vendredi 31 janvier 2014

Obsédés

Théorie du genre faisant subir les derniers outrages à l"Ecole. Allégorie.
Les socialistes veulent masturber les enfants à l'école. Pourquoi s'en étonner? Ces gens-là passaient déjà leur temps à sucer les patrons.

mercredi 29 janvier 2014

Etonné

On est toujours étonné de voir à quel point un ciel gris peut être gris. Vraiment.

mardi 28 janvier 2014

La Redoute: un écrivain petit-bourgeois...

...s'est infiltré dans cette manifestation lilloise pour la Redoute et contre les crapuleries financiarisées de Pinault qui se dépêche de revendre au meilleur prix quitte à supprimer 1200 emplois. Sauras-tu le reconnaître?
Au moins, il n'était pas chez les consanguins antisémites, intégristes, fascistes et poujadistes qui ont usurpé dimanche le beau nom de colère pour étaler leur racisme, leur bêtise et leur dépression libidinale.



Le Printemps (groupe Kering-PPR) avait fermé, prudemment, ses portes alors qu'on n'était même pas dimanche...




dimanche 26 janvier 2014

Le chagrin de ne pas être belge

Outre Scutenaire, les broques, la mer à Coxyde, le musée Rops à Namur, les croquettes aux crevettes, Furnes, La vierge au chanoine Van der Paële au musée Groeninge de Bruges, Delvaux le peintre et Delvaux le cinéaste, le quartier d'Outremeuse, le soleil en Gaume, la Chimay bleue, il y a aussi Arno qui parmi tant d'autres raisons contribue à mon chagrin de ne pas être belge.



samedi 25 janvier 2014

Seul comme une cabine téléphonique dans un disneyland préfasciste

Cette publicité pour un célèbre opérateur vient d'un tout aussi célèbre réseau social, avec ce commentaire: "Vous vous souvenez comment on faisait avant le téléphone mobile?"
Alors, oui, Orange, figure-toi que je me souviens. Très bien, même.
Ce n'était pas l'enfer, figure-toi.
Je ne ratais pas plus ni moins mes rendez-vous, mes voyages et mes love affairs. J'étais plus tranquille dans les trains. je pouvais être injoignable, ce luxe perdu. Les gens n'avaient pas l'air de mutants qui parlent tout seuls dans la rue, les garçons et les filles se souriaient encore aux terrasses des café et en plus, Orange, gros con, je me souviens qu'on ne se suicidait pas en masse quand on bossait chez toi. 
Va mourir, Orange.

jeudi 23 janvier 2014

Le communisme poétique, sexy et balnéaire en deuil.


C'est avec une immense tristesse que Feu sur le Quartier Général vient d'apprendre la disparition de François Deguelt. Chanteur de charme et théoricien avisé du communisme poétique, sexy et balnéaire, il avait décrit assez précisément ce que serait la vie quotidienne après la chute de l'économie spectaculaire-marchande et le dépérissement de l'état. Il a rejoint pour l'éternité le ciel, le soleil et la mer.
NB: L'édition de la correspondance inédite de François Deguelt avec Guy Debord est actuellement menée sous la direction des professeurs Schiffter et Jaccard de l'univeristé Hugo Chavez de Maracaïbo.

Actualité du camarade Aragon

Ours savants
Il attend son jour il attend son heure
sa minute sa seconde
où le coup porté sera mortel
et la balle à ce point sûre que tous les médecins social-fascistes
penchés sur le corps de la victime
auront beau promener leurs doigts chercheurs sous la chemise de dentelle
ausculter avec des appareils de précision son cœur déjà pourrissant
ils ne trouveront pas le remède habituel
et tomberont aux mains des émeutiers qui les colleront au mur
Feu sur Léon Blum
Feu sur Boncour Frossard Déat
Feu sur les ours savants de la social-démocratie
Feu feu j’entends passer
la mort sur Gachery Feu vous -dis-je
Sous la conduite du parti communiste
SFIC
vous attendez le doigt sur la gâchette
que ce se ne soit plus moi qui vous crie
Feu
mais Lénine
le Lénine du juste moment.

Aragon, Front Rouge

Le Front de gauche va mieux: merci Hollande!


 paru sur Causeur.fr
Le Front de gauche va mieux : il n’est pas allé au cimetière à pied. En tout cas, il va un peu mieux.  Pour commencer, Pierre Laurent, secrétaire national du Parti Communiste et Jean-Luc Mélenchon, co-président du Parti de gauche se sont rencontrés le 17 janvier dans un restaurant des Buttes-Chaumont. Un restaurant, quand il y a de l’eau dans le gaz dans un couple, ce n’est pas une mauvaise idée, ça permet de se retrouver ailleurs et se rappeler pourquoi on s’aime, au fond, malgré les vicissitudes du quotidien. De toute manière, il était inconcevable de se rencontrer Place du Colonel-Fabien, chez les communistes. Mélenchon n’aurait pas voulu, et il était déjà assez énervé comme ça. Ensuite, autre signe de convalescence, le groupe Front de Gauche à l’Assemblée Nationale va refuser comme un seul homme de voter la confiance au gouvernement sur le « pacte de responsabilité ».

