dimanche 8 février 2015

Exergues possibles pour des mémoires désobligeants, 31


"- La jeunesse, c'est pas une vie non plus, c'est pas toute la vie. C'est une série de week-ends, quelques saisons. Faut en profiter." 

Hervé Prudon, La langue chienne (Gallimard, Série noire)


A propos des 70 ans de SN, on aura l'occasion de revenir sur ce roman, qui est davantage un poème en prose de 300 pages, entre Genet, Céline et Beckett (et on est habituellement avare en comparaison de ce genre) qu'une série noire au sens classique du terme, de revenir sur Hervé Prudon, grand écrivain de ce temps aussi secret, méconnu que génial et plus généralement sur toutes les curiosités, aberrations et autres chimères littéraires qui naissaient entre les Carter Brown calibrés et les James Hadley Chase fabriqués à la chaine, pas tous désagréables au demeurant.

9 commentaires:

  1. Hervé est un grand auteur, et quoique je ne l'ai pas vu depuis longtemps, hélas, un ami très cher et toujours présent pour moi. Comme ton serviteur, il a toujours refusé de se compromettre avec les corrompues figures du polar néo-néo, se moquant des catéchismes, dans le polar parce qu'il ne savait pas germano-pratiner.

    RépondreSupprimer
  2. "Tarzan malade", "banquise", "la femme du chercheur d'or", "Cochin", j'ai vraiment ça... je l'avais perdu de vue cet Hervé Prudon, et ma bibliothèque qui s'effondre... je ne connaissais pas celui-ci... j'ai donc rendez vous de main chez mon libraire (il en existe encore un ou deux par ici) !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'est le dernier en date (2008...) Pas passé en poche. C'est le mérite d'Aurélien Masson que d'avoir édité ce texte en SN mais c'est un peu comme si c'était Marcel Duhamel qui s'était chargé d'éditer un mix de Guignol's Band et Malone meurt. C'est peut-être aussi un signe sur les endroits où il faut chercher désormais nos secousses littéraires...

      Supprimer
  3. je me relis et vois "j'ai vraiment ça", je voulais dire "j'ai vraiment aimé ça", voulant témoigner de cet enthousiasme qui avait accompagné la lecture de ces romans et non pas évoquer un quelconque vertige de possession...
    merci J.L. pour ces précisions "prudonesques" qui me seront utiles pour aller à ce rendez-vous en librairie.
    "le désert de l'iguane", "haine comme normal", Alain Dubrieu, un autre "oublié" déjà... et pourtant !

    RépondreSupprimer
  4. Hervé, en effet, un très grand. Qui s'est enfoncé dans le silence comme JF Vilar, pour les mêmes raisons, je crois… En lisant le dernier commentaire de Debout, je me dis qu'on devrait un de ces jours chauffer nos mémoires pour élaborer une bibliothèque des oubliés et presque déjà oubliés (en attendant d'y figurer nous-mêmes)

    RépondreSupprimer
  5. vous n'êtes pas des loosers
    vous les niquerez tous
    vous pouvez devenir des stars
    vous pouvez gagner des milliards
    allez
    regardez
    regardez
    regardez

    regardez....

    okay !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. "looser" est une énervante faute d'orthographe très répandue. On écrit "losers" et personne ne s'autoqualifie ainsi chez mes amis: c'est une catégorie qui appartient au monde de la compétition capitaliste la plus crasse.

      Supprimer
  6. Cher Serge,
    on ne peut pas comparer un trosko-tralala, dans toutes les crasseuses combines Télérama gauche caviar comme ce Vilar, pleureuse de gauche comme toutes les autres, avec Hervé, qui avait la passion de l'indépendance, et en a payé le prix.
    Hervé s'est payé le luxe de dire de Libération que c'étaient, je cite, "Les Poulidors du prix Albert Londres", ce qui ne lui a pas valu que des amis. Ton trotsko-tralala se serait bien gardé de faire ça, entre autres. Ils avaient tous les deux un certain penchant pour la gnôle. C'était leur seul point commun. Hervé ne blairait pas les militants, même ex.

    RépondreSupprimer
  7. à Quadru :
    5/5
    c'est bien ce que Carmen Maria Vega a voulu dire.

    RépondreSupprimer

ouverture du feu en position défavorable