jeudi 30 avril 2015

Exergues possibles pour des mémoires désobligeants, 34

"En même temps, il lui vient une certaine nostalgie de l'époque où l'on avait encore le loisir de pourvoir à ce genre de  choses, le changement de numérotation des routes lorsqu'elles franchissent une frontière interdépartementale."
Jean Rolin, Les Evénements (P.O.L, 2015)


1er mai 2008: Frédéric s'en va



Et comme chaque année, le souvenir de Frédéric H. Fajardie (28 août 1947-1er mai 2008) qui fut le parrain de ce salon d'Arras mais avant tout un grand écrivain et un ami formidable.
 

1er mai 2015: colères du présent.

Comme chaque année et comme le savent les habitués de FQG, nous serons au salon de littérature populaire et de critique sociale d'Arras. Avec à onze heures, une rencontre autour du Hammett détective de Syros et de la littérature jeunesse.
Et à quatorze heures, pour changer, un débat sur les soixante-dix ans de la Série Noire.

mercredi 29 avril 2015

Propos comme ça, 22


Je suis un cargo spatial russe

Dans l'histoire du mouvement ouvrier, il faut bien reconnaître qu'on a été beaucoup plus souvent à court de munitions qu'à court d'arguments.

Comment échapper aux snipers? En une semaine tu fais Lille/Eymoutiers/Limoges/Eymoutiers/Lille/Paris/Lille/Roissy/Dublin/Roissy/Lille. En même temps, du coup, tu risques d'être dans le collimateur des barbouzes de la loi sur le Renseignement. Faut choisir dans la vie.

De temps en temps, un puissant ou une puissante est jetée en pâture au public. Mathieu Gallet et son burlingue ou la pédégère de l'Ina et ses 40 000 boules de tacosse en moins d'une pige. Mais pourquoi cette impression qu'on nous prend pour des caves? Qu'on nous occupe avec des petits joueurs pour que d'autres continuent à se goinfrer à l'échelle mondiale en privatisant tout ce qui est privatisable, et même ce qui reste à inventer...

C'est ceux qui ont la honte qui changent de nom ou voudraient bien: UMP, PSG, PS, FN... Le PCF, lui reste le PCF. Parce que communiste français, pour le coup, ça veut dire quelque chose.

Le terminal 1 de Roissy. Toujours ce charme rétrofuturiste et cheap de Cosmos 1999. Ne manquent plus que Barbara Bain et Martin Landau avec pyjamas moulants en lycra beige et on s'y croirait.

On peut accueillir toute la misère du monde.

J'irai cracher sur ma tombe.

"Combien de temps l'optimisme, la liberté, l'égalité, la foi dans le progrès et la perfectibilité, voire l'assouvissement de l'avidité des entreprises et des individus, peuvent survivre aux ressources qui en sont à l'origine? Combien de temps la liberté survit-elle aux richesses? Combien de temps la démocratie peut-elle survivre à l'amenuisement des possibles et à l'élargissement du fossé entre riches et pauvres?" Wallace Stegner (1909-1993), Lettres pour le monde sauvage (Éditions Gallmeister)

