mardi 17 février 2015

Avec le PS, on n'est jamais déçu.

La droite en avait rêvé, et comme pour beaucoup de choses, depuis 2012, le Parti socialiste l’a fait. Le travail le dimanche sera probablement généralisé au nom de la liberté. Il y aura bien quelques frondeurs pour se battre sur le poids des chaînes, à savoir le nombre de dimanches ouvrables dans l’année et le pourtour des zones touristiques mais il semble bien que la messe soit dite.
Puisqu’on parle de messe, d’ailleurs, on aimerait bien de nouveaux entendre les cathos ou les protestants. Je suis certain qu’avec un peu d’effort, ils pourraient se mobiliser avec la même force impressionnante que contre le mariage pour tous. Finalement, s’ils voyaient dans l’union devant le maire de deux hommes ou de deux femmes « une mutation anthropologique majeure », on leur rappellera que la fin du dimanche devrait l’être tout autant à leurs yeux.  Construire une société où l’idée de la liberté se résume à celle de consommer, y compris  le dimanche et les jours fériés, voire surtout le dimanche et les jours fériés, n’est pas non plus un petit changement.  C’est quand même soumettre la vie de ceux qui travailleront et de ceux qui ne travailleront pas à un temps marchand qui n’a rien à voir avec celui de l’amour, de la famille, de l’amitié, de la réflexion et du repos, Dieu lui-même ayant montré l’exemple dans la Genèse. Mais quelque chose nous dit qu’il ne faudra pas trop compter sur le Printemps français ou les Veilleurs pour monter au créneau avec la même virulence ou la même énergie. On pourra compter sur des évêques, surement, parce que c’est tout de même un peu leur affaire aussi, alors que les églises sont désertées, de voir leurs ouailles se  consacrer plutôt aux caddies qu’au caté.
Gageons qu’à ce moment-là, de bons esprits invoqueront la laïcité. Elle sert beaucoup ces temps-ci, la laïcité, même si on a de plus en plus de mal à la définir. Quoi, quels sont ces affreux curés qui veulent intervenir dans nos vies ! On croyait s’être battus pour la séparation de l’Eglise et de l’Etat et que les choses étaient réglées depuis la loi de 1905, même si on pourrait trouver plus urgent, par les temps qui courent, de faire voter une loi séparant la vie et la marchandise et désignant à la seconde le périmètre qui est le sien pour ne pas coloniser la première.
Mais la liberté, on vous dit ! Et pour la défense des libertés, ils sont champions les socialistes ! Le Medef ne pouvait pas rêver meilleure partenaire, par exemple, que la députée Colette Capdevielle. Avec un mélange de vieux populisme qui joue la Province contre Paris et un soupçon de mépris pour la culture, cette dame refuse qu’on organise ses dimanches et que « l’on statue dans nos vies de manière intrusive ». On pourrait jouer aussi la carte du populisme, avec madame Capdevielle, et lui répondre qu’elle n’est probablement pas smicarde ou précaire et que donc elle ne vivra pas comme une obligation ce qu’elle présente comme une liberté, évidemment.  Mais on préférera lui faire remarquer que sa formulation est profondément absurde. Ce qui est intrusif, en bonne logique, c’est ce qui vient perturber ce qui existe. C’est le travail du dimanche qui est intrusif,  c’est Macron qui est intrusif et pas le fait de vouloir consacrer son dimanche à jouer aux boules, à lire, à voir un musée voire à s’ennuyer car l’ennui est aussi un droit de l’homme.
À moins qu’il y ait une autre explication à cet acharnement de la députée Capdevielle à vouloir faire travailler le dimanche. Etant donné la très probable raclée électorale que vont se prendre les socialistes dans un mois et demi, le travail le dimanche est un moyen comme un autre de rétablir le suffrage censitaire.
Au moins, pendant qu’ils bosseront, ces salauds de pauvres n’iront pas voter FN…
paru sur Causeur.fr

4 commentaires:

  1. Vous êtes dur, maintenant que le gouvernement a :
    - règlé le problème du chômage
    - pris en charge les ouvriers d'Aulnay, les Conti et les couturières du Nord
    - renégocié le traité de stabilité
    - interdit le gaz de schiste
    - remis la retraite à 60 ans
    - abrogé la loi sur le service minimum
    - arrêté les expulsions d'immigrés
    - trouvé une solution au logement (HLM et DALO)
    - flingué la françafrique
    - résolu la crise malienne et la crise syrienne
    - rétabli la TIPP flottante

    Ils peuvent bien nous faire bosser un peu le dimanche, tas de feignasse que nous sommes.

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    1. Vous avez oublié la suppression des paradis fiscaux et la récupération des tunes qui ont comblé le trou de la Sécu.

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  2. La députée veut "faire confiance aux employeurs pour négocier en faveur des salariés"; on croit rêver! Elle se déclare aussi contre "le dogmatisme", les "slogans et les postures"; madame Capdevielle fait plutôt dans l'imposture, elle: se faire élire sur des "slogans" de gauche et voter pour une loi qui est la copie de ce qu'avait voulu Sarkozy.
    Le soutien de madame Capdevielle n'a toutefois pas entièrement rassuré le gouvernement, un bon 49-3, ça peut pas faire de mal!
    Votre explication finale est la bonne, le cynisme de ces gens-là est sans limite.

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  3. Oui, merci Jérôme Leroy de cet article. J'écoutais hier soir le Téléphone sonne en faisant des étirements - quelle idée! ben oui, ma détente était flinguée d'avance - et voilà que parmi les invités, je sais pas quelle intervenante insupportable, du genre de la Capdevielle citée plus haut, économiste me semble-t-il, disait (attention, accrochez-vous bien au pinceau je retire l'échelle - pfou pas marrant-): OUTSIDER pour chômeur et INSIDER pour ceux qui ont déjà un emploi. Et elle rajoutait, cette insupportable - j'avais des envies de meurtre -, que les syndicats qui étaient contre le travail du dimanche ne s'occupaient que des insiders (avec l'accent Christine Lagarde) et ne pensaient donc pas du tout (sous-entendu les salauds, les égoïstes) aux outsiders, qui eux, seraient bien contents de trouver un emploi. L'enfer!!! Florence

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ouverture du feu en position défavorable