mercredi 23 décembre 2015

Christiane, c'est quand tu veux.

Taubira sauve l'honneur, sur une radio algérienne, ce qui ne me défrise pas plus que ça, à vrai dire, contrairement à certains qui pourtant regrettent l'Algérie française (incohérence habituelle chez le larbin raciste et bougnoulophobe). Elle s'oppose en effet à la déchéance de la nationalité pour les binationaux accusé de djihadisme ou pourquoi pas de syndicalisme (c'est la même chose aux yeux de l'état d'urgence). C'est une mesure abjecte moralement et symbolique sur le plan de l'efficacité et, de fait,  d'autant plus abjecte qu'elle est symbolique. Toute l'eau de la mer ne saurait effacer une tache de sang intellectuelle dit à peu près Lautréamont dans ses Poésies.
Le calice de la dérive droitière des socialistes aura donc été bu jusqu'à la lie en cette extrême fin 2015: la voilà, notre Christiane, aussitôt démentie par Hollande qui, aussi bête que fumier, prépare une Constitution autoritaire sur mesure pour son successeur qui sera probablement une ordure sarkolepéniste quelconque, que ce soit le VRP à gourmette ou l'Alessandra Mussolini version Montretout et fricadelle.
Oui, l'année finit en beauté, c'est un vrai carnaval des fumiers.
Christiane Taubira, je l'espère, va démissionner. Le fait qu'elle se soit tue sur l'état d'urgence prouve non pas sa complicité mais sa gêne palpable. Qu'on imagine un autre à sa place: il en aurait fait des tonnes pour aller dans le sens de l'opinion et jouer de sa popularité auprès d'une France droitardisée jusqu'à l'os après deux décennies de discours identitaire se substituant à la lutte des classes, pour le plus grand bonheur du capitalisme en crise systémique.
Moi, si cette grande républicaine, sociale et lyrique, avec une certaine idée de la France veut prendre la tête en 2017 d'un grand rassemblement de la gauche de la gauche, des frondeurs au NPA en passant par les écolos et mon cher et vieux Parti, je lui dis c'est quand tu veux, camarade ministre.  Ne serait-ce que parce ce que je te suis reconnaissant des quelques bouffées d'air que tu as données dans le cauchemar mal climatisé de ce Disneyland préfasciste qu'est devenu la France des années 10.
A demain, Christiane.