lundi 5 octobre 2015

Air Transe.

Ces gens-là, entendons les néo-libéraux et leurs larbins étatiques ou médiatiques ne cessent de parler des "réalités" pour justifier que les seules variables d'ajustement pour "la compétitivité" soient l'emploi et les salaires. Et quand ils la rencontrent, la réalité, celle de moutons qui n'ont pas envie de se faire tondre si facilement, ils pleurent, ils s'indignent.




Pourtant, si on y réfléchit un peu, deux chemises et deux fuites foireuses pour l'annonce de 2900 licenciements, ils s'en tirent plutôt bien. Il est vrai qu'on n'est plus dans les années soixante-dix-quatre-vingt où un autre genre d'accident était vite arrivé. 
Mais ça fait plaisir quand même, ces belles images pour l'édification des tout petits.

Ils sont la force et nous sommes le nombre
Vous qui souffrez nous nous reconnaissons
On aura beau rendre la nuit plus sombre
Un prisonnier peut faire une chanson.

Louis Aragon, "Richard Coeur de Lion"

14 commentaires:

  1. C'était quand même jouissif ce petit monsieur libéral libertaire venant faire son sermon avant de les virer à des salariés et se barrant comme un lapin la queue entre les jambes

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  2. Cher Jérôme, je trouve votre enthousiasme carrément à côté de la plaque... D'abord, parce qu'Air France reste une des entreprises françaises les plus "sociales" (ok, c'est un oxymoron mais on pourrait utilement comparer avec d'autres entreprises les conventions collectives d'Air France, ses horaires, ses accords d'intéressement et de participation, les moyens alloués à son CE, les avantages divers du personnel...). Ensuite, parce que c'est une entreprise dont le résultat d'exploitation est négatif : quand une entreprise ne gagne pas d'argent sur son métier de base, c'est inquiétant. Et pourtant, le prix du pétrole est au plus bas. Dans ces conditions, il y a de nombreux leviers à actionner. Les achats, l'organisation, la gestion des activités et, aussi, les effectifs et la masse salariale. Si Air France était une SCOP, la question se poserait dans les mêmes termes. Bref, ces images font certainement vibrer votre fibre révolutionnaire mais il y a de mon point de vue d'autres combats à mener pour défendre les salariés d'Air France, notamment s'attaquer à la concurrence déloyale des compagnies des pays du Golfe, amis de nos chers présidents...

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    1. Dans un rapport uniquement envisagé sous l'angle des relations microéconomique, votre réflexion est juste.

      Le combattant de l'anarchofascisme que je suis attire votre attention sur l'inhibition de l'action dans le cadre des rapports de dominance.

      Qui d'autres qu'Henri Laborit pour développer le phénomène ? https://www.youtube.com/watch?v=yMFmsYbwcLU

      Les salariés sont pris dans la cage du salariat où les secousses sont de plus en plus fortes et où la possibilité de fuir est somme toute assez restreinte (voir la vidéo pour comprendre mon propos). Il arrive donc l'inévitable : le comportement asocial.

      Dans d'autres contextes, ce comportement prend d'autres formes de violence : racisme, islamisme. Il est intéressant à ce propos qu'Internet offre une sorte de catharsis provisoire permettant de virtualiser le comportement asocial sans prendre le risque d'en prendre une sur la gueule.
      Mais jusqu'à quand ? Et ce qui retarde ne finit -il pas par amplifier in fine ?

      Les rapports ne sont pas à penser qu'en termes économiques, mais aussi de feed-back sur le psychologique et ce que cela implique socialement.

      Evidemment, tout cela ne cessera que lorsque les phénomènes d'inhibition de l'action seront annihilés par l'émergence d'une société de la coopération et non plus de la compétition / recherche de dominance.

      Il faut rêver de l'émergence de gentils-hommes instruits, de princesses éclairées qui ne feront pas de leur pouvoir une fin mais un moyen de libération social.

      C'est par la culture que la société se libérera.