lundi 27 avril 2015

Quitter Dublin

Ce que j'ai bien aimé à Dublin, c'est l'hôtel Brooks, les rousses, le Dublin Castle, Sam Millar, le dîner à la Résidence, le temps qui changeait, la bibliothèque du Trinity Collège, ce pont sur la Liffey aussi large que long, les rousses, Pierre Joannon qui m'offre son histoire de Dublin, la lire presque entièrement dans l'insomnie du samedi au dimanche, Chantal Pelletier, la Guinness bue seul dans un pub loin de Temple bar, les rousses, le Jameson hors d'âge de la Résidence, les conversations avec Pierre Joannon à propos de son voisin de villégiature Michel Déon sous l'oeil vigilant, tellement vigilant  d'un auteur de polars qui nous adore Serge Quadruppani et moi, marcher vers Saint-Patrick alors que le soleil revenait,  la pierre tombale de Swift, les rousses, la Guinness bue seul dans un pub avec vue sur Four Courts, les petits déjeuners du Brooks où il s'agissait d'aggraver voluptueusement les facteurs de risques cardio-vasculaires, Pouy en veste, le cochon de lait du dîner à la Résidence, le soleil couchant sur les jardins d'Ailesbury Road, la Guinness bue seul après mon unique débat le dimanche après midi dans un pub près de l'Alliance Française, les rousses, le chauffeur de la navette qui a grillé trois feux rouges pour arriver à l'heure à la Résidence, le prêcheur qui annonçait la fin du monde devant la banque d'Irlande, le côté ni fait ni à faire de la ville, les conversations avec Pierre Joannon sur Morand et Nimier, l'expression "soft day" pour désigner une journée de crachin sans vent, l'idée si civilisée du coup que la douceur soit associée au gris et à la mélancolie, l'antique poste de radio réglé sur une fréquence de musique classique qui m'accueillait dans la chambre 215-autre preuve d'extrême civilisation puisqu'au Brooks on a compris que le seul silence un peu dur dans ce monde est celui que retrouve le voyageur dans une chambre d'hôtel où il dormira seul,  les rousses, dédicacer à Pierre Joannon tous mes livres qu'il avait achetés au fur et à mesure de leur parution depuis L'Orange de Malte, aggraver mon cas aux yeux d'un auteur de polars vigilant, tellement vigilant qui nous adore Serge Quadruppani et moi, les mouettes au dessus de la Liffey qui se moquaient car elles savaient que je n'aurais pas le temps de voir la mer, les rousses, les rousses, les rousses qui ont l'air à peine christianisées et parlent une langue sexy et rauque d'avant l'histoire devant les pubs le soir, comprendre  alors pourquoi Joyce a eu besoin d'écrire Finnegan's wake.
Ce que j'ai bien aimé à Dublin, en fait,  c'est l'envie de retourner à Dublin.

Socialisme et triolisme

Amor de Dominique Forma est un roman noir profondément moral. L’adjectif pourra surprendre puisque son sujet apparent est le triolisme, ou comme disaient nos grands-mères et disent encore les Anglais en français dans le texte, « un ménage à trois ». Il y a Maximilien, il est professeur d’économie à l’ENS de Cachan. Maximilien a la quarantaine relativement entretenue, de vagues idées de centre-gauche et tient un blog un peu suivi par les spécialistes sur les nécessaires réformes qu’il faudrait entreprendre pour flexibiliser le marché du travail tout en restant social. Il ne comprend pas, avec un tel profil, qu’il ne soit pas plus connu et qu’on ne lui demande pas son avis dans les talk shows des chaînes infos. Il y a Camille, sa femme. Elle a l’air très heureuse, elle est directrice des affaires culturelles de Saint-Fargeau-Ponthierry, une jolie banlieue en bord de Seine pour les classes moyennes supérieures. Elle a un projet humaniste et généreux de coopération avec le Mali. À Saint-Fargeau, où le couple vit avec un fils de neuf ans, la vie est douce et ennuyeuse. Au début d’Amor,  la petite famille est en vacances dans l’arrière-pays, sur la Côte d’Azur. Maximilien et Camille ont une sexualité harmonieuse qu’ils savent pimenter pour ne pas fatiguer le quotidien en inventant des scénarios de pornos soft. Chacun fait ce qu’il veut, après tout, et en plus, ils s’aiment.
Puis il y a la rencontre avec Viviane. Viviane est une marginale. Un petit tanagra de vingt ans et des poussières qui vit de la vente à la sauvette d’objets rapportés d’un voyage en Inde. Quand Maximilien, -on ne se refait pas-, défend Camille contre de petits caïds qui veulent garder leur monopole sur les plages, elle tombe littéralement amoureuse du couple qui, presque naturellement, l’invite dans le lit conjugal où tout se passe très bien. Dominique Forma nous décrit leurs ébats avec précision et délicatesse. On se dit que ça ne pourra pas tourner mal, une telle harmonie.
C’est compter sans Alain Delgado, grand économiste médiatique, conseiller des Princes et chouchous des plateaux télés qui s’intéresse soudain à Maximilien et voudrait en faire le candidat aux élections municipales de Saint-Fargeau. Viviane devient soudain gênante et elle est virée du couple sans trop de ménagements. La machine infernale est en place et la peinture sans concession, discrètement ironique d’une certaine bonne conscience sociale-libérale va virer à la tragédie. On laissera découvrir comment au lecteur. Qu’il sache juste que Dominique Forma est aussi à l’aise pour décrire les arcanes d’une campagne électorale que la faune des Puces de Clignancourt et son marché Malik. Qu’il rend à merveille la manière dont des milieux sociaux se côtoient sans plus jamais se croiser sauf pour se heurter dans une forme de lutte des classes qui passe par la sexualité, entre autres. Mais une lutte des classes sans conscience, ce qui la rend encore plus sournoisement violente.
Si Amor est une parfaite réussite sur la France des années 2010,  sur la fausse émancipation de sa bourgeoisie « progressiste », sur ses marges oubliées qui se débattent dans une économie de survie, sur les démons noirs qui rôdent dans les sexualités prétendument affranchies et les discours politiques prétendument modernes, c’est qu’il ne démontre pas. Aucun catéchisme chez cette auteur qui manie l’« understatement » comme d’autres manient une arme de précision: « Observant les vendeurs amorphes, venus du Soudan, du Lesotho et d’ailleurs, Maximilien pensa aux dégâts causés par les puissances européennes durant le vingtième siècle. Il se sentait un peu coupable, comme tous les néosocialistes, l’instant d’après il effaça cette idée, il avait la gorge sèche, il faisait soif. »

