jeudi 4 février 2016

Ortograf monku

1°Moi j'avais toujours 20 sur 20 dans les dictées et ça ne fait pas de moi un type moins con que les autres.
 
2°J'ai enseigné vingt ans en ZEP où régnait la dysorthoghraphie la plus totale.
 
3° Cela doit faire cent ans que Portugais et Espagnols ont simplifié leur orthographe en prenant des mesures similaires, ce qui n'a appauvri ni leur langue ni leur littérature
 
4°C'est l'Académie Française qui est à l'origine de la réforme, il y a vingt ans, et aux dernières nouvelles, ce n'est pas une assemblée de punks.

5° Des syndiqués prennent de la prison ferme en ce moment-même.
 
Alors comment vous dire, les pleureuses néo-réacs, vos couinements et vos vapeurs sur la question, vous vous les taillez en pointe et vous vous les enfoncez bien profond. Et je suis parfaitement conscient du côté très Lautréamont de la métaphore qui précède.

22 commentaires:

  1. Du moment qu'on n'appauvrit pas le langage ... Oh hé Inbon !

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  2. Bernard Grandchamp4 février 2016 à 16:47

    Cher Jérôme Leroy,
    Pour faire court, car passer d'"orthographe" à "ortograf" c'est toujours ça de gagné, j'ai la faiblesse de croire que lorsque les "syndiqués" seront définitivement devenus des "sindikes" ils prendront davantage de prison ferme... 😞

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    1. Je me souviens des seins d'Iqué. On ne savait pas d'où elle venait mais elle se manifestait lors des promenade sur la grève ...

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  3. Je peux te dire qu'à l'heure actuelle il n'y a pas qu'en ZEP que règne la dysorthographie la plus totale. 

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  4. Quoi ? L'académie n'est pas une assemblée de punks ? On m'aurait menti alors!

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  5. Certes Jérome (sans circonflexe?), mais "nénufar", c'est moche à lire. Alors que "nénuphar", c'était quand même beaucoup plus beau, non ? Moi, j'aurais même rajouté un "e" ("nénuphare").

    Et puis franchement, encore une mesure qui va être autant utile contre les fautes d'orthographe que la déchéance de nationalité contre les kamikazes.

    fonzi (plutôt old school sur ce coup là)

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    1. Le circonflexe ne disparaît (si on veut) que sur le i et le u. Sur le u, ya des cas où pas (conjugaison et homonymes obligent).

      Mais ce que j'aime ce sont ces accents en jaune de Jérôme, sur la couverture noire de Loin devant !

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  6. Sans aller rameuter Lautréamont, ce qui me fait doucement rigoler, ce son seu ki écrive Kom sa et qui associent orthographe, politique, islamisation etc etc. Bref les habituels trous du cul
    hugh

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  7. Je n'ai pas de religion sur la réforme orthographique.
    Sauf que décider de l'appliquer de but en blanc sans avoir auparavant formé les instits et les profs de français, ça va être un joyeux merdier...

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  8. "Il n'y a pas de certitudes, même grammaticales".

    La mini-réforme de l'Académie en 1990 était une prescription pour les faiseurs de dictionnaires. Normal que des éditeurs de manuels scolaires s'en emparent. M'est avis que les profs seront les premiers en difficulté ..

    Rappelons qu'en France aucune contrainte légale ne pèse sur l'emploi privé de la langue, et donc sur l'orthographe, et que l’État n'intervient sur l'usage individuel que dans le cadre de l'enseignement - où s'impose à juste titre la norme scolaire.

    Quant à nénufar, le mot avait cette orthographe dans le dictionnaire de l'Académie de 1878, celui qu'a connu Proust :)

    Proust qui écrivait à Mme Straus:
    "(...) Les seules personnes qui défendent la langue française sont celles qui l'attaquent. Cette idée qu'il y a une langue française, existant en dehors des écrivains et qu'on protège, est inouïe. Chaque écrivain est obligé de se faire sa langue, comme chaque violoniste est obligé de se faire son "son".(...)"

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  9. La règle actuelle de l'accord en genre et en nombre avec son objet direct, du participe passé d'un verbe conjugué avec "avoir" lorsque ce complément est situé avant le verbe (et qu'aucun écrivain n'est obligé d'appliquer), a été explicitement avancée par Clément Marot, en imitation de l'italien qui lui paraissait la langue modèle et elle n'avait, en principe, aucune raison d'être suivie par tout le monde.
    Or l'école républicaine a fini par l'imposer à tous, trois siècles après que Marot l'eut exposée dans une strophe de ses Épigrammes, la proposant par jeu savant aux lettrés de son temps dans l'entourage de Marguerite d'Angoulême.
    Voici cette strophe, dans l'orthographe du grand éditeur lyonnais Jean de Tournes, en 1558:

    Nostre langue ha ceste façon,
    Que le terme qui va devant,
    Volontiers regit le suivant (...)
    Il faut dire en termes parfaits,
    Dieu en ce monde nous ha faits :
    Faut dire en paroles parfaites,
    Dieu en ce monde les ha faites.
    Et ne faut point dire en effect,
    Dieu en ce monde les ha fait :
    Ne nous ha fait pareillement,
    Mais nous ha faits tout rondement.

