dimanche 26 juillet 2015

Propos comme ça, 26

"J'aimerais mille fois mieux être pauvre Grec que millionnaire américain. Je me rappelle le vieux gardien de l'antique citadelle de Nauplie. Il avait fait vingt ans de prison pour meurtre. C'était l'un des êtres les plus aristocratiques que j'ai jamais rencontrés... J'aimerais mieux être cet assassin à la conscience claire que le président du consortium industriel le plus prospère d'Amérique. Aucun magnat de l'industrie n'a jamais eu sur son visage expression plus bénigne et radieuse que ce pauvre bougre de Grec. Il n'avait tué qu'un seul homme, et ce dans une juste colère; l'homme d'affaires américain qui a réussi, lui, assassine hommes, femmes, enfants innocents par milliers, dans son sommeil, chaque jour de sa vie. En Amérique, la conscience claire n'existe pour personne; nous faisons tous partie d'un même engrenage, d'une vaste mécanique à assassiner." 

(Henry Miller,  Le colosse de Maroussi, 1941)

Je suis chez Hellène et je regarde surtout les filles.


Il n'y a pas à proprement parler d'"échec" de Syriza. Il y a un échec quand on est libre de mener une politique et que cette politique échoue. Il est aussi absurde de parler d'échec de Syriza qu'il serait absurde de parler d'échec d'Allende au Chili en 73 ou de Dubcek à Prague en 68.

Peu d'Allemands par ici. Ce n'est pas seulement dû à leur popularité moyenne ces temps-ci dans les tavernes grecques. C'est aussi qu'on ne peut pas voter ordolibéral, travailler jusqu'à 67 piges et espérer le pouvoir d'achat qui va avec. D'où la quasi disparition du touriste teuton et donc des chaussettes dans les sandalettes depuis plusieurs années déjà. Comme quoi, il y a même des effets collatéraux heureux à la politique de Schauble.

Le gros problème avec les anticommunistes vintage façon Sénik sur Causeur, c'est qu'il compte comme victimes du communisme toute personne morte, et quelle que soit la cause du décès, sous un régime communiste. Y compris, donc, le tchékiste qui a glissé sur une plaque de verglas en se rendant au boulot. A ce compte là, même Staline et son AVC est une victime du communisme.

Panta rhei, (tout passe, tout s'écoule) Héraclite
"J'aime regarder les filles qui marchent sur la plage" Patrick Coutin
On aura beau dire, la philosophie présocratique, c'est tout de même quelque chose.`

Le Bleu n'est pas privatisable.

La fille du berger grec est tellement pauvre qu'elle a eu pour cadeau d'anniversaire une poupée brebis.

N'ayant jamais connu le haut de l'affiche durant sa vie, il mourut dans un second râle.

A un moment ou à un autre, il faut sortir de l'image: c'est mieux.




13 commentaires:

  1. J'aime ces petits aphorismes ... Bien plus que les cafouillages de Nietzsche dans Par de là le bien et le mal ...

    Le soucis du capital est, effectivement, qu'il s'autodétruit à mesure qu'il grossit. On (économistes libéraux) le croit en pleine santé, alors qu'il flanche ... Aujourd'hui, c'est l'Etat qui l'aide à grossir/exploser ... La politique suicidaire de réduction des coûts tue cette économie dont on sait pourtant qu'elle ne tient que par la vitesse de circulation de la monnaie ...
    Etrange qu'on ne se fie plus à Bodin, c'est sans doute parce que c'est aussi lui qui disait : "il n'est de richesse que d'hommes" ...

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  2. Non, Jérôme, le nom de "sandalette" ne saurait s'appliquer à ces horribles choses à semelles orthopédiques ("ortho" le préfixe préféré de Schäuble) que portent les allemands...avec des chaussettes! Des sabots de contention qui font des pieds d'éléphant.
    La sandale est romaine, spartiate ou d'Empédocle...pas allemande!

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  3. Vous avez raison : on ne peut pas parler d'" échec " de Syriza. Évoquons plutôt l'ignoble " trahison" de Tsipras, vis-à-vis de tous ceux dans l'univers qui croient encore possible une résistance politique à l'austérité capitaliste. Une Résistance et une politique impossibles, donc, comme vous le faites remarquer en fin stratège politique. Pourquoi pas, après tout.
    Fallait juste pas nous bourrer le mou pendant des semaines avec Tsipras-le-héros-qui-rend-le-rêve-possible.

