mercredi 25 novembre 2015

L'état d'urgence, contre qui?

Nous sommes très heureux d'être dans les premiers signataires de cette pétition à l'initiative de l'ami Serge Quadruppani, connu pour ses romans, ses talents de découvreur et de traducteur, son gigot à la tapenade, et bien sûr sa fiche S, car si tu n'as pas une fiche S à cinquante ans, c'est que tu as raté ta vie.

BRAVONS L’ETAT D’URGENCE, RETROUVONS-NOUS LE 29 NOVEMBRE PLACE DE LA
REPUBLIQUE.

Il n’aura pas fallu attendre longtemps pour comprendre que l’état
d’urgence décrété pour trois mois n’allait pas se limiter à protéger la
population française contre de nouveaux attentats.

Ce week-end, une grande partie de la ville de Sens (Yonne) a été soumise
à un couvre-feu, sans rapport clair avec les attentats. C’est la
perquisition d’un appartement – dont les locataires n’auraient
finalement pas été inquiétés – qui a justifié cette punition collective.
Parmi les 1072 perquisitions nocturnes diligentées hors de tout cadre
judiciaire par les préfets, moins d'une sur dix a abouti à une
garde-à-vue. À Nice, c'est une fillette de six ans qui a été blessée
lors d'une opération de police : les policiers intervenus en pleine nuit
avaient enfoncé la mauvaise porte. Dimanche en Loire-Atlantique, c'est
une caravane de 200 vélos accompagnée de 5 tracteurs qui a été bloquée
par les forces de l'ordre : il s'agissait de dissuader les cyclistes de
rejoindre Paris pour la COP21.

Pendant ce temps, le gouvernement reprend sans scrupules des mesures
promues hier encore par l’extrême droite. Les journaux nous l’assurent :
les sondages confirment l’adhésion massive des Français à cet état
d’exception sans precedent depuis cinquante ans.

C'est une victoire pour daesh que d'être parvenu, avec moins d'une
dizaine d'hommes, à faire sombrer la France dans ses pires réflexes
réactionnaires. C'est une victoire pour daesh que d'avoir provoqué la
mise sous tutelle sécuritaire de la population française tout entière.

Le dimanche 29 novembre, une gigantesque manifestation était prévue dans
les rues de Paris pour faire pression sur les gouvernants mondiaux, à
qui personne ne faisait confiance pour trouver une solution au
réchauffement climatique. Des centaines de milliers de personnes étaient
attendues de toute l'Europe. Manuel Valls, certainement lucide sur le
caractère dérisoire des accords qui sortiront de la COP21, craignait
beaucoup cette manifestation. Le prétexte pourrait être risible : la
foule risquerait d’être la cible d'un attentat – M. Valls jouerait-il
avec le feu en laissant les Français risquer leur vie en faisant leurs
courses de Noël ?  Les moyens le sont moins : ceux qui voudraient
manifester encourent 6 mois de prison. M. Valls va-t-il nous mettre en
prison pour nous protéger des terroristes ?

La proposition que nous faisons, nous savons que dans les circonstances
actuelles nous aurons du mal à la faire entendre. Depuis dix jours, les
écrans ressassent la gloire des “valeurs” françaises. Nous prenons cela
au pied de la lettre. S’il existe quelque chose comme une valeur
française, c’est d’avoir refusé depuis au moins deux siècles de laisser
la rue à l’armée ou à la police. La mobilisation à l'occasion de la
COP21 est un enjeu primordial et nous n'acceptons pas que le
gouvernement manipule la peur pour nous interdire de manifester.

Dimanche 29 novembre, nous appelons à braver l'état d'urgence et à nous
retrouver sur la place de la République.


Premières signatures:
Frédéric Lordon, Directeur de recherche au CNRS
Pierre Alféri, romancier, poète et essayiste
Hugues Jallon, éditeur
Ludivine Bantigny, historienne
Eric Hazan, éditeur
Julien Salingue, Docteur en Science politique
Joelle Marelli, philosophe, écrivain, directrice de programme au Collège
international de philosophie.
Jacques Fradin, Mathématicien, chercheur en économie
Ivan Segré, Philosophe
Nathalie Quintane, Poétesse
Christophe Granger, Historien
Naira Guénif, Sociologue
Serge Quadruppani, écrivain
Joss Dray, auteure-photographe
Jérôme Leroy, écrivain
François Cusset, professeur des universités
Jean-Jacques Reboux, écrivain et éditeur
Thierry Bourcy, écrivain
Yannis Youlountas, cinéaste, écrivain
Caryl Ferey, écrivain
Gérard Delteil, écrivain
Jean-Jacques Rue, programmateur de cinéma, journaliste
Pascal Dessaint, écrivain

5 commentaires:

  1. Les français sont en plein paradoxe; ils claironnent partout leur attachement à leur mode de vie et aux libertés et dans le même temps ils adhèrent massivement à des mesures restrictives de ces libertés; mesures qui dérivent dangereusement; bientôt les pouvoirs spéciaux?

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    1. C'et l'anarcho-fascisme en application ...
      "Moi Je" veut une liberté totale et demande ainsi qu'on bâillonne l'autre. C'est la mentalité Internet, la philo du web, liberté j'écris ton nom sur Facebook sous pseudo !
      Ouin ! Autrui m'a répondu ! Ouin, je lui conteste son droit de répondre car ma liberté d'expression ne souffre pas la contradiction (tu m'étonnes, vu le niveau de ta philo, ya de quoi sérieusement la mettre en branle !)

      Le 29 novembre, c'est le début de l'Avent ...

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  2. Etat d'urgence, oui. Mais le peuple devrait plutôt se trouver d'urgence un Etat.

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    1. ha , c'est bien trouvé , ça
      à ressortir aux emmerdeurs
      vous m'y autorisez ?

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ouverture du feu en position défavorable