samedi 21 mars 2015

Bref retour au Portugal (5)

Le premier soir à Porto, je dîne seul à A Capoeira, à quelques pas du Boavista. Enfin, je ne dîne pas seul puisque j'ai mon vieux Poésie/Gallimard de Pessoa, acheté à Rennes et commencé à lire en 1987, dans le Rennes-Paris qui me ramenait de Coët. Là aussi, des vers lus et sus presque instantanément, des vers avec lesquels il allait falloir vivre, des vers presque frustrants puis qu'ils disaient exactement ce que je ressentais.

La bacalhau a braz est bonne, la bière légère à la pression "Impériâââl ou Souperbôqueu" (pas envie de vinho verde ce soir) me refait merveilleusement la bouche. En même temps, trouver de la mauvaise bacalhau au Portugal, c'est comme y trouver quelqu'un de désagréable. Ca doit être possible mais il faut le vouloir ou manquer de chance, ce qui parfois revient au même d'ailleurs.

La vie me donne-t-elle trop ou bien trop peu?
Je ne sais si je sens trop ou bien trop peu,  je ne sais s'il me manque un scrupule spirituel, un point d'appui sur l'intelligence,
une consanguinité, avec le mystère des choses, un choc à tous les contacts, du sang sous les coups, un ébranlement sous l'effet des bruits, 
ou bien s'il est à cela une autre explication plus commode et plus heureuse.
Poésies d'Alvaro de Campos, "Passage des heures"

 Pas mieux pour ce soir, Fernando, pas mieux...


2 commentaires:

  1. Yes Jérôme, saúde ! J'espère que la lumière est belle sur le Douro.
    Amitiés,
    Xavier.

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  2. Comme quoi on ne lit pas que "De la guerre" ou "Le rôle social de l'officier" à Coët...

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ouverture du feu en position défavorable