vendredi 20 mai 2016

Exergues possibles pour des mémoires désobligeants, 60

"Attention à la gaieté. Je me méfie de cette douce euphorie qui, après un dur départ, saisit un écrivain au bout de deux ou trois chapitres et qui lui fait marmonner des choses comme: "Tiens, tiens, la mécanique s'est remise en marche!" -"Tiens, tiens, ça repart.". Phrases modestes de mécanicien, certes, mais parfois suivies de: "Tiens, tiens, je ne serai pas obligé de me tuer." (Phrase plus lyrique mais parfois vraie.) C'est ainsi que déraille le créateur, se distinguant, par cette dissonance de ton, de ses camarades de classe, les autres humains."

Des bleus à l'âme de Françoise Sagan

4 commentaires:

  1. J'aime bien aussi ça, de Sagan, sur les écrivains:
    Un écrivain doit ou ne doit pas s’intéresser à la politique. Il est libre. S’il se sent concerné par certains problèmes, il le fait, - logiquement. S’il se sent uniquement préoccupé de questions esthétiques, il ne le fait pas, c’est tout. L’écrivain est un animal sauvage, enfermé avec lui-même. Il regarde – ou pas – en dehors de sa cage, cela dépend du temps qu’il trouve. Florence

    RépondreSupprimer
  2. Drôle, c'est un de mes préférés, suite aux "Château en Suède", volume II, dans cette atmosphère déliquescente de la grande bourgeoisie "gégauffienne".

    RépondreSupprimer
  3. Au fait, dis-donc, et corrige-moi ça tout de suite, c'est "DES bleus à l'âme", pas LES. J'ai eu un doute soudain, mais la couve le prouve.
    Si on était freudien, on se perdrait en conjectures… Heureusement pour toi qu'on est seulement nihiliste.

    RépondreSupprimer

ouverture du feu en position défavorable