jeudi 30 juin 2016

Plein emploi (de la mélancolie)

On a déjà parlé plus bas de ce recueil mais décidément il nous hante. Impossible de l'ouvrir sans tomber sur des vers qui font écho en nous durablement. Peut-être aussi est-ce parce que ce recueil ne peut être lu sans faire abstraction de son caractère posthume, ce qui lui donne cette résonance propre aux voix chères qui se sont tues...


ceux qui sont morts dans mon enfance
connaissaient les chevaux de bois
les jeudis d'été les vacances
dans les terrains vagues l'émoi

du premier voyage en tramway
du premier baiser sous le mai
du piano dans les cinémas
de la cocagne en haut du mât

Jean-Claude Pirotte, Plein emploi (Castor Astral, 2016)

4 commentaires:

  1. Je le commande derechef.

    Merci Jérôme.

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  2. "et des dames qui bavardent
    dans les provinces à l'église
    tandis qu'au cabaret les vieux
    se fixent entre quatre-z-yeux

    ceux qui sont morts quand je suis né
    je suis devenu leur aîné"

    quand j'ai acheté le recueil le libraire avait inscrit sur le petit carton de présentation: "PIROTTE, l'indispensable!"
    on ne saurait mieux dire.

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  3. J'étais resté sur Portrait craché,un récit ô combien émouvant. Mais là, je vais devoir me mettre à la page..

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  4. par ailleurs non la décadence
    est dans mes os est dans ma trogne
    de ma pomme je croque le trognon
    je fais des vers comme un cadavre en transe

    il est temps que je me déride
    sous ma peau on creuse le vide
    et dans ma carcasse la moelle
    suinte comme les Saintes Huiles

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ouverture du feu en position défavorable