Il faut inlassablement rappeler parce que ce ne sont pas les médias qui feront de la pédagogie là-dessus (c’est moins sexy que Julie Gayet),  que le Front de gauche n’est pas un parti, c’est une alliance électorale portée par un programme commun, L’Humain d’abord, toujours disponible chez Librio au prix de 2 euros.

Je précise ça pour les curieux ou les adorateurs de Tina (There is no alternative), qui pensent qu’il n’y a pas d’idées et de propositions autres que celles d’une soumission définitive et sans conditions au libéralisme et à l’Europe, telle qu’elle ne se construit pas.

Si l’idée un peu folle vous en prenait, vous ne pourriez  pas adhérer directement au Front de gauche. Il faudrait choisir entre le PCF de Pierre Laurent, le PG de Mélenchon, Ensemble de Clémentine Autain, Gauche Unitaire de Christian Picquet et quelques autres organisations issues de ce qu’il est convenu d’appeler aujourd’hui la gauche radicale.

Cela peut paraître compliqué, voire ridicule, cette galaxie d’organisations. C’est que contrairement aux simplifications médiatiques, les idées du Front de Gauche ne sont pas des éructations tribuniciennes, que chaque mouvement a son histoire propre, sa culture. Pour aller vite, cette propension à la scissiparité à la gauche de la gauche (« deux trotskistes, trois tendances ») qu’il est de bon ton de railler est surtout la preuve que pour les militants des organisations en question, les idées sont plus importantes que les éventuels succès électoraux et qu’il vaut mieux perdre des élections que son âme. Quand on a un corpus idéologique solide, on préfère rompre que de rester ensemble pour de mauvaises raisons, comme ces couples, justement, qui ne vont plus au restaurant en amoureux mais font semblant à cause des enfants. Par exemple, ce n’est pas au Front de gauche, que l’on trouvera un François Bayrou qui a appelé à voter Hollande en 2012 et accepte le soutien de Jean-François Copé pour conquérir la mairie de Pau en 2014.

Autre  rappel utile, Mélenchon n’est pas le chef du Front de gauche. Il en a été le candidat pour l’élection présidentielle. Le problème, quand on est dans une Vème république où l’on continue de croire, par une forme de pensée magique, que la présidentielle, c’est la « rencontre du peuple et d’un homme », il est difficile de ne pas procéder à l’identification des deux. C’est bien pour cela que le Front de gauche souhaite une VIème république où le Parlement retrouverait un rôle prééminent et où un homme seul cesserait de compter davantage que les idées qu’il porte. En plus, ça éviterait aux citoyens-électeurs ces éternelles désillusions devant les trahisons du Président qui oublie son programme à peine élu au nom du principe de réalité, ou de que l’on nous présente comme la réalité. Dernier exemple en date, la conférence de presse de François Hollande, le 14 janvier, qui a dû faire hurler de plaisir le FN tant cela confirme ses propos sur « l’UMPS ».

Pourquoi le Front de gauche allait moins bien ces derniers temps ? À cause des élections municipales. Alors que le but du Front de gauche est de créer une force autonome sur la gauche du PS et, à terme, de le dépasser comme en Grèce où Syrisa a renvoyé le PASOK au rôle de supplétif de la droite pour devenir la première force de gauche.

En France, on en est loin, c’est le moins qu’on puisse dire. Tandis que le PG de Mélenchon qui est un parti récent refuse tout accord avec le PS, le PCF qui dispose encore de nombreux maires et élus dans de vieilles alliances locales avec les socialistes, a décidé dans certains cas de les reconduire. Et notamment à Paris, ce qui a mis en fureur Mélenchon. Paris est le centre du monde, dans tous les domaines, et pour la gauche de la gauche aussi. Peu importe que dans de nombreuses villes, y compris des grandes comme à Lille, le PCF ait rompu avec le PS, l’exemple de Paris fait tâche. Que le PCF ait voulu sauver des élus, c’est évident. Il faut le comprendre aussi, le PCF : grâce au Front de Gauche et à la belle campagne de 2012, il a retrouvé des couleurs, une audience et des adhésions mais depuis 2008, date de la création du FDG, malgré les jolis scores aux Européennes et aux Régionales de 2009 et 2010, il a quand même perdu des sièges car en bon camarade, il a partagé les places avec ses nouveaux copains.

Pierre Laurent a donc estimé assez sagement pour ces municipales que s’il y avait une stratégie nationale d’opposition à la politique de François Hollande, il n’était pas inutile parfois de « rassembler les forces de gauche pour mettre en œuvre, au plan local, des politiques utiles aux populations». Pragmatisme et dialectique, sans doute, mais on sait que ceux qui ont les mains trop blanches n’ont plus de mains.

