vendredi 22 avril 2016

Nantes ne lâche rien


A quelques kilomètres de la maison de Julien Gracq, nous allons partir pour le Festival Mauves Noir qui était le partenaire de notre résidence.
Notre seule sortie fut, depuis une semaine, pour une rencontre au restaurant social Pierre Landais, au coeur de l'Ile de Nantes. Le choc fut salutaire avec le calme de la Thébaïde de Saint-Florent. Pas seulement parce que nous avons rencontré dans ce lieu des gens dont la vie a été ou est difficile, et même un peu plus que ça. Cela ne les a pas empêchés d'ailleurs de parler de l'écriture et de la littérature avec une finesse et une foi que pourraient leur envier bien des spécialistes ou des petits  marquis et des petites marquises du milieu. 
Non, ce choc là, nous le connaissons bien.
En revanche, sur l'Ile de Nantes, ce jour-là, le 20 avril, c'était manif. Comme d'habitude, serais-je tenté de dire tant cette ville s'illustre par l'opposition radicale de sa jeunesse aux lois qui achèvent de détruire les vies ou aux constructions pharaoniques d'aéroports, preuves par l'absurde d'un système à l'agonie voulant se donner l'illusion que son mode délirant de production et de croissance pourra encore continuer indéfiniment. 
Il y a d'abord eu la découverte en bus depuis la gare de cette partie de l'Ile de Nantes que je ne connaissais pas. C'est le far west de la gentryfication, avec des immeubles qui poussent comme des champignons pour CSP++ au milieu des usines en friche aux toits dentelés comme les dessinaient les enfants du monde d'avant quand ils en voyaient encore. D'ailleurs le restaurant sera bientôt obligé de bouger, avec ses usagers qui ne font pas beau dans le décor. Au mieux d'être reconstruit sur site après un temps indéterminé.
Pour la manif,  vu le nombre d'hélicos (spécialité nantaise avec le Petit Lu, ils balancent aussi des lacrymos en altitude)  et de fourgons de CRS, ça a été chaud. Ce que j'ai deviné d'une souricière bien organisée et d'autres choses effrayantes, j'en reparlerai ailleurs et autrement. Je vous livre juste ma conclusion: on va vitupérer les affreux casseurs. Je voudrais être un type responsable, condamner les violences, toussa. Mais pourquoi, désormais plus que jamais,  suis-je convaincu d'une seule chose? Il y a moins de violence chez le pire des casseurs que dans le discours de chantage,  cette semaine, de Pierre Gattaz. Ou sur la gueule de Macron et de Valls.

1 commentaire:

  1. Suis en train de lire DANS LE DÉSORDRE récupéré hier chez mon dileure habituel...

    ***

    DEMAIN

    La révolution bondira
    De jardin en jardin
    De livre en livre
    Et à la fin
    Nous nous retrouverons tous
    Sur les terrasses de Babylone
    Dans les fleurs et le claquement des drapeaux rouge et noir
    A boire joyeusement
    En regardant au loin
    Les ruines désertiques
    Du monde spectaculaire marchand.

    Jérôme Leroy, De jardin en jardin

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ouverture du feu en position défavorable