mercredi 4 mai 2016

Paul Lafargue: la joyeuse partouze.


Paul Lafargue, mon marxiste préféré qui n'était pas le préféré de Marx quoique son gendre,  et qui a eu le courage romain de se suicider  pour éviter le naufrage de la vieillesse, n'est pas seulement l'auteur du Droit à la paresse, si mal compris aujourd'hui puisque la paresse dont il parle est en fait du temps libéré pour la vraie vie. 
Il a aussi une oeuvre abondante dans laquelle on trouve cette intéressante adresse aux travailleurs de France, intitulée "Socialisme et patriotisme"  qui date de janvier 1893. Lafargue est alors député de Lille, sous l'étiquette du Parti Ouvrier Français qu'il a fondé avec Jules Guesde.
Extrait:
"On ne cesse pas d'être patriote en entrant dans la voie internationale qui s'impose au complet épanouissement de l'humanité, pas plus qu'on ne cessait à la fin du siècle dernier d'être Provençal, Bourguignon, Flamand ou Breton, en devenant Français.
Les internationalistes peuvent se dire, au contraire, les seuls patriotes parce qu'ils sont les seuls à se rendre compte des conditions agrandies dans lesquelles peuvent et doivent être assurés l'avenir et la grandeur de la patrie, de toutes les patries, d'antagoniques devenus solidaires.
En criant Vive l'Internationale ! ils crient Vive la France du travail ! vive la mission historique du prolétariat français qui ne peut s'affranchir qu'en aidant à l'affranchissement du prolétariat universel !"

Cette articulation, héritée de la Révolution Française, entre le particulier et l'universel, voilà ce qui me différencie fondamentalement de certains copains souverainistes. Et aussi ce qui fait la différence fondamentale entre la mondialisation et l'internationalisme, entre l'effacement uniformisé des nations et la partouze joyeuse que sera leurs rencontres toujours renouvelées dans le matin profond du communisme enfin réalisé.