Jean-Luc Mélenchon a assez mal pris la chose. Il faut le comprendre, lui aussi. Il se voyait déjà en haut de l’affiche, « en dix fois plus gros que n’importe qui son nom s’étalait ». C’est le syndrome Vème république, encore une fois. Ayant instrumentalisé les médias autant qu’ils l’ont instrumentalisé, Mélenchon a oublié les sages paroles de l’Internationale « Il n’est pas de sauveur suprême. » Il a par exemple fait un très gros caprice mal compris de ses propres militants, en décembre, lors du congrès du PGE (parti de la gauche européenne) à Madrid dont Pierre Laurent a été réélu président. Il a refusé de prendre part au vote et a décidé de se mettre en congé du PGE. Là, on a vraiment cru que c’était la fin.
Et puis le ton s’est radouci, de plus en plus, jusqu’à cette rencontre des Buttes Chaumont dont tout le monde est ressorti raisonnablement optimiste. C’est que personne, au Front de gauche, n’a intérêt à voir disparaître cette alliance. Pour des raisons pratiques : aucune chance de retrouver cinq députés européens en mai si tout le monde part sur des listes séparées et aussi, plus nobles, pour des raisons politiques : l’union est le seul moyen, même si c’est difficile, de concurrencer le Front National qui a siphonné le programme du Front de gauche en le pimentant avec ces vieilles épices démagogiques que sont l’immigration et la sécurité, ou plutôt le sécuritarisme.

Le Front de gauche peut aussi dire merci à François Hollande. La conférence de presse présidentielle a montré que les électeurs de gauche, y compris une bonne partie des socialistes, étaient orphelins et que la place existait pour ce que Mélenchon a appelé une « opposition de gauche. »
Et une opposition de gauche, par les temps qui courent, ce n’est pas du luxe face à un autre programme commun économique, celui qui est partagé par les socialistes et l’UMP dont on voudrait nous faire croire que la seule qui le refuse est Marine Le Pen.

mercredi 22 janvier 2014

Comme un singe en hiver

On pourrait partir avant qu'il ne soit trop tard.

Vue sur mer.

J'ai écrit quelques romans et nouvelles d'anticipation entre 1999 et 2007. On me dit que je ne me suis pas trompé de beaucoup. C'est gentil mais ce n'est pas une consolation.

On entasse des livres et des dvd pour se rassurer, se faire un rempart contre l'ennui, le vide. C'est encore pire. Il y a une sorte de vertige de plus en plus fort au fur et à mesure que l'âge vient et qu'une certitude s'impose: nous n'aurons jamais le temps de lire, de voir tout ça. Et relire, ou revoir, n'en parlons pas.

L'aliénation est le seul concept que j'ai éprouvé concrètement et que j'éprouve de plus en plus nettement. Et encore, je ne joue pas aux jeux vidéos.

C'était et je voudrais ne pas m'en souvenir c'était au déclin de la beauté.

Il y aurait bien deux ou trois endroits où aller. Pas plus.

Je suis certain que si le communisme advenait, ce que je souhaite, et que le libre développement de chacun soit l'unique condition du libre développement de tous, bref que l'on puisse vivre sans souci matériel, les hommes se passeraient très bien les uns des autres. On ne vit ensemble que parce que le mode de production capitaliste nous l'impose. Si l'on pouvait faire autrement, on partirait chacun de son côté avec quelques âmes choisies, mais pas beaucoup. Le communisme serait un monde d'ermites sensuels qui jouiraient de la solitude comme on jouit d'un vice heureux. 

On ne sait pas aimer parce que l'amour est un chien de l'enfer.

Tenez, puisqu'on parle de Buk:
ne déshabillez pas mon amour
vous risqueriez de trouver un mannequin
ne déshabillez pas le mannequin
vous risqueriez de trouver
mon amour.
 




mardi 21 janvier 2014

Pas le plus mauvais


Il n'était pas le plus mauvais.
De toute façon, depuis la mort de Roy Orbison, je ne vais plus très bien. 

Décembre 88.
Et un an après, c'était le Mur qui tombait. 

On a beau dire, la loi des séries, en matière de catastrophes...

A Porto ou ailleurs



Retrouvez ce poème dans Sauf dans les chansons (Table Ronde, printemps 2015)

©jérôme leroy O1/2014


Lénine, 90 ans, déjà...



Une exclusivité des studios de notre zone chaviste libérée pour nos aimables abonnés, avec les compliments de Dean Martin.

lundi 20 janvier 2014

Retour aux fondamentaux


Roland Jaccard, notre délicieux camarade, se livre depuis quelques temps à la pratique d'haïkus visuels, de vignettes charmantes. Celle-ci nous touche particulièrement. Et elle nous fera patienter en attendant la parution d' Une Japonaise à Paris, d'ici quelques semaines, à l'enseigne de l'Editeur.

