lundi 29 février 2016

En attendant le 9 mars: que leur vie et encore tout juste.

Si "choc des civilisations" il y a, c'est entre la loi sur le Travail et le monde qu'elle induit d'une part et, d'autre part, ce qu'est ou était la France et son Etat Providence: loin du socialisme réel encore, mais vivable. Il y a donc assez peu de risques à parier qu'on n'entendra pas les néoréacs, les néocons, les Ménard, les Zemmour qui nous expliquent chaque jour que l'apocalypse est pour hier matin, s'indigner cette fois sur des apprentis de 15 ans qu'on se propose, à l'occasion de faire travailler dix heures par jour. Sauf, peut-être, les entendra-t-on brailler sur d'éventuelles "violences syndicales". 
La "panique identitaire", l'"insécurité" qui font leur choux gras et ceux d'une certaine gauche qui ne se rend pas compte du piège,  ( "insécurité", mais jamais dans les rapports de production, vous remarquerez), tout ça, ce sont encore une fois des écrans de fumée, -définition donnée d'ailleurs de l'idéologie par Engels-,  pour masquer la lutte des classes, ou si vous préférez la question sociale, seule réalité tangible de notre temps. "Tant que t'as peur des muzz, et seulement d'eux, tu ne t'occuperas pas du patron.", voilà où l'on voudrait nous faire aller, et seulement là. La question de savoir si les sus-nommés néo-réacs ou néoconservateurs, sont des alliés objectifs ou des idiots utiles de l'asservissement en cours par le néo-capitalisme est, somme toute, secondaire.
Il faut juste garder à l'esprit que la seule vraie menace qui pèse sur le peuple, sa vie, ses moeurs, ses paysages, sa santé, son bonheur, ici et maintenant, ce n'est pas je ne sais quel Grand Remplacement de mes deux théorisé par un Renaud Camus qui est passé de Barthes à Maurras en un demi-siècle. C'est le retour au capitalisme pur et dur,  tel que le définissait Engels, toujours lui,  dans La situation des classes laborieuses en Angleterre (1844) que j'avais eu le plaisir de préfacer il y a quelques années pour la collection Mille et une Nuits: "Il en résulte aussi que la guerre sociale, la guerre de tous contre tous, est ici ouvertement déclarée. (...)Les gens ne se considèrent réciproquement que comme des sujets utilisables; chacun exploite autrui et le résultat c'est que le fort foule aux pieds le faible et que le petit nombre de forts, c'est-à-dire les capitalistes s'approprient tout, alors qu'il ne reste au grand nombre des faibles, aux pauvres, que leur vie et encore tout juste."
Alors le 9 mars, ne nous laissons pas avoir par la manoeuvre dilatoire de Valls qui recule de quinze jours l'examen par l'assemblée de son projet de loi: grève générale dans leur face!
Vite et fort.