dimanche 3 mai 2015

Tombeau pour Ben E.King




A mes slows
A mes petites amoureuses qui reviennent vers moi
-You don't know how good it feels to call you my girl-
dans la cour du Lycée Corneille
A Rouen bleu et or
dans la fin de l'été
quand tout était encore possible
A la rentrée des classes sous les platanes
A l'odeur des livres neufs
des vinyles de l'encaustique
Aux derniers flirts dans les jardins
A cette chanson qu'il ne faut pas jouer pour moi
et qui venait quand même jusqu'au laurier
là où l’on s'embrassait 
A ce moment magique 
-sweeter than wine, softer than the summer night-
A la pochette de disque dans l'herbe à côté d'Albertine disparue
dans l'édition du livre de poche
celle qui reproduit des manuscrits
et des photos de Proust en couverture
Au laurier qui sentait plus fort dans le soir
A ta main qui passait dans tes cheveux
Au dernier baiser quand la nuit arrivait
-and the moon is the only light we'll see-
A la grille qui se refermait sans bruit
Au laurier sans nous
Au bras du pick-up qui ne s’était pas relevé
et répétait
dans la chambre du haut
ce qui pourrait bien être le vrai bruit du passé
A la douceur oui surtout à la douceur
Au Temps aussi
qui gardera j'en suis bien convaincu
sa dernière danse pour moi
A la Soul
et à la fin
coeur serré coeur vagabond
à Ben E. King
mil neuf cent trente huit
deux mille quinze.


© jérôme leroy (fqg)mai 2015


1 commentaire:

  1. Merci....à Ben E.King et merci à vous Jérôme Leroy.

    RépondreSupprimer

ouverture du feu en position défavorable