Complications

Le néolibéralisme  qui s'installe aujourd'hui partout avec une violence sociale terrifiante aurait pu avoir une toute petite excuse. Mais vraiment toute petite: s'accompagner d'une certaine tolérance sur la liberté d'expression, les moeurs, etc... 
Or, on s'aperçoit que la Bête est tellement hargneuse, sans doute parce qu'elle est consciente de sa logique suicidaire ne serait-ce que sur le plan écologique, qu'elle veut faire régner désormais un ordre moral dont la rigueur est proportionnellement inverse à son laisser-faire et à sa sauvagerie en matière économique et sociale. Histoire sans doute d'empêcher, à tous les sens du terme, de penser à autre chose.
Ainsi a-t-on vu, en France, en moins de quinze jours, se produire deux phénomènes intéressants.
D'abord, un ministre de la Police a redéfini de manière extrêmement restrictive la liberté d'expression avec l'aide d'un comique antisémite. Ensuite des dizaines de milliers de personnes, galvanisées par l'exemple espagnol, ont défilé dans la rue pour remettre en question le droit à l'avortement.
Je résume: non seulement, il va falloir se résoudre à des régressions sociales sans précédent mais en plus il vaudra mieux fermer sa gueule et dire merci à la dame.  
On attend le prochain épisode sur la peine de mort, par exemple.
 

vendredi 17 janvier 2014

La gauche radicale et ses tabous: entretien avec Aurélien Bernier.






  Paru sur Causeur.fr  
Dans La gauche radicale et ses tabous (Seuil), Aurélien Bernier, ancien dirigeant d’Attac, proche du Front de Gauche, se livre à une critique aussi argumentée qu’impitoyable des errements de notre camp. Comment expliquer en effet, alors que la situation économique européenne pourrait ouvrir un boulevard aux idées de cette gauche de rupture (FDG, Attac…), que ce soit le Front National qui récupère la mise depuis plus de vingt ans ? Parce que cette gauche-là, tétanisée par la peur de dire la même chose que le FN, lui laisse aujourd’hui le monopole de la critique de l’UE et du libre-échange. Aurélien Bernier cherche à faire sortir la gauche de la gauche de ce piège mortel et propose les pistes concrètes  pour qu'elle trouve le chemin de la victoire. A l'époque où le Front de Gauche tangue un peu, il serait plus que temps de l'écouter, le camarade Aurélien.

Jérôme Leroy : Vous observez que l’émergence du Front national suit chronologiquement le tournant de la rigueur de 1983. Mitterrand et le Parti socialiste en sont donc les premiers responsables…

Aurélien Bernier : Si le FN a en effet émergé sur la scène politique aux élections européennes de juin 1984, la responsabilité n’en incombe pas seulement aux socialistes. Ce bond électoral est le résultat direct du tournant de la rigueur engagé en mars 1983 par le gouvernement Mauroy qui réunissait l’ensemble de la gauche. Ce que le Parti communiste a alors refusé de voir, englué dans ses contradictions, car les ministres communistes sont restés en poste jusqu’en juillet 1984, seize longs mois après la trahison socialiste ! Qu’il le veuille ou non, le PCF a donc cautionné le virage libéral de 1983. Cela lui coûtera d’autant plus cher dans les urnes qu’il récidivera en 1997 en entrant dans le gouvernement de « gauche plurielle » constitué autour de Lionel Jospin et de Dominique Strauss-Kahn.

Le Parti communiste et le Front de Gauche semblent avoir tiré les leçons de ces erreurs puisqu’ils ne participent pas au gouvernement Ayrault…

Certes, mais la gauche radicale commet une nouvelle erreur en pratiquant la politique de l’autruche face à la montée du Front national. Aujourd’hui, c’est au sein du milieu ouvrier, dans des régions culturellement de gauche que le vote frontiste progresse fortement. Et ces électeurs répètent inlassablement le même message : « La gauche a trahi l’électorat ouvrier », considérant que le programme du FN est celui qui les défendrait le mieux. Pour toute réponse,  la gauche radicale dénonce la flambée du racisme, de l’individualisme, et de la « démagogie ». C’est un peu court.

Si je vous lis bien, aux yeux des classes populaires, le FN répond aux aspirations antilibérales des plus fragiles. Comment le parti du « Reagan français », tel que se définissait Jean-Marie Le Pen dans les années 1980, en est-il arrivé là ?

Dès 1992, au moment du traité de Maastricht, le FN a engagé un véritable tournant « antimondialiste ». Jean-Marie Le Pen a alors compris qu’il devait abandonner son discours ultralibéral des années 1980, car la critique de la mondialisation constituait un terreau électoral bien plus fertile. A présent, le FN est le seul à proposer un protectionnisme national, une rupture avec l’ordre juridique et monétaire de l’Union européenne. C’est cette image « anti-système » qui le fait progresser, dans les urnes et en termes de popularité.

Pourtant le PCF a longtemps  été très eurosceptique…

En effet, jusqu’en 1997, le PCF défendait la souveraineté nationale, luttait contre le principe même de la construction européenne et refusait la monnaie unique. On lisait dans L’Humanité en 1996 : « La monnaie unique, avec la banque centrale européenne, constituerait l’élément essentiel d’un système de domination à travers lequel les marchés financiers pourraient imposer à chaque pays européen sa politique économique et sociale. » Une analyse parfaitement visionnaire… Malheureusement, Robert Hue a bradé ces positions historiques du PCF pour entrer dans la « gauche plurielle ». Comme cinq ans plus tôt, le FN était devenu « antimondialiste », ce revirement a laissé le champ libre à l’extrême droite.

