit l’apostat) ; nous assistons alors à l’arrivée d’une code civil, pénal, moral etc…totalement théocratique et paulinien, mis en place de force par les empereurs Théodose, simultanément avec une persécution féroce des homosexuels ( des méfaits dogmatiques de l’homosexualité refoulée, comme celle de Paul de tarse, mais Juvenal en parle également à propos de vielles tribus de stoïciens anti femmes) pour finir avec l’édit de Justinien ( début du 2e siècle) qui bannit, sous peine de mort, l’enseignement de la pensée « païenne », c'est-à-dire grecque ( avec fermeture de toutes les écoles néoplatoniciennes, ce qui provoque l’exil de tous les intellectuels, en particulier vers la cours de Perse, ravie de les accueillir…) : la théologie politique s’est donc totalement substituée à tout le reste ; la persécution violente des sexualités « déviantes » est devenue norme légale.
    Les prescriptions anti sexuelles, donc anti homosexuelles, sont largement répétées dans l’ancien testament, mais les juifs n’ont jamais essayé d’imposer leur code moral à d’autres

    RépondreSupprimer
  7. réactionnaire16 juin 2016 à 13:13

    Deuxième partie

    Les normes puritaines antisexuelles et anti homosexuelles résultent donc toujours, sous nos latitudes, d’une théologie monothéiste totalitaire et prosélyte : les deux candidats sont donc christianisme politique ( qui reste un quasi oxymore aux USA) et islam politique ( ce qui est un oxymore partout et de tout temps, sauf au sein de quelques sectes musulmanes ultraminoritaires et mal vues..)

    Il n’est donc nullement étonnant de voir tous ces républicains US « bibliques », dont la moraline calviniste n’a guère évolué depuis le May flower, incapables d’énoncer clairement : ces personnes ont été tuées parce que, précisément, elles étaient homosexuelles.

    Effectivement, christianisme biblique et Islam, même combat ; ceci qui explique particulier l’attitude de ce bigot mégalomane d’Obama, sorte de miroir déformant de Bush entre parenthèses, qui, de plus, nous joue son abandon paternel, le conduisant à des attitudes que le grand Aimé Césaire aurait pu qualifier de « larbinisme » ; plus généralement, les complaisances incroyables d’hommes et de femmes politiques vis-à-vis de cette conquête théocratique ne peuvent s’expliquer que par identification ( « nos ancêtres chrétiens, eux aussi, ont été persécutés etc etc et au fond nous sommes toutes et tous issu(e)s de la réligion du Livre Bla Bla Bla… »).
    Cruz ou Clinton ( la desperate housewife méthodiste), Bush ou Obama, ne valent pas mieux l’un(e) que l’autre : conceptions caricaturales du bien et du mal ( type disney), croyant refaire l’Iliade et l’Odyssée quand il ne conçoivent que Star Wars

    Pour résumer, l’Islam prend actuellement la place du christianisme politique primitif de l’antiquité, et rentre donc en concurrence directe avec les puritains moralistes bibliques à l’américaine , mais avec un effet de miroir identificateur…donc blablabla « tolérance et religions de paix », « liberté religieuse » ( quitte à sacrifier les libertés individuelles qui deviennent « subsidiaires » etc..)

    Le cas de la France est unique, car la France est le pays par excellence de la philosophie athéiste, je veux dire par là le pays ou de grands littérateurs et philosophes ont écrit sur l’athéisme, de Molière ( son Don juan est le portrait du grand aristocrate athée du 17 e siècle) à Camus ( et « l’absurde ») en passant par Sade ( l’athéisme radical) : je pense que c’est là que réside la raison des attaques systématiques, avérées ou doucereuses, contre la « Laïcité à la Française » ; ces attaques sont loin de n’être que celles de fanatiques musulmans, mais sont tout à fait présentes chez les bigots français ( ah ! la bien pensance des rédacteurs du Monde) et externes ( les pays nordiques et germaniques, pays tout à fait théocratiques mine de rien, voudraient bien que la France « ouvre » sa laïcité )

    Au fait, la Laïcité ?
    Abandonnons toutes les représentation quasi religieuses du terme laïcité.
    La Laïcité est un projet et une action politiques ayant un seul « mantra » :
    « Laïcité »= « Pas de Théocratie »
    Et cette définition en creux suffit, à mon avis, à la caractériser entièrement.

    Donc Trump.
    Je me le représente comme une sorte de « bête des marais », couvertes d’algues et de boues suspectes, Shaman cynique et railleur, païen paillard, surgissant au beau milieu d’un temple évangéliste rempli d’hommes et de femmes vêtus de noir, proprets, coincés, et absorbant les niaiseries du pasteur local ( au moins, chez les cathos, il y a des prêcheurs érudits de haute culture, de même chez les juifs) :
    Puis je avouer que son côté « salisseur du puritain » me réjouis ?

    Donc Sanders également : le vois comme un « scholar » américain, ou comme un universitaire humaniste de la vieille Europe, s’opposant à Bismarck

    Ces deux là rappellent, au delà de toutes les analyses ou pseudo analyses socio économiques, qu’une certaine réalité existe.


    RépondreSupprimer
  8. réactionnaire16 juin 2016 à 14:00

    Erratum

    l’édit de Justinien ( début du 2e siècle)
    Non, début du 6e Siècle

    RépondreSupprimer
  9. réactionnaire16 juin 2016 à 14:03

    encore un erratum
    Vite, un coup de Saint emilion!
    les deux candidats sont donc christianisme politique ( qui reste un quasi pléonasme( et non oxymore) aux USA) et islam politique ( ce qui est un pléonasme ( et non oxymore) partout et de tout temps, sauf au sein de quelques sectes musulmanes ultraminoritaires et mal vues..)


    RépondreSupprimer
  10. On pourra lire aussi :
    TOUT PARADIS N'EST PAS PERDU Chronique de 2015 à la lumière de 1905 de Jean Rouaud (Grasset & Fasquelle, 2016)
    et JÉSUS selon MAHOMET de Gérard Mordillat et Jérôme Prieur (Seuil/Arte, 2015)

    RépondreSupprimer
  11. Prenons garde que la laïcité ne serve des actes ignobles : sitôt les villes conquises par le Front national aux dernières municipales, les élus se sont dépêchés d'imposer le menu unique dans les cantines scolaires sous couvert de légalité républicaine quand il était gros comme une maison que la justification servait de masquant à des convictions moins presentables puisqu'en fait de menu, la question était essentiellement celle du porc servi à tous les enfants sans distinction de croyance, et non celle du brocoli ou du topinambour qui n'ont pourtant pas que des adeptes.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Certes mais pourquoi leur laisser à eux seulement de parler de laïcité ? Aucune prescription religieuse à l'école.

      Supprimer
    2. L’État français est neutre en matière de religion et il n'y a bien sûr aucune prescription religieuse dans l'école publique (gratuite, obligatoire et laïque).
      Aussi est-il question ici de la sensibilité religieuse que pourraient avoir certains enfants, à quoi contrevient l'obligation pour tous de manger du porc.
      C'est l'enseignement qui doit être laïque, ce sont les programmes, les enseignants et les bâtiments d'enseignement public.
      Les enfants eux n'ont pas à être laïques. Ce sont des personnes avec des droits (notamment le droit au respect) et aussi des devoirs.

      Ce qui est dénoncé plus haut, c'est la tromperie, l'hypocrisie du FN qui, sous prétexte de laïcité, bafoue les croyances des enfants de religion musulmane. Les blesse donc dans leur dignité.

      Supprimer

ouverture du feu en position défavorable