Amor de Dominique Forma (Rivages/Thriller)
(paru sur Causeur.fr)

Sauf dans les chansons dans le Point: merci Patrick Besson!

On remercie Patrick Besson, qu'on lit depuis toujours, de nous avoir consacré sa chronique du Point de cette semaine. c'est amusant, comment les autres vous voient, parfois. Mais comme c'est élogieux de bout en bout, on ne fera pas la fine bouche sur quelques erreurs biographiques et sur la vision de mon positionnement politique, car comme Besson le dit lui-même, et en termes plus choisis: au bout du compte, on s'en fout.

mardi 21 avril 2015

Le petit, tout petit président....

Qu'il soit de droite est une chose. 
Qu'il compare le FN au PCF des années 70 en est une autre. Il n'y aura décidément pas de réconciliation ni d'accommodement possible avec ce PS là, qui est par ailleurs en train de mourir de sa moche mort.  
Lui rappeler quoi à ce type absolument dépourvu de grandeur, de classe, qui ne boit pas de vin et ne lit pas de romans, qui parle un français approximatif, post-spectaculaire et n'est que le gestionnaire interchangeable des politiques austéritaires? Qu'entre l'extrême-droite et le PCF, il y du sang? C'est peine perdue. Lui expliquer que c'est son bilan qui est le principal fourrier du FN? Il le sait, il mise même là-dessus pour sa réélection hypothétique, ce machiavel en playmobil car le FN ne fait que servir l'ordre qui existe pour discréditer toute alternative crédible.
On pourra, même si on n'est pas communiste mais simplement un peu sensible encore aux sens des mots et à la plus élémentaire cohérence mentale, signer la pétition ici.

Et puis après, on oublie le petit président parce que c'est le matin de printemps sur Eymoutiers, le bleu, la Vienne, la Collégiale et les collines...

Merci Gérard Guégan!

 C'est toujours un plaisir d'être autopsié par Gérard Guégan.

samedi 18 avril 2015

Eymoutiers, une heure du matin.

Voilà une ville avec un bon esprit. On a vu ça en revenant d'une belle rencontre à la librairie Passe-Temps, qui vaut le détour comme on dit dans les guides. 
Ce charmant graffiti est à quelques dizaines de mètres d'un autre, historique celui-là: "Pas de foin pour Hitler". Il date de décembre 1942 quand Guingouin à la tête d'un commando de maquisards fait sauter une botteleuse en gare d'Eymoutiers.
Ce soir, on sera en signature à Limoges même, à la Librairie Page et Plume dès 17H30. Viendèze dire bonjour.

mercredi 15 avril 2015

On a causé, ce jour-là, sous les ors de l'Hôtel de ville de Lyon...

Et on peut m'entendre bafouiller ici.

