mercredi 3 décembre 2014

Petites fugues, jour 4 (jeudi 27 novembre)








Départ de Besançon, avec les bagages, pour Belfort où je passerai la nuit prochaine. On se dirige vers la conurbation Sochaux-Montbéliard, le paysage change comme il change si souvent, très vite, en France. Décor de villes industrielles, plus ou moins en déshérence, même bonnes bouilles multicolores à la sortie des écoles. je me souviens de Roubaix. Ce pays-là fut, est encore mon pays, ces lieux détruits par le capitalisme, où tout est encore possible, le pire comme le meilleur. Une raison de rester communiste, une de plus, pour que ce soit le meilleur qui advienne et pas le cauchemar ethnolibéral. On passe au large des usines PSA.
 Nous arrivons à la MJC de Valentigney pour une rencontre à l'heure du midi. C'est L. qui l'anime. D'emblée, je me sens de plain pied avec elle, et avec son public, des gens avec qui elle organise un atelier d'écriture. C'est entre midi et deux, les gens croûtent avant de retourner bosser mais écoutent et posent des questions. Louisa est une fan de mon cher Frédéric Fajardie. Son nom, je le remarque de plus en plus, opère comme un mot de passe auprès de certains, une petite confrérie en France. La phrase de Chardonne: "Je ne voudrais pour lecteur que des gens que je voudrais pour ami" me revient à l'esprit. C'est peut-être cela la seule vraie postérité qui vaille. Après la rencontre, on parle un peu de politique, du coin. Moscovici étant devenu commissaire européen et Valentigney étant dans sa circonscription, il va y avoir une partielle en mars. Le FN a ses chances. Mais où n'a-t-il pas ses chances, désormais? 
Le soir, rencontre à la médiathèque de Seloncourt. On me présente un gros livre-boite qui reproduit la couverture de La Vie Ordinaire de Peros remplie d'objets qui symbolisent l'Ange Gardien et le Bloc. C'est merveilleusement fait. Une fausse couverture du Point, une reproduction encadrée de l'Origine du Monde, une fausse carte d'identité très bien imitée au nom de Martin Joubert,  etc...
Entre temps, j'ai pu voir Belfort que je ne connaissais pas. On dirait un Chirico hivernal, une architecture monumentale presque déserte. La pierre est rouge, les façades colorées, on est déjà en Alsace, ou presque. Depuis la citadelle, on voit se dessiner le ballon du même nom.
Le soir, dans ma chambre qui donne sur la cathédrale Saint-Christophe, je lis Les Poésies documentaires de Mac Orlan: 
"Le bout de la route était là...
La chanson s'éteignit un peu?
On coucha la bonne aventure
Dans les draps d'un petit lit bleu."

1 commentaire:

  1. Bonjour Jérôme,
    Je vous ai envoyé dimanche dernier un message où il est question du Portugal. Peut-être vous a-t-il échappé?
    Merci dans la mesure de votre possible d'y répondre.
    Cordialement
    L.B

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ouverture du feu en position défavorable