vendredi 8 janvier 2016

La guerre, mon cul.

C'est paradoxal, tout de même: ce sont à peu près historiquement les mêmes qui ne voulaient pas que l'on appelle "guerre" la guerre d'Algérie (qui en était une contre une nation en devenir réclamant son indépendance) qui s'empressent aujourd'hui d'appeler "guerre", contre le terrorisme, contre Daesh, etc,  ce qui n'en est visiblement pas une. 
Les événements présents, en effet, s'apparentent d'avantage à l'intérieur à un vrai gros problème de sécurité et, à l'extérieur, aux habituels bombardements néoconservateurs pour s'assurer le pillage des dernières ressources fossiles. Quitte à s'allier avec les pires ordures du coin comme les Saoudiens, eux-mêmes financiers de Daesh. Et le lien logique que le complexe politico-médiatique nous présente entre ces deux "fronts", intérieur et extérieur, revient à confondre la cause et la conséquence.
Je ne suis pas pacifiste, ni munichois, ni même antimilitariste (j'ai fait mon service militaire pour ne pas laisser le monopole des armes à la bourgeoisie, comme on disait au Parti) mais j'aime simplement qu'on appelle les choses par leur nom comme par exemple appeler par leur nom la prochaine constitutionnalisation de l'état d'urgence et la déchéance de la nationalité: un basculement dans un état policier qui renonce au droit du sol pour des raisons de convenances électorales.
C'est mon petit côté cartésien français, ce goût pour l'adéquation la plus grande possible entre le mot et la chose, le signifiant et le signifié.
C'est mon identité nationale, si vous voulez.