mercredi 4 novembre 2015

Dans aucune ville...

Je me demande souvent, quand j'arrive dans une ville inconnue, où se trouve le bistrot dans lequel le jeune homme seul se réfugie pour lire pendant des heures Mandiargues ou Hardellet alors que le reste du monde travaille, sauf les buveurs de comptoir qui n'ont plus besoin de téléphone portable et sont par là-même silencieux. 
Si je le trouvais, ce bistrot, j'y rencontrerais peut-être mon fantôme à 17 ans. Je lui donnerais des conseils pour gagner du temps. Il ne m'écouterait pas et il aurait bien raison. 
Et puis tout le monde sait bien que  les fantômes et plus encore ces bistrots-là n'existent plus, dans aucune ville.


© jérôme leroy 11/15
 

7 commentaires:

  1. Ces bistrots-là existent encore; le monde d'avant n'est pas tout à fait mort.

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  2. Il faut bien perdre son temps, sinon on ne peut plus le rechercher ce temps et c'est un pan de la littérature qui s'effondre ...

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  3. Belle intervention l'autre matin sur France Culture...Pas pu écouter la fin, faut bien aller en classe...

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  4. ...je vous souhaite surtout de trouver le bistrot qui sert de refuge aux jeunes filles lisant Proust

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  5. Le monde d'avant, dont vous parlez plutôt bien, est d'abord la perception de la fin de notre monde sensible, celui qui nous a construit pendant l'enfance et l'adolescence, il marque avant tout notre rapport à notre temps d'existence et ce n'est pas réjouissant.
    Bien sûr la dégradation accélérée de nos conditions d'existence par le capitalisme prédateur est un autre marqueur plus "objectif".
    Mais la nostalgie et la mélancolie qui nous accompagnent ne sauraient ignorer l'absurdité et l'injustice suprêmes : la finitude, la mort, le néant !
    “Entre quatorze et vingt ans, je me suis bricolé une existence avec des mots.
    L'enfance est un piège. S'il n'y avait pas l'enfance, personne n'accepterait de vivre. De mener une vie de con qu'est cette vie d'homme.
    Ce qu'on appelle les troubles de l'adolescence, c'est pourtant simple. Il y a de quoi être troublé quand on s'aperçoit qu'on va passer sa vie à travailler avec, pour seul salaire, la mort au bout.” (Bernard Frank)
    Blaireau 58

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  6. Le travail n'est qu'un moyen de survivre.
    Nous sommes programmés pour nous reproduire. Faire et élever des enfants que nous mènerons tant bien que mal à l'âge adulte. Rien d'autre. Le cycle de la vie, l'instinct de la survie. Le reste est négligeable au regard du monde.

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  7. Ces bistrots-là ont maintenant presque tous une télévision branchée en permanence. Sur BFMTV.

    Si au hasard de vos voyages vous en trouvez encore, malgré tout, signalez-les nous.

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