vendredi 12 février 2016

L'Orange de Malte, un retour

Il me semble que c'était dans une autre vie. J'avais écrit ce premier roman, le temps d'un service militaire de rêve, à Coëtquidan. 
J'avais vingt trois ans quand je l'ai commencé et mené à bien. J'avais une machine à écrire Olivetti Baby, il me semble. Cela m'a pris une petite année, à la paresseuse. On me facilitait la vie, il faut dire: nourri, blanchi, logé pendant douze mois. Une fois données mes cinq heures de cours hebdomadaires et après avoir fait joujou avec les Mac 50 et les Famas au stand de tir (ne jamais laisser le monopole des armes à la bourgeoisie), j'avais tout mon temps à moi. 
L'Orange a paru en février 90, autant dire il y a vingt six ans jour pour jour. Moi qui ne me relis jamais une fois mes livres publiés, j'ai bien été obligé. 
J'ai retrouvé un jeune homme néo-hussard, comme on disait à l'époque. Goûts de "droite" et idées de gauche, déjà. Il aimait les filles, l'alcool et les paysages comme Toulet, qui est cité. Mais qui n'est pas cité dans ce roman qui était le Bottin Mondain de mes dilections à vingt ans? Finalement rien n'a changé, sauf l'époque qui est plus dure même si Kléber, le héros insouciant de L'Orange de Malte, distingue assez bien, je trouve, les prodromes de la catastrophe qui se déroule sous nos yeux, depuis quelques temps déjà.
La présente édition, due à la passion étrange et flatteuse d'Emmanuel Bluteau de La Thébaïde pour ce roman, est augmentée d'une préface de mon petit frère Sébastien Lapaque et d'un dossier où l'on trouvera ce que la critique avait dit à l'époque et aussi une lettre de Michel Mohrt qui m'avait fait bien plaisir.
Si les éditions de la Thébaïde sont référencées chez les libraires, il vous faudra néanmoins commander ce livre si, par hasard, découvrir comment tout a commencé pour votre serviteur vous intéresse.
A partir du 15 février.