lundi 29 février 2016

Un quart d'heure d'intelligence pure.

1988. On l'avait vue en direct, à l'époque. Annie Le Brun comprend pleinement le désastre en cours, un désastre politique, esthétique, éthique. Ce que nous vivons chaque jour le confirme, et de plus en plus.
"Des gens aussi différents que Marguerite Duras, Tapie et Bonnefoy sont entrain de vous dire, chacun à leur manière, que le rêve est dépassé"
"Actuellement, on vit une époque où il y a une haine contre tout ce que représente la poésie"
"Où est la révolte devant l'immensité des désirs que chacun porte en lui et le peu qu'il y a vivre? La poésie c'est ce qui permet de conjurer ce malheur"
"On ne veut plus beaucoup du lyrisme, parce que le lyrisme c'est le corps."
"Il faut savoir qu'il existe des époques sans poésie."
Plus que jamais, le lien politique, symptomatique, qu'elle établit entre la disparition de la poésie et la disparition de l'utopie,  sa criminalisation, est comme on dit d'une singulière actualité.