Christian Laborde, surtout dans les chansons

On éprouve un vrai bonheur quand Christian Laborde, ce swingueur définitif, dit qu'il aime notre poésie en général et Sauf dans les chansons en particulier. 

mardi 14 avril 2015

Tombeau pour Percy Sledge


On ne devrait pas le dire
mais bon
la mort de Percy Sledge
nous fait plus de peine
que celle de Grass et Maspero réunis
En même temps on n'a jamais dansé sur
Grass et Maspero
tandis que sur When a man loves a woman
c'est fou ce qu'on a emballé quand on y pense
Et aujourd'hui que sont devenues Camille, Isabelle
Nathalie, Corinne, Catherine et Virginie
Elles ont dix sept ans pour toujours
et leur bras autour de mon cou
et leurs seins beaux comme la jeunesse
Qui effleurent ma chemise en lin
Mais moi j'ai vieilli vieilli vieilli
tellement vieilli
sauf dans les chansons
où un homme aime une femme
sauf dans les chansons 
où chante Percy. 

14 avril 2015
 
© jérôme leroy (fqg)

jeudi 9 avril 2015

Mauves-sur-Loire 2015

Crémieux-Brilhac s'en va: mort d'un Français Libre



Jean-Louis Crémeux-Brilhac vient de mourir à 98 ans. On peut raisonnablement penser qu’il a rejoint la France Libre car celle-ci n’est pas seulement une des périodes les plus glorieuses de notre histoire avec son odeur de poudre et de grand large, de courage et d’aventure et ses capitales provisoires qui s’appelaient Londres, Dakar ou Alger, c’est aussi une donnée spirituelle, une Arcadie heureuse où les guerriers, les résistants, les vrais amoureux du vieux pays, (y compris les internationalistes car ce n'est pas contradictoire surtout quand on est français), peuvent enfin aller se reposer.
Jean Louis Crémieux-Brilhac était né en 1917 à Colombes et avait grandi dans cette France qui croyait que le carnage de 14-18  était la der des der et s’oubliait dans le charleston, le surréalisme et les filles coiffées à la garçonne. Mais Jean-Louis Crémieux-Brilhac ne se fit jamais d’illusion sur le fait que l’histoire est toujours tragique. Rapidement, lycéen, il s’engagea dans la mouvance antifasciste à l’époque où cela voulait dire quelque chose. Issu d’une vieille famille juive originaire de Carpentras, il savait qu’on ne reste jamais très longtemps tranquille dans ce monde-là et comme de surcroît son oncle était le célèbre critique Benjamin Crémieux, il fit assez vite la connaissance de Malraux, lui aussi assez bien renseigné sur le fascisme qu’il n’allait pas tarder à bombarder avec des avions de fortune du côté de Teruel.
Quand la guerre éclate,  Crémieux-Brilhac se bat bien sur la ligne Maginot et ses fortins inexpugnables, ce qui explique qu’il soit fait prisonnier tardivement, le 11 juin 40. Il s’évade par l’Est et se retrouve captif en URSS jusqu’à la rupture du Pacte germano-soviétique. Il rejoint à ce moment la France Libre dès septembre 1941 où il devient chargé de la propagande. Le reste, il le racontera dans une somme, La France Libre (Folio/histoire, en deux volumes) qui fait de lui le témoin engagé par définition, traçant avec précision la frontière complexe entre l’historien et l’acteur. Dans la préface à la dernière édition, il évoque ses discussions avec Pierre Nora, grand spécialiste de cette tension entre mémoire et histoire, qui l’ont conduit à redéfinir clairement son statut d’ « historien témoin » : « Mais, n’en déplaise à Nora, l’historien témoin a un avantage sur le pur manieur d’archives : le fait d’avoir vécu cette histoire et d’en avoir connu les acteurs lui donne une sensibilité particulière à ce que dissimule l’événementiel, en même temps que le souvenir irremplaçable de la tonalité des choses. »
Le grand homme de Crémieux-Brilhac, bien sûr, ce fut de Gaulle. Il trace de lui des portraits à la fois lucides et admiratifs et insiste sur l’aspect miraculeux et héroïque (c’est la même chose) d’une telle figure à un tel moment: « Que cet homme isolé en terre étrangère ait dû, seul de tous les chefs européens en exil, se dresser à la fois contre l’Allemand et contre le pouvoir légal de son pays, qu’il ait eu non seulement la vocation mais la capacité, dans son exil, de relever et de rallier la nation défaite − qui ne le connaissait que par sa voix − afin de la hisser avec lui au rang des pays vainqueurs, tient en effet du prodige. »
À l’époque où ça pétainise dans la presse d’extrême droite et où, en revanche, le gaullisme, même en tant que mot, a disparu du champ politique, la disparition de Crémieux-Brilhac dont la longévité était comme une garantie contre l’amnésie, est une mauvaise nouvelle. En exergue de sa France Libre, il citait le Sertorius de Corneille: « Rome n’est plus dans Rome, elle est toute où je suis ». On relira donc La France Libre, pour savoir où se trouve la France en ce moment, car ce n’est pas évident quand toutes les boussoles, et Crémieux-Brilhac en était une, disparaissent successivement.