Vous avez particulièrement dans votre viseur les trotskistes et les écologistes. Pourquoi vous semblent-ils encore plus vulnérables que le PCF  à surmonter les tabous qui permettraient de vraiment se démarquer du néolibéralisme ?

A la différence du PCF, le refus du protectionnisme et de la désobéissance européenne est culturel chez les trotskistes et les écologistes. Pour eux, toute solution nationale est suspecte de nationalisme. Mais les choses évoluent : certains trotskistes admettent qu’il peut exister un protectionnisme de gauche, que la désobéissance européenne est nécessaire, que la sortie de l’euro ne doit pas être taboue. J’espère une évolution similaire du côté des partis « verts ».


Aujourd’hui, le FN n’a pas le monopole du discours anti-système opposé à la mondialisation libérale. Pourquoi ne jugez-vous pas crédibles les propositions du Front de Gauche visant à construire une Europe sociale ?

Pour une raison très simple : au regard du droit européen, aucune des grandes mesures économiques du Front de gauche – ni d’ailleurs du NPA – n’est applicable. Une loi de renforcement des services publics, par exemple, serait contraire au traité de Lisbonne et à la directive « services ». Comme le traité de Lisbonne est inscrit dans la Constitution française, cette loi serait immédiatement déclarée inconstitutionnelle. La gauche radicale n’ose pas dire cette évidence : il faut restaurer la primauté du droit national sur le droit communautaire. C’est la seule définition possible de la « désobéissance européenne » que j’appelle de mes vœux.

Cette désobéissance européenne s’applique-t-elle aussi à l’euro ?

Oui, pourquoi faire croire qu’on peut le réformer de l’intérieur alors que c’est strictement impossible. Pourquoi ne pas assumer la sortie de l’euro ? Pour une seule raison : la peur de « dire la même chose que le Front national ». Le FN est donc le carcan intellectuel de la gauche radicale. C’est extrêmement grave, car c’est finalement Marine Le Pen qui fixe les limites programmatiques du Front de gauche et du NPA.

Justement, pour se démarquer du Front national, l’extrême gauche n’hésite pas à prôner l’ouverture totale des frontières. Dans votre livre, vous rappelez les discours de Georges Marchais contre l’immigration de travail encouragée par le grand capital. Mais faut-il vraiment regretter la mutation idéologique du PCF sur ce sujet ?

En tout cas, le PCF et l’extrême gauche actuels brillent par leur absence de réflexion sur l’immigration. Cela ne veut pas dire que le FN propose des solutions viables en la matière. Si l’on se donnait pour objectif de supprimer le chômage grâce à la relocalisation et à la création de nouveaux emplois dans le secteur non marchand, financés par la taxation des richesses et par un peu de création monétaire, la question de l’immigration ne se poserait plus du tout de la même manière. Il n’en reste pas moins que, même si elle régularise tous les sans-papiers, la gauche radicale devra définir une politique concernant les flux migratoires à venir au lieu de marteler des slogans abstraits.

Sur le protectionnisme aussi, les deux fronts s’opposent radicalement. En quoi le fantasme autarcique du FN serait-il plus crédible que les positions plus nuancées du Front de gauche ? Comment on articule ce retour à une souveraineté populaire et l'internationalisme?

Il est vrai que le protectionnisme que défendent le Front national et une partie de la droite ne vise qu’à redresser la position du capitalisme français dans une concurrence internationale inchangée. Mais le Front de gauche n’ose pas défendre une véritable régulation du commerce et des capitaux apte à casser le chantage aux délocalisations, stopper la fuite des capitaux (pour les taxer), relocaliser, restaurer le plein emploi… Loin d’un repli national, ce protectionnisme doit s’appuyer sur des accords bilatéraux de « juste échange ». Nous devrions payer les matières premières un prix correct aux pays du Sud afin de les faire gagner en autonomie. Coopérons dans des domaines utiles aux peuples – l’éducation, la santé, les transports, l’énergie… – plutôt que de vendre des armes pour redresser la balance commerciale.

Dans les faits, faute de pouvoir renverser le capitalisme, vous promouvez un “néo-capitalisme d’Etat” (Raoul Vaneigem) redistributeur. On est loin du Grand Soir…

Votre appréciation s’appliquerait plutôt au Front de gauche, qui semble parfois immergé dans une sorte de néo-keynésianisme qui nécessite d’ailleurs un retour de la croissance économique et qui pose donc un véritable problème écologique. De mon côté, je défends un triptyque (contrôle des marchandises et des capitaux, désobéissance européenne et sortie de l’euro) qui doit permettre d’en finir avec le capitalisme.