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    1. Que voulez vous qu'il fît? Qu'il mourût?
      En attendant, ne serait-ce que de manière sacrificielle, Tsipras a montré à tous les citoyens de ce continent la nature réelle de l'autorité qui s'exerce sur haut. Avant Syriza, on pouvait parler de fantasme complotiste quand on disait de l'UE qu'elle était une structure totalitaire: on a en maintenant une preuve éclatante. Ce n'est déjà pas si mal...

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    2. Rien n'interdit aux Grecs de quitter cette "structure totalitaire", mais il semble qu'ils n'en aient aucune envie. Ce n'est déjà pas si mal.

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    3. Qu'il mourût, non.
      Qu'il dégageât, certainement.
      Avant (ou après : on s'en fout !) avoir fait voter, comme un seul sbire, la plupart des ignobles réquisitions européo-libérales au parlement " grec " indépendant (toute tutelle luxembourgeoiseo-FMI mise à part) grâce aux voix du PASOK et de Nea Demokratia, soit les défaits du récent référendum-pour-rire...
      Vous vous rappelez, le référendum ?
      Ce truc où le peuple avait parlé un peu, pour déconner...

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  4. Vous n'avez pas les yeux en face des trous ou vous vivez sur une autre planète, l'économie allemande ne s'est jamais si bien portée, chômage au plus bas depuis 90, balance commerciale excédentaire, pourcentage de la dette en net recul, merci pour eux, à faire baver d'envie le pauvre Hollande et son petit roquet. Vous devriez aller y faire un petit tour, ils nous mettent la pâtée partout. Si vous pouvez passer vos vacances en Grèce, dites-vous bien que toute l'Allemagne pourrait y planter sa tente.
    Ils en ont peut être marre de voir où passent leurs euros si mal employés ? C'est l'Allemagne qui finance en grande partie la gabegie grecque, ça doit leur faire mal au c...œur.
    Jo-jo

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  5. @ Elise : Je sais pas si vous êtes au courant, mais y avait des Romains (et donc des sandales) en Allemagne voilà extrêmement longtemps : avant même - chose incroyable - la venue au monde de MM. Mélenchon ou Tsipras. Trier, par exemple, ville la plus ancienne de Germanie, était ainsi la capitale officielle de l'Empire romain d'Occident, sous le règne des Tétrarques. Un malicieux hasard a fait en sus de cette bourgade charmante, parsemée peut-être comme nulle part ailleurs en Europe de vestiges romains (de thermes et d'amphithéâtres, notamment, où des romains hédonistes et efféminés traînaient quotidiennement leurs guêtres, pardon : leurs sandales !), la ville natale d'un certain Karl Marx, accusant, certes, avec M. Schäuble une ressemblance de chaque instant.
    Cette précision mise à part, continuez donc, je vous en prie, dans l'humour anti-boche franchouillard, primaire et secondaire. Cet humour est, il est vrai, à se tordre. Il présente l'avantage annexe d'espérer oublier - une pauvre seconde - que partout, au final, ce sont toujours bien moins les agissements offensifs de l'Empire (dans l'ordre, finalement) que les lamentables capitulations " nationales " qui amènent la misère, et la désespérance, des crève-la-dalle.

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    1. J'apprends plein de trucs en vous lisant; c'est sûr je vais me coucher un peu moins con; je sais pas si vous êtes au courant mais selon la formule éculée "on peut rire de tout mais pas avec n'importe qui"; l'humour des uns, le mauvais goût des autres, toussa;
      je ne voudrais pas trop m'avancer mais la misère, la désespérance et les crève la dalle vous connaissez...en lisant le journal.

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    1. L'anonymat, que je trouve au demeurant limite, requiert au minimum le vouvoiement.

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  7. @ Jérôme : Tsipras, qu'il mourût ? Non.
    Qu'il dégageât, certainement.
    Avant (ou après : on s'en fout !) qu'il fît voter, comme un seul sbire, la plupart des ignobles réquisitions européo-libérales au parlement " grec " indépendant (toute tutelle luxembourgeoiseo-FMI mise à part) grâce aux voix du PASOK et de Nea Demokratia, soit les défaits du récent référendum-pour-rire...
    Vous vous rappelez, le référendum ? Ce truc où le peuple avait parlé un peu, pour déconner...

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