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    2. MSD, j'entends vos arguments. Je ne suis pas certain que ce soient ceux qui ont été développés par les deux déchemisés, cependant.
      Coopération plus que compétition, mais vous prêchez un convaincu, cher et indispensable simien viride!

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  3. Les "glorieuses" années 70 où "un autre genre d'accident était vite arrivé". C'est un peu ce que dit Besancenot qui en appelle déjà aux grands anciens avec une forme de nostalgie.
    Et c'est vrai Jérôme, qu'est-ce qu'une chemise déchirée au regard d'un plan social ? Ainsi présenté, comment pourrait-on dire le contraire? Sauf qu'il ne s'agit pas d'une chemise, mais des hommes qui les portaient, et là on change tout de suite de dimension.
    Leprocédé est habile, il vise à gommer la violence, donc à la justifier en réifiant le porteur de la chemise. Ce n'est pas l'humain qu'on lynche, c'est un objet. Le symbole de l'oppression de classe. Et tout est donc permis. Les "A poil !", scandés hier par les plus violents rappellent d'autres scènes d'humiliation, jamais très glorieuses. Je ne défend pas spécialement Air France dont je connais moins bien le dossier que Missa sine Nomine, mais je dis attention.
    Pour les gauches de la gauche française c'est une stratégie suicidaire en ce qu'elle leur interdit de remporter une élection et les cantonnent à la violence sociale en zappant le contrat social. Les images montrées au journal seront désastreuses dans l'opinion, surtout que les salaires des pilotes passent mal, et la jetteront un peu plus dans les bras de qui vous savez en la détournant du PS. Mais n'est-ce pas ce que préfère au fond la gauche radicale ?
    Cette gauche là est de retour, et pas seulement en France. Elle vient d'empêcher la victoire des socialistes démocratiques au Portugal. Via Podemos, elle entrave le PSOE en Espagne, comme Die Linke entrave le PSD en Allemagne. Elle vient de désigner à la tête des Travaillistes anglais Jeremy Corbyn, un leader doté d'un logiciel politique archéo-marxiste qui promet une décennie d'opposition à la gauche britannique.
    En France, elle se réjouit de l'agression des cadres d'Air France pour de mauvaises raisons. Les salariés en colère ne sont que des instruments mis à profit pour affoler, effrayer et inquiéter les électeurs encore susceptibles de voter socialiste. Exploiter ainsi cette souffrance sociale, encourager des comportements inadmissibles, c'est faire monter la droite et le FN, par tous les moyens, puisqu'il est acquis que l'objectif principal, c'est de faire tomber la gauche de gouvernement.
    Cette gauche de la gauche là, celle des Besancenot, Brossat ou Attac, fait-elle le jeu du FN ? La réponse réside dans le parcours de l'un de ces étudiants de Sciences po qui viennent d'y réimplanter une cellule active du FN. Il y a trois ans, cet étudiant votait Mélenchon.
    Voulez-vous de la droite et de la droite dure pour longtemps ?
    L'hirondelle Syriza ne fait pas le printemps.
    Non vraiment Jérôme, votre joie est certainement sincère mais contre-productive. Vous ne portez pas les socialistes dans votre coeur et je vous comprends, mais il y a bien pire qu'eux.
    Ce n'est que mon opinion et je vous la donne avec toute ma sympathie.

    Max le ferrailleur

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    1. Vous n'avez pas tort, évidemment. Mais quand j'entends les réactions de lynchage gouvernementaux et médiatiques sur "les voyous", je me dis quand même que le balancier est maintenant tout de même très très loin de l'autre côté, genre ambiance versaillaise... Alors, si de fait, toute action plus violente serait condamnable, on va tout de même pas pleurer parce que la peur et l'humiliation ont changé de camp pendant quelques heures...

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    2. Dans le communisme sexy et balnéaire il me semble que l'humiliation n'a pas de camp et que c'est justement à ça qu'on le reconnaît. Sinon, en protolibéral acharné à détruire l'emploi, avec Broseta les syndicats sont mal tombés. Plutôt le profil décrit par le Singe Vert. Comment dire que l'époque peut manquer à la fois de radicalité, d'idéologie et de subtilité sans que cela ne soit incompréhensible ou tout simplement inaudible.

