lundi 24 août 2015

Exergues possibles pour des mémoires désobligeants, 42

"Pendant la jeunesse, les plus arides indifférences, les plus cyniques mufleries, on arrive à leur trouver des excuses de lubies passionnelles et puis je ne sais quels signes d'un inexpert romantisme. Mais plus tard, quand la vie vous a bien montré tout ce qu'elle peut exoger de cautèle, de cruauté, de malice pour être seulement à 37°, on se rend compte, on est fixé, bien placé pour comprendre toutes les saloperies que contient un passé. Il suffit en tout et pour tout de se contempler scrupuleusement soi-même et ce qu'on est devenu en fait d'immondice. Plus de mystère, plus de niaiserie, on a bouffé toute sa poésie puisqu'on a vécu jusque-là."
Louis-Ferdinand Céline,  Voyage au bout de la nuit.

3 commentaires:

  1. Qui a écrit, cher Jérôme Leroy: " Nos échecs solaires seront toujours plus beaux que vos résignations crépusculaires" ? Et aussi "De toute façon, c'était le communisme ou la misanthropie. Et comme j'ai bon caractère..." ? et nous servir, quelques semaines ou mois plus tard, un texte qui, en quelques lignes, dégorgent, pour ne pas dire vomissent: "saloperies", "immondice", "bouffé"? Ce n'est plus là de la contradiction, humaine et tolérable, mais de l'incohérence, coupable! Quel dommage, cher Jérôme, vous que j'estime et apprécie, très sincèrement.

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    1. Vous êtes dur, là...J'ai même plus le droit à un petit coup de blues saisonnier?
      Et puis êtes vous sûr, qu'au fond, ce n'est pas Céline le problème?

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  2. Mais oui, vous avez raison, Jérôme! C'est bien Céline le problème, et non Leroy! Au-delà du style, que je n'aime pas, certains penchants (annonciateurs du pire) sont en germe dans le "Voyage"... Je n'oublie pas les appréciations, plutôt positives, du PCF de l'époque portées sur le fameux livre... Je "contextualise", et puis les communistes de l'époque étaient un petit peu trop tournés vers le "petit père des peuples". Je n'oublie pas, mais cela ne m'oblige pas à aimer Céline. Et c'est mon droit de lui préférer le style de Gracq. Et je vous pardonne volontiers ce petit coup de blues saisonnier. Moi, quand ça m'arrive, trop souvent à mon goût, je lis ou regarde "Le feu-follet", ou "Lourdes lentes", ou "Les Galettes de Pont-Aven" ou "l'Ennui" de Moravia... Chacun son truc, d'accord. J'ai aussi des contradictions, ce créent le mouvement, nous disait déjà notre camarade commun, Karl...

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ouverture du feu en position défavorable