Paru sur Causeur.fr

mercredi 8 avril 2015

Art poétique

"Il faut m'astreindre à n'écrire ici que lorsque je suis de bonne humeur, et surtout pas quand je me crois malheureux. Le chagrin rend stupide. Il ne faut pas écrire de stupidités."

Jean-Patrick Manchette, Journal (1966-1974), désormais disponible en Folio.

ADG, encore une fois


Pour célébrer les 70 ans de la Série Noire, une exposition a eu lieu au Salon du Livre. On a demandé à quelques auteurs d'aujourd'hui de parler sur 1000 signes environ du livre d'un aîné qui l'avait marqué. On a voulu dans un premier mouvement se porter sur Nada de Manchette mais Manchette avait déjà été pris par notre copine Elsa Marpeau. Alors, du coup, dans un second mouvement on a tout de suite pensé à ADG et on va encore se faire traiter de réac. Voilà ce qu'on a dit du Grand Môme, donc.

Longtemps, j’ai aimé le néo-polar et Antoine Blondin. Il me semblait que ces deux dilections devaient rester incompatibles. Ce serait soit L’humeur vagabonde soit Le Petit bleu de la côte ouest. Cela m’ennuyait parce que, moi-même, j’aurais bien aimé écrire des romans noirs dans le style de Blondin mais il allait falloir choisir. Jusqu’au jour où je suis tombé, vers dix-huit ans, sur le n°1717 de la Série Noire. C’était Le grand môme d’ADG. Je ne connaissais pas ADG, je ne savais pas que son pseudonyme cachait celui d’Alain Fournier, (eh oui !), ce qui expliquait le calembour-hommage du titre. Dès les premières lignes, j’ai compris que la miraculeuse synthèse était là : « C’est parce que le moteur de sa vieille Ami 6 avait craqué dans le milieu de la côte qu’il est entré dans notre vie, avec cet air naturel du migrant qui ne s’embarrasse pas du superflu. » L’élégance soyeuse d’ADG serait désormais pour moi symétrique à celle, glacée, de Manchette. Et Le grand môme cette belle histoire d’amour déçu, avec de la violence, des jeux de mots, des fillettes de vin blanc, de la nostalgie et des paysages…

et puis pour nos aimables abonnés, et en exclusivité, ce cadeau d'ADG: le tapuscrit d'un début alternatif du Grand Môme, justement... 
 

mardi 7 avril 2015

Belle comme une émeutière

Soyons honnête. Comment ai-je pu, à seize ans, préférer David Hamilton à ça? Parce que j'avais seize ans? Ce n'est pas une excuse. Heureusement, avec l'âge vient la sagesse et l'on comprend vraiment que la beauté sera convulsive ou ne sera pas et que la jeune fille avec coquetèle molotov est l'avenir de l'homme.

samedi 4 avril 2015

vendredi 3 avril 2015

Vous viendèze dire bonjour demain chez Gibert?

Ce sera sur les coulisses de la Vème république,  la Série Noire, entre autres.
NB Je sais, la photo a au moins dix ans, mais ça doit-être pour attirer un public jeune, chic et entrainant.

jeudi 2 avril 2015

Exergues possibles pour des mémoires désobligeants, 33

"Toujours ce lys devant la fenêtre
  Comme passe le vent d'été;
  Ce n'est plus le temps de renaître
  C'est celui d'avoir été."
  
  Henri Thomas, A quoi tu penses

mercredi 1 avril 2015

On a parlé au Comptoir.

L'organe central de la jeune gauche antimoderne,  Le Comptoir, par l'intermédiaire de Sylvain Métafiot, nous a interviewé à Lyon. C'est agréable de parler de tout avec des gens intelligents et bienveillants, en fait. En plus, l'icono est parfaite.