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    3. Tiens, l' armée US vient de bombarder le 6 Octobre 2015 en Afghanistan, un hôpital de Médecin sans Frontières faisant 22 morts et une trentaine de blessés. Alors même qu'à la première minute de l’assaut MSF prévenait l'armée localement qui hélas, a préféré donner l'ordre aux soldats de rester au dessus de la cible 45 minutes pour bien la fracasser.
      Les neo-révisionnistes vont ils hurler à la beaufferie et au poujadisme?
      Les neo-révisionnistes vont ils hurler à la violence intolérable ?
      Les neo-révisionnistes vont ils engager une action en justice?
      Les neo-révisionnistes vont ils chialer comme des fontaines?
      Les neo-révisionnistes vont ils incarner la République ?
      Aimer le vie c'est en faire partie, et faire partie de la vie c'est aimer la foudre. Qu'elle frappe donc en pleine poire les assassins et les porcs, avec ou sans chemise.

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  4. Valls n'est par contre pas "choqué" par la suppression de 2900 emplois.

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  6. Ah l'ambiance versaillaise... Savez-vous que les communards voulaient fusiller ce bourgeois de père Hugo ? L'auraient-ils eu au bout de leur viseur, il les aurait tous retournés. Hugo, quand même.
    J'aime beaucoup votre blog, il est esthétiquement impeccable. De surcroit, vous permettez à tous de s'exprimer et vous répondez aimablement, c'est très appréciable.

    Un vieux SFIO
    Max le ferrailleur

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  7. J’étais sidérée en écoutant le « soir 3 » tout à l’heure. S’agissant de ce qui se passait à Air France, ce n’était pas l’atteinte portée aux 1700 personnes travaillant au sol, 900 hôtesses et stewarts, et 300 pilotes, qui préoccupait Patricia Loison, mais l’écart entre les sanctions prévues par la loi dans les cas de molestation ou séquestration de cadres d’entreprises, et la réalité de ces sanctions. Je n’en croyais pas mes oreilles. Atteindre de tels sommets d’imbécillité dépasse l’entendement.

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  8. C'est marrant tous ces commentaires affolés, c'est pas constructif blabla, ça disait pareil au 19 ème siècle quand les mecs cassaient la gueule aux jaunes ou aux ptits chefs dans les usines en grève... Là, tout de suite, j'entends Besancenot sur Inter qui dit que c'est faux le déficit d'Air France? Bon, en tout cas, déficit ou pas, je comprends pas ces effarements dès qu'il y a quelques mouvements de colère envers des mecs, qui, je le rappelle, ont choisi d'être Directeur des Ressources Humaines. Vous faites quoi comme travail? Directeur des Ressources Humaines! C'est plutôt sain de péter les plombs quand en face on vous annonce que vous allez être licencié. Et puis qu'est-ce que c'est que ces petites mesquineries genre ouais ils ont plein d'avantages les pilotes, ils ont un gros CE etc. Et alors? Pourquoi pas? moi, ce qui me fout plutôt méchamment la haine c'est de savoir que Macron paye des mecs 8000 balles pour écrire ses discours (8000 par mois paraît). Ça ouais ça me met la haine. Mais que des pilotes qui conduisent des avions avec plein de gens dedans tout ça, ça me gêne pas qu'ils gagnent des bons salaires et tutti quanti. sans parler de tout le reste du personnel qui bosse à Roissy. Le dialogue social, on connaît la chanson, z'en ont jamais autant parlé que depuis que la situation s'empire. Vive les tartes à la crème et les petites claques dans la gueule! Florence

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    1. Sans remonter au 19°siècle, Pierre Overney abattu par un vigile devant la Régie Renault en 1972; alors quelques chemises déchirées et un DRH bousculé, ça ne va pas nous faire pleurer;

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ouverture du feu en position défavorable