Par quels biais ? On a vu ce que le programme révolutionnaire de Mitterrand a donné après 1983…

Il faudrait nationaliser les grands moyens de production. Mais pas comme le Parti socialiste l’a fait en 1981, pour ne quasiment rien changer à la gestion des entreprises. Il faut transformer les modes de décision, redéfinir avec les salariés et la population les choix de production. La nationalisation des multinationales françaises doit servir de point d’appui pour transformer les relations internationales. Si la gauche radicale expropriait Total ou Vinci, elle pourrait proposer des partenariats radicalement différents aux pays du Sud. Là, nous serions dans un vrai projet révolutionnaire et dans la refonte concrète de l’ordre international. Mon mot d’ordre, en quelque sorte, serait : démondialiser et coopérer. Mais l’un ne se fera pas sans l’autre.

La gauche radicale et ses tabous, Aurélien Bernier, Seuil, 2014.

Pour compléter, le blog d'Aurélien, Démondialiser et coopérer

jeudi 16 janvier 2014

Et puis le bonheur d'être au monde...




 
Retrouvez ce poème dans Sauf dans les chansons (mars 2015, Table Ronde)

Janvier


15 janvier, 9h10
Vous retrouverez ce poème dans Sauf dans les chansons (Table Ronde, mars 2015)

lundi 13 janvier 2014

...et rien de plus


"Ceux à qui la vérité est facile, spontanée, j'ai bien sûr pour eux une certaine admiration mais, je l'avoue, peu d'intérêt. Quand ils mourront, qu'on écrive sur leur tombe: il a eu toujours raison... C'est ce qu'ils méritent, et rien de plus."

Louis Aragon, J'abats mon jeu, 1959

samedi 11 janvier 2014

Rohmer, 4 ans déjà...


paru sur Causeur le 11 janvier 2010
En art, on oublie trop souvent que seule la tradition est révolutionnaire          

Eric Rohmer, royaliste de cœur et cinéaste de génie, a illustré cet apparent paradoxe par des films tellement français que si notre pays disparaissait, on aimerait que les archéologues du futur tombent plutôt sur un dévédé de Ma nuit chez Maud que sur un roman de Christine Angot. Ce serait tout de même mieux pour comprendre qui nous fûmes réellement, pour comprendre ce qui ne mourait pas en nous, malgré toutes les mondialisations malheureuses et tous les désenchantements programmés d’une planète uniformisée par un progrès suicidaire.
En effet, qui mieux que Rohmer pour donner à voir et à savoir ce qu’a été notre façon nationale de jouer avec l’amour et le hasard et d’oublier qu’il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée. Comment nous avions l’art, également, de parler de sentiments et de raison, un pull bleu marine sur les épaules, tout en contemplant la sensualité rêveuse de Marie Renoir dans L’Amie de mon amie ou la désinvolture acidulée d’Amanda Langlet dans Pauline à la plage.
Eric Rohmer, né en 1920, était l’aîné d’une bande d’élégants voyous cinéphiles et cinéphages que l’on a appelé la Nouvelle Vague à la fin des années 1950. Parce que Godard a tourné La Chinoise au moment du maoïsme, que Chabrol a passé sa carrière à stigmatiser le bourgeois sanguinaire, le garagiste beauf ou la Bovary en robe Paco Rabanne et que Rohmer lui-même a fait jouer à Pascal Gregory un édile du PS dans L’arbre, le maire et la médiathèque, on a souvent cru, par une erreur d’optique assez amusante, que ces garçons dans le vent, barricadés dans les Cahiers du Cinéma, étaient des avant-gardistes las du monde ancien.
C’est oublier un peu vite que Godard ne croit qu’au sujet et à l’individu, pariant toujours sur Pierrot Le Fou et Michel Poiccard contre les flics du structuralisme, que Chabrol est un misanthrope gourmand qui fait lire Céline à des chocolatiers suisses, qu’Alain Cavalier tourne des films splendides de noirceur mais est fasciné par l’OAS comme dans Le combat dans l’Ile ou L’Insoumis et, last but not the least, que Truffaut préfère adapter David Goodis et William Irish plutôt que de faire semblant de s’intéresser aux idées générales.
C’est que la Nouvelle Vague, et Rohmer au premier chef, ont eu une intuition géniale, la même que celle du prince Salina dans Le Guépard : “Il faut que tout change pour que rien ne change.”
Tout changer, cela signifiait rejeter une narration cinématographique usée qui mimait le récit littéraire et à laquelle on ne croyait plus. Tout changer, c’était aussi transformer jusqu’à la nature du son et de l’image avec le Nagra et le 16 mm, c’est à dire savoir dompter sans complexe la technologie. Ce n’est pas un hasard si dans L’Anglaise et le Duc (2001), Rohmer fait appel au dernier cri en matière d’image de synthèse pour parler de la Révolution française et, néanmoins, approuver la lucidité désespérée d’une Grace Elliot royaliste contre la naïveté sympathique et dangereuse de Philippe d’Orléans.
Ne rien changer, en revanche, c’était cajoler cette idée réactionnaire mais incontestable et délicieuse d’un éternel féminin. Ne rien changer, c’était conserver ce goût du français, la langue la plus précise et la plus agréable qui soit pour la conversation, idéale pour disserter du tracé des frontières et de celui des émotions, une langue préservée depuis l’Astrée et objet d’une course de relais dans le Temps avec Marivaux, Musset et Morand dans le rôle des passeurs. Cette même langue qui se retrouvait, toujours aussi pure, une nuit enneigée de Noël, à Clermont-Ferrand, dans la bouche délicieuse de Françoise Fabian.
Mais le plus important, pour nous, c’est que nous avons appris les jeunes filles avec Rohmer, le Rohmer des Comédies et Proverbes, ces trésors improbables qui scintillaient dans les sinistres années 1980. Nous avions vingt ans, et sur l’écran nous voyions des garçons qui roulaient en 4L sur des voies rapides mais parlaient comme chez Chardonne. La carte du tendre se superposait magiquement au plan de Cergy-Pontoise. Nous désirions ces femmes qui peignaient des abat-jours dans des boutiques branchées de province. Elles étaient belles comme les amies de nos mères mais avaient la distance amusée des Précieuses et nous disaient, comme Madame Deshouillères : “Un amant sûr d’être aimé / Cesse toujours d’être aimable.”
Quant à nos petites amies, finalement, leur inconstance nous surprenait à peine. Nous étions renseignés depuis longtemps par Pascale Ogier dans Les nuits de la pleine lune : danser sur Elie et Jacno n’empêche pas de badiner avec l’amour, bien au contraire. Et, de toute façon, ce sont toujours elles qui pleurent à la fin.
Comme nous allons, maintenant, pleurer Eric Rohmer.