    (tirées toutes ces remarques de l'excellent livre de Pierre Encrevé et Michel Braudeau "Conversations sur la langue française", Gallimard, 2007)

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    1. Commentaire pertinent et avisé. Bravo! Mais ne dit-on pas plutôt que "trois siècles après que Marot l'eut exposée " , trois siècles après que Marot l'a exposé ?

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    2. Ce commentaire "pertinent et avisé" :) n'est pas de moi mais des linguistes que je cite, Nuageneuf.
      Quant à l'emploi du passé composé plutôt que du passé antérieur:
      - non, si l'on considère qu'on a deux passés (l'école a fini par l'imposer/après que Marot l'eut exposée) dont l'un est antérieur à l'autre. Marot c'est le passé du passé :)
      - mais oui, parce qu'avec le passé composé on a un pied à la fois dans le présent et dans le passé et au fond c'est ça qui a lieu : Marot est toujours là.

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  10. oui, bien sûr! on peut alors écrire; "la garde des seaux a démissionné" voire "la garde des sots a démissionné"...
    désolée, Jérôme mais je suis définitivement une "pleureuse néo-réac" sur le sujet; j'assume :)

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    1. Le démuni, Elise, écrira plutôt La garde des so ou des ço (le smartphone étant prescriptif :)

      Ce qui me dérange (outre la féminisation des titres et fonctions :), c'est qu'on n'enseigne pas l'histoire de l'orthographe. Son histoire permettrait de comprendre que l'orthographe n'est pas inscrite dans le marbre.
      Je pense que c'est à la portée de TOUS, à condition qu'on en ait la volonté politique et la volonté humaine tout court.
      Détruite l'histoire de la langue par des réformes qui aboutiraient à une transcription phonétique serait le pire qu'on puisse infliger à l'humanité, chaque mot portant toute son histoire, comme on emmène avec soi, compilées dans un coin de son cerveau, toutes les phases qui nous ont conduit jusque-là.

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  11. Vous écrivez "qui nous ont conduit jusque-là"
    Nous écririons : qui nous ont conduits jusque-là

    ;)

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  12. C'est le singulier, nuageneuf :
    comme on emporte avec "soi", je parle de chacun de nous, donc pas d's, même si nous sommes chacun plusieurs.

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  13. amie chèle,

    Ah! mais c'est kon a des préoccupations, nouzotes deux; non mais des fois !
    Le nuage digère votre rectif., réfléchit, cherche et va revenir. Notre débat, à defaut de nos ébats ets de la plus haute importance.

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  14. En fait Nuageneuf, cette dernière phrase "comme on emmène avec soi...qui nous ont conduit jusque-là" sur laquelle vous achoppez, n'est pas de moi mais d'un écrivain. J'aurais dû mettre les guillemets, c'est ma faute ma très grande faute.
    Pourquoi j'ai piqué la phrase d'un écrivain ? parce qu'elle disait exactement. J'ai la faiblesse de penser que seuls les écrivains renouvellent la pensée (parce qu'ils renouvellent la langue).
    Et voilà pourquoi ça vous remue le cerveau, parce que cette façon de dire on n'a pas l'habitude.
    Ce n'est pas de la parole, du blabla, c'est de la littérature.

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  15. J'entends bien Michèle. Je suis toujours entrain de chercher et cette phrase - fût-elle d'un écrivain - interpelle ... (au niveau du vécu s'entend, comme on dit dans le poste.)
    Bien des écrivains connaissent des difficultés d'ortograf, bien des correcteurs aussi. Demandez à notre distingué hôte !
    Jusqu'au revoir avec ma réponse sur ces pages qui nous accueillent si courtoisement!

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  16. Merci au maître des lieux bien entendu . Et je ne poursuivrais pas cet échange s' il n'y était question de langue. Quant à la phrase en question elle ne saurait bouger d'un iota et la grammaire y est au service d'une pensée. Jean Rouaud sait ce qu' il fait quand il écrit et je sais ce que je lis. Et libre chacun bien entendu de lire et interpréter comme il l'entend.
    Encore une fois il s' agit de littérature :)

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  17. Fin du débat: comme indiqué dès le début, il s'agit d'une simple question basique de COD. Donc il est impératif d'accorder "conduit" avec le sujet "nous" et donc d'écrire "conduits" avec un S.
    (On peut à l'extrême rigueur considérer que le "nous" est un nous dit "de modestie", et donc ne s'accorderait pas...Mais bon....)
    Et pour le COD, le lien toujours utile :
    http://www.etudes-litteraires.com/grammaire-accord-participe-passe.php

    Amitiés à toutes et à tous et encore merci à Jérôme Leroy d'avoir si courtoisement abrité nos ébats grammaticaux.

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