jeudi 16 juillet 2015

Athènes, impressions soleil couchant






15 juillet, Athènes.
Maintenant, il est minuit. Le rassemblement devant le parlement a tourné à l'émeute. Les députés débattent toujours à la Vouli dans une atmosphère qui doit ressembler à celle de Munich, par exemple, quand toutes les solutions étaient mauvaises. On a vu tout ça, avant que ça commence à vraiment chauffer: on était venu du Pirée malgré le métro bouclé et le cordon de flics qui verrouillaient le secteur Plaka Syntagma.
Au contact avec les forces antiémeutes, juste devant le parlement où les Evzones paradaient toujours de manière surréaliste, les anarchistes, les black blocs, jeunes, souvent masqués, décidés à en découdre. Plus bas, l'immense défilé du PAME, l'organisation politico-syndicale du KKE, le parti communiste "maintenu".
On a parlé français avec les plus vieux, anglais avec les plus jeunes sous le regard des forces antiémeutes qui avaient établi un cordon de sécurité devant l'hôtel Grande Bretagne (en français dans le texte), le grand palace d'Athènes, à cinquante mètres du Parlement.
Un immense sentiment de fierté blessée, d'espérances perdues mais aussi le refus de se rendre. A un moment, les vieux du KKE ont entonné l'Internationale et puis Bella Ciao. On a eu les larmes aux yeux et pas seulement à cause des lacrymos.