Portrait de l'artiste en chanteur de Loma records


Oui, vraiment, j'aurais voulu être Little Jerry Williams et chanter ça. Vraiment.

Après Yvonne, Lorraine


Lorraine Ellison qui chantait sous le label trop oublié Loma records, peut aussi aider à mieux traverser "cet hiver de notre mécontentement".

Mmm...


"Mmm, a little bit of soap will take away my perfume eventually
But a little bit of soap will never wash away the memory
Of your name in the night as I go through the lonely years
A little bit of soap will never wash away my tears"

jeudi 9 janvier 2014

Sorcière

Il n'y a que les plus de quarante ans qui reconnaîtront cette femme: elle savait donner des érections aux petits garçons des seventies,  simplement en remuant le nez.

"Merci, mon parti...": sur l'affaire Dieudonné.

La fin du communiqué de Pierre Laurent au nom du PCF, est ce que j'ai lu de plus intelligent sur la question depuis le début de l'affaire Dieudonné. Et puis après, on s'occupera peut-être des 1200 supressions de postes à la Redoute, de la persécution judiciaire contre les cinq syndicalistes de Roanne et des 80 milliards de bénéfice du CAC 40 en 2013:
"Concernant Dieudonné, le PCF condamne avec la plus grande fermeté la dérive raciste et antisémite avérée de ce multirécidiviste de la haine. Ses propos, ses vidéos sont condamnables et doivent l'être. Les condamnations prononcées doivent être appliquées. La loi, notamment la loi Gayssot, le permet. 
Mais surtout, un combat politique est nécessaire pour démasquer l'imposture de Dieudonné. L'interdiction des spectacles est une voie juridiquement dangereuse et fragile, qui peut se révéler politiquement contre-productive dans un pays attaché comme le nôtre à la liberté d'expression. Elle nourrit la confusion quand il faudrait la lever pour combattre la banalisation inacceptable des propos de Dieudonné et des réseaux négationnistes qui l'épaulent. 
 Nous appelons les jeunes qui croient voir en Dieudonné un combattant anti-système à ouvrir les yeux. Non seulement son antisémitisme est avéré, mais c'est un dangereux manipulateur qui instrumentalisme la dénonciation du passé colonial et esclavagiste de la France pour nourrir une redoutable spirale de la concurrence mémorielle des populations noires ou issues du Magrheb, justifiant sa propre dérive raciste. Ne tombez pas dans ce piège. Contre tous les racismes, le PCF est décidé à mener ce combat à vos côtés."

Autrement dit, pour paraphraser August Bebel, le dieudonnisme est le socialisme des imbéciles.

mardi 7 janvier 2014

Association de malfaiteurs

Nos voeux 2014 à Serge Dassault: une bonne année et surtout la Santé.

samedi 4 janvier 2014

En grève


On n'a vraiment pas aimé grand chose dans les années 80.
Mais ça oui, sans doute parce que les paroles, justement, n'étaient pas très années 80 et qu'elles nous rappellent étrangement cette phrase que l'on peut lire dans L'Insurrection qui vient: "Nous ne sommes pas déprimés, nous sommes en grève."`
 
