mardi 29 septembre 2015

Ca va tout de suite mieux en le disant

"Le vin naturel est aujourd'hui la manifestation la plus visible (c'est à dire médiatisée) d'une agriculture artisanale, autonome et saine. C'est aussi un modèle économique alternatif, viable et durable. Enfin, par sa conception plus libre et l'interdépendance volontaire de ses acteurs, du vigneron au consommateur, en passant par le caviste ou le restaurateur, le vin naturel est au vin ce que l'utopie est à la société: il porte en lui les prémices d'un autre système, sinon idéal, du moins objectivement meilleur."

Antonin Iommi-Amunategui,  Manifeste pour le vin naturel (Les éditions de l'Epure)

7 commentaires:

  1. Bernard Grandchamp29 septembre 2015 à 20:29

    Puisqu'il est ici question de faire "feu sur le quartier général", pour une fois soyons polémique : le vin "naturel" ça n'existe pas!... Et ça n'existe pas parce les lois de la nature, et celles de la chimie en particulier, font que indépendamment de notre désir ô combien cher le devenir naturel de la molécule de sucre (composant constitutif du jus de raisin) n'est pas la molécule d'alcool (composant constitutif du vin mais chimiquement "insaturée"), c'est la molécule d'acide acétique (composant constitutif du vinaigre et chimiquement "saturée"). De là que nous autres gens de vins nous decarcassons depuis plus de 8000 ans pour faire en sorte que la dite saturation ne se produise pas - ou le moins possible...
    Bien loin d'être naturel, le vin est au contraire un sommet d'artifice(s), en quoi il est si éminemment humain - ce que n'ont toujours pas compris (admis?) nos chères " Ligues de vertu"... A cette aune, le vin dit "naturel" est - plus pertinemment - un peu moins artificiel que d'autres...
    Quant à moi, plutôt que du "naturel" plus ou moins apprêté d'un vin, je préfère parler - et goûter! - de sa "bonté", si joli vieux mot de notre si belle langue.
    A la vôtre! 😊

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  2. Merci monsieur de remettre à leur place les bobos et autres snobinards du vin, quand il ne s'agit pas tout simplement d'entuber le gogo. Vous dites en mots savants que j'ai toujours senti, encore une grosse opération de com.
    Mais si certains foncent, pourquoi se gêner doivent se dire les biomen...
    Encore merci, continuez votre magnifique métier qui nous enchante depuis 8000 ans, vive l'artifice et les artificieux !
    Max

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  3. Je ne sais pas si le vin naturel existe, mais le vin chimique aromatisé aux pesticides, oui, et c'est une merde maléfique, pour la terre comme pour les hommes.

    fonzi

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  4. Max pas besoin d'être agressif. On durait que vous avez abusé du bordeaux parkérisé.
    Bernard, ce que je sais, c'est que lorsque j'avais vingt ans, le chinon était imbuvable comme le bourgeuil. Et puis que des gens comme les Lenoir ou Jacky Blot, à force d'amour et de travail (c'est pas simple de limiter les intrants) ont ressuscité le vrai goût du cabernet franc. Vous n'aimez pas le mot "naturel". Il n'est pourtant utilisé ici qu'en opposition aux vins calibrés, industrialisés, paresseux.

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    1. Bernard Grandchamp1 octobre 2015 à 13:32

      Jérôme,
      Merci tout d'abord d'avoir accueilli mon commentaire.
      "On ne fait pas, on fait qu'il puisse se faire"... A bientôt 40 ans de carrière, il me semble que ces mots du poète allemand Novalis résument bien ce qu'est le que le métier de vigneron : non pas "faire le vin", mais faire en sorte, agir pour, qu'il advienne. Mais nous devons toujours l'empêcher de tomber du côté ou il penche, naturellement voire ontologiquement, c'est à dire du côté du vinaigre - tout simplement parce que depuis toujours Homo sapiens sapiens préfère le goût de l'alcool à celui de l'acide acétique... Voilà pourquoi nous usons, nous devons user, d'artifices. Et les vins qui se disent, voire se proclament, "naturels" en usent, voire s'imposent d'en user, le moins possible. Cela constitue un choix, et d'autant plus méritoire qu'il est effectivement (très) difficile de "limiter les intrants". Mais, outre que moins on utilise d'artifices plus la (vraie) nature - celle des microorganismes et celle des oxydoréductions - reprend ses droits, et conduit parfois à des goûts non désirés sinon indésirables, l'usage de la dénomination "vin naturel" me paraît manquer de pertinence car il peut donner à penser que les autres vins ne sont pas naturels... Et là, peut-être par l'effet de quelque mauvais esprit, je ne peux m'empêcher d'évoquer ce mot si juste de Mauriac "Les Français n'aiment rien tant que se définir pour mieux s'opposer"...
      Bien à vous - Bernard Grandchamp

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    2. Vous êtes ici chez vous, Bernard.

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ouverture du feu en position défavorable