mercredi 24 juin 2015

Pour saluer l'été (1): Arnaud Le Guern

Il faut toujours saluer l'été. Vous pourrez le faire dès le 20 août avec le roman du camarade Le Guern, Adieu aux espadrilles. Je croyais le connaître, ce Breton du XIVème, à force d'avoir dérivé avec lui. Le propre des vrais écrivains est de vous surprendre, même quand ils sont vos amis. 
Dans Adieu aux espadrilles, Le Guern, c'est Chardonne alors que je le croyais plutôt Nimier. Il parle du couple, du temps, de l'amour. Il parle de sa fille aussi. Il le fait sans insister, toujours comme Chardonne. 
Il suggère, Arnaud, il effleure, il frôle. Et ce qu'il déteste de cette époque qui nous ressemble si peu apparaitra en creux, en négatif, dans ce qu'il aime, dans ses plaisirs: les bains de soleil, les slows d'été, la littérature, le champagne Drappier Zéro Dosage. Finalement, la couverture qui représente un Hilo Chen, bien connu des amateurs de FQG, est remarquablement choisie car Hilo Chen, sous les dehors d'une Dolce Vita hyperréaliste dit comme Le Guern le lent travail de sape de la vie sur nos bonheurs et notre jeunesse.  
Mais on fait comme si. 
Il est toujours midi sur la plage des Mouettes, n'est-ce pas? N'est-ce pas?

2 commentaires:

  1. "Berthet avait bien aimé Sauter les descriptions, acheté le jour de sa rencontre avec Amina à la librairie Charybde. Berthet aime bien les polars de Joubert aussi. Il y a un essai marrant sur les espadrilles, aussi."

    Affinités électives.

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  2. "Plus Chardonne que Nimier", voilà ce que je retiens de ton sens critique, qui est un peu comme celui de ta poésie, pilonnage d'obus bourrés d'éclats tranchants. "Plus Chardonne que Nimier", ça va comme un gant à Arnaud, avec sa dégaine et ses phrases de poète.
    "Bon tir en position défavorable, mon cher… (j'ai oublié ton grade de réserve), Leroy".

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ouverture du feu en position défavorable