mercredi 8 avril 2015

Art poétique

"Il faut m'astreindre à n'écrire ici que lorsque je suis de bonne humeur, et surtout pas quand je me crois malheureux. Le chagrin rend stupide. Il ne faut pas écrire de stupidités."

Jean-Patrick Manchette, Journal (1966-1974), désormais disponible en Folio.

10 commentaires:

  1. Malheureusement, le bonheur ne rend pas forcément moins stupide...

    RépondreSupprimer
  2. Le malheur rend con, évidemment.
    A quand le deuxième tome du Journal de Manchette ?

    RépondreSupprimer
  3. Je vous dirai ça quand j'en serai là...

    RépondreSupprimer
  4. La mélancolie, le spleen , la saudade, le blues, le desassossego, autant de sources de la connerie? Nerval, Baudelaire, Amália Rodrigues, Billie Holiday, Pessoa, des brêles?

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Il ne faut pas faire dire à cette phrase plus qu'elle ne veut dire, cher Frédéric. Je pense qu'il ne faisait pas allusion à ces magnifiques tristesses, mais plutôt à cet espèce de chagrin dû à l'aliénation quotidienne de l'écrivain alimentaire telle que la révèle ce journal, cette acédie de la banalité. Au demeurant, je crois que l'on écrit bien heureux, au moins au moment où l'on écrit, y compris quand on écrit sur le desengano...

      Supprimer
  5. Cher Jérôme,

    Dans Le Temps retrouvé Proust écrit que "les années heureuses sont les années perdues", raison pourquoi l’écrivain "attend une souffrance pour travailler". Mais il est vrai qu'il note aussi que si "les idées sont des succédanés des chagrins" […] "au moment où ils se changent en idées ils perdent une partie de leur action nocive sur notre cœur, et même au premier instant, la transformation elle-même dégage subitement de la joie."

    RépondreSupprimer
  6. Le Charmes (sic) des penseurs tristes, Flammarion, 2013 est un livre de Frédéric Schiffter indique la notice Wikipédia de l'auteur.
    Je corrigerai la faute d'orthographe ; je compléterai la notice ( le dictionnaire chic est manquant ) ; je ferai une revue de blog là-dessus ( peut-être en citant un penseur néo-mexicain ).

    RépondreSupprimer
  7. Manchette, qui a fait du polar une Corée du Nord ?… Dont toute la vermine gauchiste d'étudiants de lettres attardés s'est inspirée pour faire leurs œuvres pieuses ?… Manchette, prof d'anglais fasciné par la langue qu'il enseignait, au point de défendre le comportementalisme dans des langues où il n'avait rien à foutre ?… Manchette dont les romans sont médiocres, illisibles aujourd'hui,(vous ne les lisez plus depuis longtemps) aussi "vintage" que les Félix Potin orange, les "pattes d'éph", et la DS à phares tournants ?… Manchette, ce nul acclamé par toute la bureaucratie débile du polar ?… Ce faiseur de doctrines pour cacher sa stérilité de petit prof puceau ?… Ce minable adoré par la militance ?…
    Je rêve.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'est amusant, quand on lit son journal ce que tu n'as manifestement pas faitet qu'on avoit à quel point il est violent avec les gauchistes, la gauche et sa prétention à faire de la morale dans le polar, on dirait du...Marignac!
      Je crois que tu confonds un peu Manchette et (certains de) ses lecteurs ou thuriféraires.

      Supprimer

ouverture du feu en position défavorable