 

vendredi 3 janvier 2014

Dieudonné et Valls: totalité structurante

 paru sur Causeur.fr

Je n’ai aucune sympathie particulière pour Manuel Valls. Je peux apprécier, uniquement d’un point de vue technique, un certain savoir-faire depuis qu’il est à l’Intérieur et qu’il a décidé d’être le meilleur ministre de droite de ce gouvernement centriste. Cela fait longtemps, très longtemps que Manuel Valls n’est plus de gauche. Il est socialiste par opportunisme électoral et a misé sur l’alternance comme d’autres misent sur un cheval. Et, bien entendu, il n’a pas misé sur l’alternance entre la gauche et la droite mais sur le changement d’une équipe libérale et européenne sarkozyste par une équipe européenne et libérale hollandienne. Il a bien fait. Il a assez habilement choisi l’Intérieur. C’est un ministère où il vaut mieux être de droite même quand on est de gauche sauf si on a l’envergure d’un Pierre Joxe ou d’un Chevènement et que l’on est d’abord républicain.
Manuel Valls, à l’intérieur, a fait du Sarkozy sans Sarkozy. Surprésence médiatique, roulage de muscles, désignation périodique d’un bouc émissaire à la population, en l’occurrence le Rom qui peut toujours servir. Pour la Semaine de la Haine, Valls vient d’abandonner le danger fondamental représenté par vingt mille nomades « inassimilables » et de désigner Dieudonné à la colère de la population.
Dieudonné pour une Semaine de la Haine, c’est une bonne idée car Dieudonné est haïssable. Autant les Roms vont mobiliser les bonnes consciences de la gauche sociétale qui représentent quand même des électeurs potentiels pour Hollande (et il en reste tellement peu), autant Dieudonné semble être surtout défendu par un conglomérat bizarroïde où la vieille extrême droite antisémite et une certaine extrême gauche antisioniste confondent leur haine même si à l’extrême droite on vous jurera la main sur le cœur qu’on n’a rien contre Israël et qu’à l’extrême gauche, on vous jurera qu’on n’a rien contre les Juifs.
Et puis qui aime Dieudonné, en fait ? On apprend en ces derniers jours de l’année que pratiquement 7% des français en âge de voter ne sont pas inscrits sur les listes électorales. Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai l’intuition que ceux qui rigolent aux spectacles de Dieudonné, qui s’éclatent devant la logorrhée soralienne, qui plébiscitent par millions leurs vidéos sur Youtube n’ont pas de cartes d’électeur et n’ont même pas envie de voter pour le FN depuis qu’il est respectabilisé.
Tout cela, Manuel Valls le sait très bien. Dieudonné ne représente aucun risque réel, aucun trouble à l’ordre public, ce qui est la seule chose qu’un ministre l’Intérieur a le droit d’évaluer sur la question. C’est depuis des mois que Valls, en mettant au pilori Dieudonné lors d’un discours à l’université d’été du PS à La Rochelle, lui sert d’attaché de presse, lui ouvre un boulevard. C’est vraiment du Machiavel pour les enfants de cinq ans : comment ne pas comprendre que vouloir interdire ses spectacles, indiquer de manière très sarkozyenne que l’on est prêt à voter une loi de circonstance pour ce faire, c’est offrir la meilleure des publicités, c’est valider les thèses paranoïaques sur le complot du système, c’est accréditer l’idée que l’on peut s’attaquer à tout sauf aux Juifs ?
En fait, cette volonté de se faire Dieudonné indique surtout la panique de Valls qui sent que même son volontarisme ne va pas faire longtemps illusion, qu’il va sombrer avec ce gouvernement qui n’a plus prise sur rien, qui continue de manière surréaliste, à discourir sur du vent, à propos de l’inversion de la courbe du chômage. Tenez, on devrait recommander à une certaine jeunesse décérébrée, plutôt que de s’éclater sur Shoahnanas, de regarder la conférence de presse de Michel Sapin sur les chiffres du chômage : c’est beaucoup  plus drôle et beaucoup moins abject même si dans les deux cas ils prennent ceux qui les écoutent pour des cons.
Il ne s’agit même pas pour moi de défendre ici la liberté d’expression, même si je crois que tout doit pouvoir être dit dans une démocratie y compris ce qui est dangereux pour elle. Contrairement à Saint-Just, je veux de la liberté pour les ennemis de la liberté car c’est le seul moyen de les faire apparaître en pleine lumière et de leur retirer cette séduction sulfureuse pour les intelligences acnéiques qu’ont toujours ceux qui se présentent comme antisystème.
Non, il s’agit d’indiquer qu’en érigeant un amuseur sinistre en danger pour la République, Manuel Valls est un politique de notre temps : il parle de tout, sauf de ce qui fait vraiment problème, à savoir un naufrage économique et une régression sociale sans précédent.

mercredi 1 janvier 2014

Bonnes résolutions.



Nous ne voulons pas être tristes
C'est trop facile
C'est trop bête
C'est trop commode
On en a trop souvent l'occasion
C'est pas malin
Tout le monde est triste
Nous ne voulons plus être tristes

Blaise Cendrars, Feuilles de route, 1924